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Mise à l'étude d'un projet de liaison ferroviaire à grande vitesse reliant les grandes villes du Maghreb

11e législature

Question écrite n° 29647 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2000 - page 4106

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur l'avis du Conseil économique et social sur le rapport intitulé " Les relations entre l'Union européenne et les pays tiers méditerranéens ; bilan et perspectives du processus de Barcelone " adopté par cette même assemblée au cours de sa séance du 25 octobre 2000 et dans lequel ses auteurs rapportent, à la page 29, la volonté du gouvernement marocain de réaliser un projet de liaison ferroviaire à grande vitesse reliant les grandes villes du Maghreb, de Casablanca à Tunis en passant par Alger. Il aimerait connaître l'action de la France pour la concrétisation d'un tel projet grâce à ses techniques, son industrie ferroviaire, sa connaissance historique depuis des siècles de ce territoire maghrébin.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 29/03/2001 - page 1075

Réponse. - Dans son projet d'avis présenté le 20 octobre 2000 au nom de la section des relations extérieures du Conseil économique et social, le rapporteur, M. Jean-Claude Pasty, soulignant l'impact politique qu'aurait la réalisation d'un lieu fixe entre l'Espagne et le Maroc par le détroit de Gibraltar et d'une autoroute transmaghrébine reliant Casablanca à Tunis, a fait également référence au souhait du gouvernement marocain de voir réalisée une liaison Casablanca-Alger-Tunis par train à grande vitesse. La France a certes une bonne connaissance des 3 pays de l'Afrique du Nord et entend poursuivre et développer avec ceux-ci une coopération dans tous les domaines, y compris dans celui des transports routiers et ferroviaires. Les relations entre l'Office national marocain des chemins de fer (ONCF) et la SNCF sont anciennes et organisées sur la base d'accords de coopération. Il existe au Maroc, en matière d'infrastructure, des projets de création de lignes de chemin de fer à l'ouest (Marrakech-Agadir) et à l'est (Nador-Taourirt) auxquels des entreprises françaises sont intéressées. Les projets, parfois déjà anciens, auquel fait référence le rapport du Conseil économique et social ont même fait l'objet d'études chiffrées. Mais les 1 200 kilomètres de frontière commune entre l'Algérie et le Maroc sont fermés depuis septembre 1994 et l'intégration maghrébine, dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe (UMA), est pratiquement bloquée depuis1995. La France est disposée à soutenir une relance de l'intégration magrébine, qui est souhaitée par l'ensemble des partenaires de l'Union européenne et particulièrement par ceux de la Méditerrannée occidentale. La relance récente du dialogue informel entre les pays riverains de la Méditérannée occidentale, dit dialogue 5 + 5, dont la France avait pris l'initiative durant les années 90 et auquel elle demeure attachée, est elle-même de nature à contribuer à un redémarrage de l'UMA. La nécessaire intégration maghrébine exige d'abord qu'une coopération rénovée entre le Maroc et l'Algérie puisse se développer. La réalisation de grandes infrastructures de transport auxquelles l'Europe et la France seraient naturellement amenées à contribuer ne pourra devenir réalité qu'à cette condition. La volonté des pays de l'Afrique du Nord de faire progresser l'intégration maghrébine, dont témoignent des gestes récents et encourageants, devra être confirmée et concrétisée dans les mois à venir.