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Identification des ovins et caprins

12e législature

Question écrite n° 15440 de M. Jean-Pierre Demerliat (Haute-Vienne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 13/01/2005 - page 58

M. Jean-Pierre Demerliat appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et de la ruralité sur la nouvelle réglementation européenne en matière d'identification des ovins et des caprins. Un règlement européen, dont l'entrée en vigueur est prévue le 9 juillet 2005, rend obligatoire la double identification auriculaire des animaux. Une dérogation est possible, à la convenance des gouvernements nationaux, pour les agneaux de boucherie de moins de douze mois non destinés à l'exportation. Après avoir laissé entrevoir aux éleveurs ovins l'application de cette dérogation, le gouvernement français semble y avoir renoncé. Très attaché à l'identification des animaux, qui permet leur traçabilité, les éleveurs regrettent cette prise de position d'autant plus que les règles actuellement en vigueur apportent toute satisfaction. Par contre, l'obligation de pose de deux identifiants dans les six mois pour tous les ovins présente de nombreux inconvénients. L'identification à six mois est trop tardive, elle ne permet pas d'établir un lien de parenté fiable de l'agneau dans l'élevage. Les erreurs de pose seront fréquentes sur les agneaux de boucherie en utilisant des boucles de numéros non-identiques sur le même animal. Le coût supplémentaire imposé aux 5,5 millions d'agneaux français abattus en France est disproportionné lorsqu'on le compare à un simple protocole de rebouclage ; de plus, il ne va pas dans le sens d'une baisse des charges de production. Le système pratiqué en élevage bovin ne peut pas être simplement étendu à l'élevage ovin sans tenir compte des effectifs en jeu, bien plus importants. Des contraintes supplémentaires entraîneraient l'abandon de cette production par certains éleveurs déjà en surcharge de travail, alors que la profession s'implique dans une relance de la production. Il souhaiterait donc savoir si le Gouvernement entend revenir sur sa décision et autoriser la dérogation sus-évoquée, sous peine de mettre en péril la filière ovine le cas échéant.



Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 17/11/2005 - page 2966

L'identification des animaux des espèces ovine et caprine est actuellement en cours de réorganisation à la suite de la parution de nouvelles dispositions communautaires applicables à compter du 9 juillet 2005. Ces mesures prévoient, à la lumière de l'expérience et à la suite de la crise de la fièvre aphteuse, un renforcement du dispositif de traçabilité tant au sein des exploitations que dans le cadre des mouvements des animaux. Dans ce contexte, un travail a été réalisé pendant plusieurs mois en coordination avec l'ensemble des professionnels de la filière pour étudier les différentes possibilités offertes par les textes communautaires et définir les modalités précises de mise en oeuvre de l'identification ovine et caprine en France. Tous les intervenants de l'élevage, du commerce et de l'abattage ont été appelés à donner leur avis. Les besoins et souhaits, quant aux conditions d'identification des animaux, se sont avérés quelquefois divergents entre les différents acteurs de la filière. Si l'acte d'identification est effectivement réalisé par les éleveurs et doit leur permettre une valorisation dans la conduite de leur troupeau au quotidien, il n'en reste pas moins que la traçabilité concerne l'ensemble de la filière. En effet, les animaux sont tous appelés à être commercialisés en vue d'un abattage et de la consommation de leurs viandes. L'objectif premier de l'identification reste de permettre un suivi des animaux tout au long de leur vie, en vue non seulement d'assurer une gestion efficiente en cas de crise sanitaire, mais aussi d'apporter aux consommateurs toutes les garanties de salubrité des viandes. Le ministère de l'agriculture et de la pêche, très attentif aux avis de chacun, a pu, en coordination avec l'ensemble des familles professionnelles, trouver la solution la plus pragmatique possible visant à satisfaire aux exigences sanitaires et aux besoins de tous, et ainsi déterminer les modalités pratiques de mise en couvre de l'identification ovine. C'est ainsi qu'il a été décidé que le délai d'identification serait laissé au libre choix de l'éleveur sans pour autant dépasser un délai maximum de six mois après la naissance, dans le respect de la réglementation communautaire. De plus, afin de limiter les coûts liés à l'identification tout en conservant des garanties d'ordre sanitaire suffisantes, les animaux destinés à être abattus avant l'âge de douze mois en France pourront être identifiés avec un seul repère agréé. En termes de charge de travail, il est vrai que la réforme va considérablement changer le système d'identification et d'enregistrement des animaux. Toutefois, le nouveau dispositif ne sera pas plus complexe que le système précédent. Des mesures supplémentaires ont certes été prises en termes de mode de bouclage et de suivi des mouvements des animaux, mais parallèlement les dispositions concernant la tenue du registre d'élevage s'en trouvent simplifiées. Par conséquent, moyennant une adaptation des méthodes de travail dont l'objectif premier est d'offrir un meilleur niveau de traçabilité, le système ne devrait pas engendrer des contraintes et charges de travail supplémentaires notables pour les éleveurs.