Allez au contenu, Allez à la navigation

Pérennité de la Villa des Arts à Montmartre

12e législature

Question écrite n° 22661 de Mme Nicole Borvo Cohen-Seat (Paris - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 13/04/2006 - page 1057

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la Villa des Arts à Montmartre à Paris dans le 18e arrondissement. Cette dernière a été rachetée par un promoteur, la société Transimmeubles le 14 septembre 2005. La Villa des Arts est un lieu exceptionnel, une cité d'artistes construite en 1890 où ont vécu et travaillé parmi d'autres les peintres Paul Cézanne, Renoir, Toulouse-Lautrec, Théodore Rousseau, Dufy, Louis Marcoussis, Eugène Carrière… Plus près de nous le sculpteur Nicolas Schöffer et les peintres André Ségovia, Lucien Mathelin et Pierre Jérôme.
Sa remarquable qualité architecturale a permis son inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par un arrêté du Préfet de l'Ile de France du 2 mai 1994. Outre la verrière, les bâtiments comportent un grand escalier en fer forgé, décor choisi par Fellini et Téchiné pour tourner des films.
Aujourd'hui ce sont quarante-cinq ateliers d'artistes qui accueillent graphistes, peintres, photographes, cinéastes, musiciens, architectes au cœur de Paris.
L'objectif du promoteur est de transformer ce bâtiment prestigieux en lofts de luxe, détournant ainsi le site de sa vocation artistique. C'est la disparition programmée des ateliers. Les artistes et créateurs aujourd'hui sont poussés vers la porte de sortie pour laisser la place à la réalisation d'une juteuse opération immobilière.
La très grande majorité des artistes a constitué une association pour se maintenir dans les lieux. Ils font valoir leurs droits face à la forte pression qu'exerce sur eux le promoteur pour obtenir leur départ rapide. Pour les artistes il s'agit aussi de sauvegarder ce bâtiment historique partie intégrante du patrimoine national.
Au regard de l'intérêt architectural et de la vocation culturelle de ce site, il est regrettable que l'Etat notamment n'ait pas usé de ses prérogatives pour contrecarrer cette vente d'autant que la Villa des Arts a bénéficié de subventions publiques. Ainsi peu de temps avant la vente, des travaux ont été faits avec notamment des moyens financiers provenant de l'ANAH et de la DRAC. Quant à la Ville de Paris elle a rencontré le promoteur en vue de trouver une solution.
Compte tenu de ces éléments, elle lui demande qu'il fasse connaître au promoteur son opposition à toute opération immobilière sur ce site et qu'il contribue à la mise en place d'un montage financier pour garantir la pérennité de ce bâtiment historique et qui associerait les pouvoirs publics, l'Etat, la Ville de Paris, la Région tout comme les mécènes.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 07/09/2006 - page 2334

L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre de la culture et de la communication sur la préservation de la Villa des Arts à Montmartre. Cet édifice est protégé dans son ensemble (les sols des cours du jardin) par une inscription au titre des monuments historiques en date du 2 mai 1994. Cette mesure permet de contrôler la totalité des projets de travaux sur cet ensemble immobilier. La société Transimmeuble a récemment racheté la Villa des Arts, et le promoteur a chargé l'architecte en chef des Monuments historiques d'un diagnostic architectural portant sur tout le bâti. Cette démarche responsable traduit la préoccupation de l'aménageur de respecter le cadre patrimonial dans lequel s'inscrit son projet. La direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France assurera le suivi et l'évaluation de cette étude dans le cadre du contrôle scientifique et technique prévu par le code du patrimoine sur les travaux effectués sur les monuments inscrits.