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Conséquences financières pour les entreprises de l'extension de la taxe sur les véhicules de société

12e législature

Question écrite n° 23076 de M. André Vallet (Bouches-du-Rhône - UC-UDF)

publiée dans le JO Sénat du 11/05/2006 - page 1317

M. André Vallet attire l'attention de M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat sur le champ d'application de la taxe sur les véhicules de société, et sur ses conséquences financières pour les entreprises. Il lui indique que l'extension de la taxe sur les véhicules de société va ponctionner la trésorerie des entreprises de plus de 400 millions d'euros. Il lui indique que les entreprises estiment que cette taxe est d'autant plus inappropriée qu'elle repose sur le kilométrage effectué par les véhicules des collaborateurs pour le compte des entreprises au delà de 5 000 kilomètres par an et constitue donc, en fait, une véritable « double peine » par le principe de la non-déductibilité de l'impôt. Dès lors, il lui demande quelles dispositions entend prendre le Gouvernement pour alléger cette charge nouvelle qui pèse sur les entreprises.



Réponse du Ministère délégué au budget et à la réforme de l'État, porte parole du Gouvernement

publiée dans le JO Sénat du 15/06/2006 - page 1653

La réforme de la taxe sur les véhicules de société (TVS) dans le cadre de la loi de finances pour 2006 a profondément modifié ce régime afin de rendre la taxe plus équitable et d'encourager la détention de véhicules peu polluants. La vignette qui restait due par les seules sociétés a été supprimée et intégrée dans la TVS. En outre, le barème a été modifié pour favoriser l'acquisition de véhicules faiblement polluants en abaissant le tarif des véhicules les plus propres et en augmentant fortement celui des véhicules les plus polluants. Enfin, l'exonération des véhicules de plus de dix ans, qui polluent le plus, a été supprimée. Néanmoins, des exemples transmis par des dirigeants d'entreprise, notamment de PME, ont fait ressortir que les dispositions relatives aux véhicules appartenant aux salariés et faisant l'objet de remboursements kilométriques étaient trop pénalisants. Dans le cas où le véhicule assujetti à la TVS appartient à un collaborateur, le barème sera donc modifié en profondeur, par le triplement de la première tranche. La TVS sera donc due à 25 % entre 15 001 et 25 000 kilomètres ; 50 % entre 25 001 et 35 000 kilomètres ; 75 % entre 35 001 et 45 000 kilomètres ; 100 % au-delà de 45 000 kilomètres. Ensuite, un abattement de 15 000 euros sera appliqué à la TVS calculée sur les véhicules des salariés. Couplé au nouveau barème, cet abattement de 15 000 euros rend la réforme indolore pour la quasi-totalité des PME, qui seront exonérées de TVS. En outre, et pour permettre aux entreprises de dialoguer avec les salariés sur le choix des véhicules et de permettre une vraie réflexion stratégique sur la gestion du parc automobile de l'entreprise, la mise en oeuvre, pour les véhicules de collaborateurs, de la réforme de la TVS se ferait sur trois ans avec un montant dû croissant : un tiers de l'imposition sera dû la première année ; deux tiers la deuxième année ; la totalité la troisième année. Enfin, afin d'éviter à la majorité des entreprises concernées des formalités administratives excessives, les entreprises non imposables après l'abattement de 15 000 euros n'auront aucune déclaration spécifique à déposer. L'ensemble de ces modifications sera applicable dès cette année pour le paiement de la TVS due au titre de l'année 2006. Une instruction administrative précisera les modalités d'application de ces mesures en ce sens et les modifications législatives nécessaires seront apportées dès que possible.