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Obligation de vaccination contre la tuberculose

12e législature

Question écrite n° 22772 de Mme Esther Sittler (Bas-Rhin - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 20/04/2006 - page 1112

Mme Esther Sittler attire l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur l'obligation de vaccination des enfants contre la tuberculose par le BCG avant l'entrée en collectivité.
Il apparaît en effet que plusieurs organismes tels que l'OMS (Organisation mondiale de la santé) ou le Conseil national de pédiatrie remettent en cause l'efficacité de ce vaccin et ainsi la nécessité d'une vaccination de masse.
Elle lui demande par conséquent s'il ne conviendrait pas tant pour des raisons sanitaires que budgétaires de mettre fin à cette obligation.



Réponse du Ministère de la santé et des solidarités

publiée dans le JO Sénat du 25/05/2006 - page 1463

La vaccination généralisée des enfants avant leur entrée en collectivité permet aujourd'hui d'éviter 800 cas de tuberculose chaque année, dont au moins 16 cas de formes graves (comme les méningites). Ce résultat est obtenu grâce à une couverture vaccinale actuelle de 95 % des enfants à six ans. Depuis la suppression, au début de cette année, du vaccin Monovax qui s'administrait au moyen d'une bague par multipuncture, la vaccination contre la tuberculose se pratique désormais par injection intradermique, pratique qui prévaut dans tous les autres pays européens. L'injection intradermique rend effectivement la vaccination, notamment des enfants en bas âge, un peu plus contraignante et comporte un risque plus important de réaction locale cutanée. Le ministre de la santé et des solidarités a saisi le comité d'élaboration du programme national de lutte contre la tuberculose afin qu'il lui indique, d'ici au mois de juin prochain, si la suppression de l'obligation de vaccination contre la tuberculose est à la fois souhaitable et possible. En effet, compte tenu du nombre d'enfants concernés et des risques sanitaires qu'une telle suppression pourrait engendrer, cette suppression ne va pas de soi sans l'aide d'une expertise détaillée sur ses éventuelles conséquences. Le ministre prendra sa décision au vu des conclusions de cette expertise. En attendant les préconisations des experts du comité d'élaboration du programme national de lutte contre la tuberculose et afin de diminuer les risques de réaction locale cutanée liés à la pratique de l'injection intradermique, le ministre a donné instruction en octobre dernier à ses services, dans chaque département, de proposer aux médecins qui le souhaitent une formation supplémentaire à cette technique, par l'intermédiaire des unions régionales des médecins libéraux et de la formation médicale continue.