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Mode de calcul du PIB (produit intérieur brut)

11e législature

Question écrite n° 26920 de M. René Trégouët (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 20/07/2000 - page 2547

M. René Trégouët rappelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la récente annonce faite par le gouvernement britannique du déclassement de la France, à son profit, dans le classement des PIB (produits intérieurs bruts) mondiaux les plus importants en 1999. Or certaines statistiques laissent apparaître que la croissance du PIB français a été légèrement supérieure à celle des Britanniques durant les 3 dernières années rendant difficilement compréhensible le dépassement de la France par la Grande-Bretagne l'année dernière. Il semblerait que les parités des différentes monnaies aient joué dans ce calcul. Pourtant, certains instituts ou organismes internationaux persistent à afficher un PIB français légèrement supérieur au PIB britannique, même en 1999. Il lui demande en conséquence de bien vouloir lui donner une explication à cette situation.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 26/10/2000 - page 3670

Réponse. - Eurostat a publié le 13 mars 2000 sous forme de tableaux les résultats des notifications de dette et de déficit publics des pays membres de l'Union. Cette publication exprimait les valeurs des PIB des pays membres en euros en 1999 et en écus avant 1999. Une telle présentation faisait apparaître un fort accroissement du PIB du Royaume-Uni par rapport à 1996 (p 45 %), le conduisant à dépasser le PIB français en 1999.PIB de la France et du Royaume-Uni exprimés en euros/écus ( NOTA Voir tableau page 3670 ). Source : Eurostat, millions d'euros/écus. La forte hausse du PIB du Royaume-Uni est essentiellement liée à l'appréciation de la livre sterling par rapport à l'écu/euro, tandis que le franc restait stable (voir graphique ci-dessous). Corrigée de ce mouvement de taux de change et de l'inflation interne au Royaume-Uni, la croissance en termes réels du PIB de ce pays a été d'environ 8 %, soit quasiment la croissance française durant la même période.GRAPHIQUE De façon générale, les comparaisons de PIB à partir de statistiques basées sur des unités incluant les mouvements de change sont difficilement interprétables. C'est pourquoi, on se réfère plutôt à des statistiques dites en " parité de pouvoir d'achat ". L'idée est de calculer dans chaque pays le prix d'un panier de biens identique, et d'utiliser ce prix comme unité commune. Les PIB sont dès lors plus comparables. Les statistiques publiées par l'OCDE au début de cette année montraient ainsi que le PIB en parité de pouvoir d'achat de la France était légèrement supérieur à celui du Royaume-Uni (p 1 %). Les dernières statistiques publiées depuis par l'OCDE, intégrant des changements de concepts comptables, toujours en " parités de pouvoir d'achat ", sont les suivantes pour l'année 1998 :PIB/tête 1998, en parités de pouvoir d'achat ( NOTA Voir tableau page 3670 ). Source : OCDE. Ces données étant exprimées par habitant, il faut les multiplier par la population respective des pays pour obtenir le PIB global. Cette opération effectuée, le PIB en parité de pouvoir d'achat du Royaume-Uni se situerait légèrement au-dessus de celui de la France (p 0,6 %), suivant les dernières données de l'OCDE. Dans un sens comme dans l'autre, ces différences doivent être relativisées compte tenu de la fragilité du calcul des parités de pouvoir d'achat. En d'autres termes, la France et le Royaume-Uni sont des puissances de taille et de niveau de vie très comparables.