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Situation de " drogues alcool tabac info service " (numéro vert 113)

12e législature

Question écrite n° 12901 de Mme Nicole Borvo (Paris - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 01/07/2004 - page 1441

Mme Nicole Borvo attire l'attention de M. le ministre de la santé et de la protection sociale sur la situation de " drogues alcool tabac info service " (numéro vert 113). Sous tutelle de la MILDT, " drogues alcool tabac info service ", est un service téléphonique gratuit et ouvert 24 heures sur 24. Il est financé à 100 % par l'Etat. A l'écoute des personnes vulnérables, dépendantes de drogues, des jeunes fragilisés et de leur entourage en difficulté, les missions de service sont : le soutien, le conseil, la prévention, l'information et l'orientation. Les écoutants répondent à plus de 111 650 appels par an. Or, le 26 mai 2004, le conseil d'administration a décidé la restructuration du service, Celle-ci se traduirait par un changement de nom, un changement de numéro, la suppression du service la nuit et une remise en cause de la gratuité. Pourtant le service a toutes les compétences pour répondre aux demandes concernant l'alcool et le tabac. La disparition des mots alcool et tabac du nom du service supprimera de 30 à 45 % des appels suivant les tranches horaires. Le changement de nom entraînera fatalement une lisibilité moindre pour le public, du champ de compétences et de l'offre de service. Il entraînera également un déficit de notoriété qui nécessitera de nouvelles campagnes de promotion donc un coût supplémentaire. De plus lorsqu'en juin 2001 les missions de ce service ont été élargies à l'alcool et au tabac elles ont été accompagnées d'une formation longue et coûteuse du personnel. Changer de nom contribuerait à gaspiller les finances publiques. Par ailleurs, un numéro payant marginalisera davantage une population exclue et pauvre. Il pénalisera également l'accès au service pour les jeunes en difficulté. La tarification sera une rupture avec un principe fondateur du service public. Il est à noter d'ailleurs qu'aucun autre service de téléphonie sociale s'adressant aux jeunes n'est payant. Concernant la suppression du service la nuit il faut savoir que le 113 est le service d'écoute pour les addictions ouvert la nuit. Cela concerne plus de 11 300 demandes par an. Il en est ainsi notamment des usagers de drogues (69 % d'appels de nuit contre 11 % la journée) et des habitants des DOM (39 % des appels reçus la nuit en raison du décalage horaire). Par conséquent, elle lui demande ce qu'il compte faire pour agir en faveur du retrait de ces décisions.



Réponse du Ministère de la santé et de la protection sociale

publiée dans le JO Sénat du 11/11/2004 - page 2597

Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, l'alcool et le tabac a été validé et rendu public fin juillet 2004. Il prévoit notamment que le service d'accueil téléphonique devienne accessible avec des lignes téléphoniques distinctes pour les drogues, le cannabis et l'alcool. Conformément à ce qui a été décidé et pour assurer un accueil qui prenne en compte la diversité des situations, des consommations et des risques, l'ensemble des appels sera acheminé vers un même dispositif et la même équipe d'accueil téléphonique. En outre, il a été décidé de modifier les modalités d'accès au service en ouvrant non plus un seul numéro portant sur toutes les consommations mais trois numéros : sur les drogues, l'alcool et le cannabis. Le service le plus généraliste et le plus largement accessible (gratuit d'un poste fixe et ouvert dix-huit heures par jour) reprendrait le nom de : Drogues Info Service. La gratuité est maintenue, et la compétence sur l'alcool est conservée et immédiatement affichée. Les deux autres services (à coût de communication locale pour l'appelant) prendraient un nom soulignant leur fonction sociale d'écoute et de conseil : Ecoute Cannabis et Ecoute Alcool. Ces deux lignes spécifiques auront des amplitudes d'ouverture moins importantes que la ligne généraliste et gratuite : douze heures par jour au lieu de dix-huit. Les appels reçus sur les trois numéros seront acheminés vers le même dispositif et les mêmes équipes. Cette évolution de DATIS concerne surtout l'ouverture de nouvelles " portes d'entrées " : l'une généraliste, les autres plus spécifiques. Ce dispositif permettra à l'INPES et à la MILDT de communiquer plus facilement à l'occasion des campagnes thématiques sur l'alcool et le cannabis prévues dans le plan gouvernemental. Il valorise les compétences d'information et d'écoute. En revanche, des renforcements seront nécessaires pendant les périodes de campagnes. La campagne de communication de la MILDT sur le cannabis est prévue pour le mois de février ; elle devrait donner une forte visibilité à la ligne Ecoute Cannabis. La compétence du service en matière d'écoute est rendue plus visible. L'un des enjeux majeurs de ce projet global de réorganisation du service est d'améliorer la qualité de l'accueil : en assurant un service de qualité dès le premier accueil ; en réduisant le nombre (important) d'abandons entre le premier accueil et le second niveau (le cas actuellement) ; en évitant la saturation de l'accueil du fait des appels longs ; en assurant un accueil des jeunes de qualité malgré leurs appels " périphériques ". Enfin, la MILDT souhaite ne pas changer le nom du GIP Drogue, Alcool, Tabac Info Servicequi conserverait ainsi son domaine de compétence : toutes les consommations de produits psychoactifs à risque et dépendance. L'existence de Tabac Info Service ne permet pas l'intégration à ce dispositif d'une ligne sur le tabac. Toutefois, il faut que la communication sur Drogues Info Service maintienne la visibilité du tabac dans les compétences du service, notamment auprès des jeunes. Les affiches pourront donc continuer de mentionner tous les produits pour lesquels appeler Drogues Info Service.