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Politique de la musique en France

11e législature

Question écrite n° 29280 de M. Robert Del Picchia (Français établis hors de France - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 23/11/2000 - page 3962

M. Robert Del Picchia attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur l'absence de politique de la musique qui règne en France à l'heure actuelle. On constate aujourd'hui que notre pays ne compte que 14 salles de musique et n'a aucun chef d'orchestre français alors que les pays voisins comme l'Allemagne compte environ 140 salles et que l'Espagne à construit 20 auditoriums ces derniers temps. De plus, depuis la fusion de la direction de la musique et de la danse en septembre 1998 avec la direction du théâtre et des spectacles, la fonction de directeur de la musique a disparu ainsi que toute politique culturelle concernant les salles de concert. Aussi, il lui demande si elle envisage d'instaurer une véritable politique musicale afin de promouvoir Paris et la France comme scène internationale de prestige.



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 01/02/2001 - page 389

Réponse. - L'Etat consacre chaque année plus d'un milliard de francs à la politique qu'il mène en faveur de la musique et qui le conduit à soutenir de nombreuses structures de formation, de création, de recherche et de diffusion, illustrant les genres esthétiques les plus larges, du patrimoine à la création contemporaine. Les vingt-trois orchestres permanents qui emploient au total plus de 1 500 musiciens et qui jouent chaque année devant plus de 1 500 000 spectateurs témoignent particulièrement du fait que ces efforts, accompagnés par ceux des collectivités territoriales, ont permis à la vie musicale de notre pays de connaître, depuis un quart de siècle, un très grand élan. Dans le domaine des infrastructures de concerts, les initiatives conduites au cours des dernières années, pour permettre un meilleur équipement du territoire, doivent encore être développées. C'est pourquoi, au-delà des salles construites ou rénovées (les auditoriums de Dijon et Lyon, la Halle aux grains à Toulouse, la Cité des congrès de Nantes, le Zénith de Caen), des projets nouveaux sont en cours à Poitiers ou à Aix-en-Provence par exemple. A Paris, la situation demeure sans doute plus difficile en comparaison d'autres capitales, et cela en dépit de plusieurs réalisations importantes intervenues depuis dix ans, dont la salle Bastille de l'Opéra national de Paris ou la Cité de la musique. La question des chefs d'orchestre est différente et doit être replacée dans son contexte. La direction musicale des orchestres permanents ne peut en effet s'analyser dans un cadre strictement national et doit, au contraire, donner lieu à la circulation des talents. Des chefs français, comme Pierre Boulez, Sylvain Cambreling, Marc Soustrot, Michel Plasson, Stéphane Denève par exemple, dirigent d'ailleurs régulièrement hors de nos frontières des orchestres prestigieux. Un certain nombre de jeunes chefs français occupent aussi des postes de chefs assistants auprès de grands directeurs musicaux, dans le cadre parfois de soutiens spécifiques destinés à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes artistes. Sur le plan de l'administration de l'Etat enfin, on ne peut que rappeler que les compétences antérieurement dévolues à la direction de la musique et de la danse sont confiées dorénavant à la direction dela musique, de la danse, du théâtre et des spectacles qui a charge de conduire, à travers l'action des directions régionales des affaires culturelles, la politique définie par l'Etat dans ce secteur et qui vise à maintenir le rayonnement international de notre vie musicale, mais aussi à permettre à tous d'accéder à la connaissance et à la pratique de la musique.