Question de M. HAMEL Emmanuel (Rhône - RPR) publiée le 04/07/2002

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées sur l'article paru à la page 13 du quotidien Le Figaro du 20 juin 2002 dans lequel il est indiqué qu'" il existe un manque de moyens énormes pour réaliser une prise en charge spécifique dans les services de cardiologie des fumeurs qui viennent de souffrir d'un accident cardiaque. Dans la plupart des centres de cardiologie.. il n'existe pas en général de consultation d'aide et de soutien au sevrage ". Il souhaiterait connaître son opinion à l'égard de ces constatations et savoir si des mesures sont actuellement envisagées pour améliorer la prise en charge de ces malades car, comme le rappelle l'auteur de l'article précité, sur les dizaines de milliers de fumeurs qui souffrent chaque année d'un infarctus " une grande partie refume dans les six mois après l'accident ".

- page 1474


Réponse du Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées publiée le 12/09/2002

D'après le troisième rapport du Haut-Comité de la santé publique, paru en mars 2002, le tabagisme reste, en France, un des déterminants les plus importants dans les décès prématurés, en particulier ceux qui sont dus à la pathologie cardiovasculaire. L'aide au sevrage tabagique est une des priorités de santé publique de ces dernières années. Elle s'adresse à la population générale et à des groupes cibles, tels que les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, de maladies pulmonaires... La circulaire DH/E02/DGS2000/182 du 3 avril 2000, relative à la lutte contre le tabagisme et au renforcement ou à la création de consultations hospitalières de tabacologie et d'unités de coordination de tabacologie, met l'accent sur la prise en charge des patients hospitalisés et en particulier les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, angine de poitrine, artériopathies des membres inférieurs). Ainsi, au cours de l'hospitalisation, les équipes soignantes doivent aborder le problème du tabagisme chez toute personne hospitalisée. Elles doivent également pouvoir faire appel à l'équipe de l'unité de coordination de tabacologie afin d'évaluer la situation du patient quant à sa dépendance tabagique, initier ou ajuster un sevrage ou un traitement de substitution pendant l'hospitalisation, proposer un suivi ultérieur par le médecin principalement responsable de la personne malade ou, si nécessaire, par la consultation de tabacologie. Afin d'accompagner les instructions de la circulaire précitée, des crédits spécifiques ont été alloués par le ministère de la santé aux régions, pour un montant de 3,964 millions d'euros en 2000, de 3,812 millions d'euros en 2001 et de 2,135 millions d'euros en 2002. Le nombre total de centres de consultations hospitalières de tabacologie recensés en 2002 par l'Office français de prévention du tabagisme est de 260 en France métropolitaine et dans les DOM, soit une création de 46 centres durant ces trois dernières années. Certaines de ces consultations sont implantées dans les services de cardiologie mais leur vocation est de répondre aux malades hospitalisés et aux personnes venant en consultation externe de l'ensemble des établissements de santé. L'enquête portant sur une semaine donnée de janvier 2002 du ministère de la santé montre que 14 départements de la métropole et 2 départements des DOM sont encore dépourvus de consultations hospitalières de tabacologie. L'effort entrepris depuis ces dernières années doit donc se poursuivre et être renforcé afin de doter l'ensemble des départements français d'au moins une consultation hospitalière de tabacologie et de renforcer les équipes sous dotées en personnel.

- page 2021

Page mise à jour le