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Ouverture d'une antenne permanente de l'AFD à Sanaa

12e législature

Question écrite n° 25832 de M. André Ferrand (Français établis hors de France - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 28/12/2006 - page 3199

M. André Ferrand attire l'attention de Mme la ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie en sa qualité de président du groupe d'amitié interparlementaire France-Yémen, sur la nécessité de mettre notre coopération publique au niveau à la fois de la qualité de nos relations politiques avec le Yémen et du développement spectaculaire récent de notre présence économique dans ce pays grâce à l'investissement très important réalisé dans le secteur du gaz par Yemen LNG (près de 4 milliards de dollars) piloté par le groupe Total. La récente conférence des donateurs à Londres a mis en évidence la grande modestie de notre contribution par rapport, bien sûr, aux pays arabes du Golfe, mais même vis-à-vis des autres partenaires européens du Yémen. Le Yémen, entré en 2002 dans la zone de solidarité prioritaire, n'a, pour le moment, guère profité de cette promotion. Or, ses autorités souhaiteraient voir ouvrir à Sanaa une antenne permanente de l'Agence française de développement plutôt que de voir leurs affaires gérées depuis Djibouti. Les locaux de notre ambassade et de la mission économique sont capables d'accueillir l'antenne ainsi créée qui mettrait au service du pays et de notre coopération sa technicité et son expérience non seulement pour gérer les fonds issus de notre aide mais, dans le cadre d'une opération de coopération triangulaire, ceux apportés par d'autres contributeurs. Informé d'un projet de déplacement de Mme la ministre au Yémen, il suggère et souhaite qu'elle puisse profiter de cette occasion pour annoncer l'ouverture de cette antenne ou, mieux encore, pour l'inaugurer.



Réponse du Ministère de la coopération, du développement et de la francophonie

publiée dans le JO Sénat du 03/05/2007 - page 897

La France a souhaité intégrer en 2002 le Yémen dans sa « zone de solidarité prioritaire ». En vertu de cette mesure, le Yémen a aujourd'hui accès à des instruments spécifiques de notre coopération, parmi lesquels les projets du fonds de solidarité prioritaire (FSP), le dispositif de notre assistance technique ou encore l'intervention de l'Agence française de développement. C'est pourquoi j'ai décidé l'ouverture d'un bureau de l'AFD à Sanaa qui sera installé dès septembre 2007. Afin de faire évoluer l'aide vers davantage de cohérence et de lisibilité, j'ai signé, le 9 mars 2007, avec mon homologue yéménite un « document-cadre de partenariat » définissant les lignes directrices et les moyens de notre coopération avec le Yémen pour les 5 prochaines années et engageant tous les acteurs de la coopération française. Le projet Yémen-LNG, dont Total est le chef de file, en est l'illustration : au-delà de la valorisation des ressources naturelles du pays, il s'inscrit aussi dans une logique de développement social et environnemental au travers d'actions ciblées dans les domaines de l'eau, de la santé publique, de la rénovation d'écoles, du soutien à l'industrie locale de la pêche et de la protection de la biodiversité. Au total, ce sont près de 100 millions d'euros que la France entend ainsi consacrer au développement du Yémen entre 2007 et 2011. Cet accord place désormais la France parmi les principaux partenaires du Yémen. Dans ce cadre, nous avons retenu avec nos partenaires yéménites deux secteurs prioritaires relevant principalement de l'intervention de l'AFD : les infrastructures, qui feront l'objet de financement sur prêts bonifiés, ce qui leur permettra de bénéficier de volumes significatifs ; l'agriculture et la sécurité alimentaire, avec en particulier le projet d'appui au secteur de l'élevage. Plusieurs des projets prévus à ce titre sont déjà lancés, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire et de l'élevage, d'autres font aujourd'hui l'objet de missions d'identification qui se développeront au cours de l'année 2007, en concertation avec les autorités yéménites et en coordination étroite avec les autres bailleurs internationaux, de façon à aboutir à terme à un programme de financements significatif.