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Contrat première embauche

12e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0612G de M. Bernard Seillier (Aveyron - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 03/02/2006 - page 535

M. Bernard Seillier. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement.

Monsieur le ministre, le chômage des jeunes de moins de vingt-six ans est un drame national.

Au-delà des carences éventuelles en matière de formation professionnelle, on doit s'interroger sur d'autres phénomènes de société : la réticence des employeurs, dans un contexte de guerre économique généralisé, à embaucher quelqu'un sans expérience préalable du travail salarié, l'angoisse ou la difficulté de certains jeunes à faire le saut dans le monde du travail réglé par une discipline à laquelle ni la famille ni l'école ne les ont assez préparés ; le scepticisme d'une société dépressive qui doute de sa capacité à créer des attitudes de confiance et d'audace.

Il faut d'urgence sortir de cette situation en stimulant et en encourageant les uns à s'engager dans le premier travail, les autres à effectuer la première embauche.

C'est cette nouvelle dynamique que vous comptez créer, monsieur le ministre, avec le contrat première embauche. (Protestations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC.)

M. Alain Gournac. Bravo !

M. Bernard Seillier. Cet élan, beaucoup de jeunes connaissant ou craignant de connaître la spirale infernale de l'échec sont prêts à le prendre avec vous aujourd'hui.

M. René-Pierre Signé. Ils la connaîtront au bout de deux ans !

M. Bernard Seillier. Quelques-uns restent figés par la peur du risque. Comment les en délivrer ?

Le contrat première embauche peut-il être l'un des éléments déclenchants de la nouvelle confiance que vous vous employez à faire éclore au sein de la société ?

M. Jean-Pierre Sueur. C'est une question téléphonée !

M. Bernard Seillier. Comment répondre à ceux qui prennent les jeunes en otage en maniant la désinformation et la peur ? (Bravo ! et vifs applaudissements sur les travées du RDSE, de l'UC-UDF et de l'UMP. -Protestations sur les travées du groupe CRC et du groupe socialiste.)



Réponse du Ministère de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement

publiée dans le JO Sénat du 03/02/2006 - page 535

M. Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement. Monsieur Seillier, vous avez raison, cette question comporte deux sujets.

S'agissant tout d'abord de la désinformation, nous sommes dans une forme de société du slogan. (Ah ! sur les travées de l'UMP.)

La désinformation consiste à faire planer le doute sur la nature du contrat première embauche. Est-ce un contrat à durée déterminée ou un contrat à durée indéterminée ?

M. Raymond Courrière. Les deux, mon capitaine !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. C'est un contrat à durée indéterminée ! (Oui ! sur les travées de l'UMP.)

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. C'est vraiment du slogan !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. Respecte-t-il le droit du travail français ? (Oui ! sur les travées de l'UMP.) Il le respecte !

Est-il accompagné d'un préavis ? (Oui ! sur les travées de l'UMP.) Il est accompagné d'un préavis !

Est-il accompagné d'un droit à la formation depuis le premier mois ? (Oui ! sur les travées de l'UMP.) Oui, il l'est !

De plus, cas unique dans notre pays, il est accompagné du LOCA-PASS.

J'ai vu, au journal télévisé de treize heures, qu'une association demande que les contrats soient dorénavant accompagnés du LOCA-PASS ; nous allons publier une dépêche pour leur indiquer que c'est fait !

Voilà pour l'information et la désinformation. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste.)

M. René-Pierre Signé. C'est de la faute des journalistes !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. Ce qui est plus grave, monsieur Seillier, c'est que...

M. Guy Fischer. Il n'y a pas de logement !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. ...l'on propose des petits boulots en CDD.

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Oh !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. On veut faire croire que les jeunes Français n'aspirent qu'à cela,...

M. Paul Raoult. C'est la faute des journalistes !

M. Jean-Louis Borloo, ministre. ...alors que notre pays - vous le savez comme moi - a besoin de jeunes conquérants, qu'ils conquièrent la Creuse ou la Chine, mais qu'ils le fassent grâce à un métier et à une formation professionnelle. Tel est notre objectif ! (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UC-UDF. -Protestations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC.)