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Respect de la liberté de culte en Érythrée

13e législature

Question écrite n° 00320 de M. Bernard Piras (Drôme - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 05/07/2007 - page 1151

M. Bernard Piras attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la situation des 75 membres de l'Église évangélique détenus au centre d'entraînement militaire de Sawa, arrêtés en raison de leurs convictions religieuses. Ces personnes ont été appréhendées au seul motif qu'elles exerçaient pacifiquement leur droit à la liberté de culte, garanti par la constitution érythréenne, ce sont donc des prisonniers d'opinion. De nombreuses autres personnes se retrouvent dans la même situation. Ainsi, à ce jour, ce sont plus de 30 pasteurs et 1 750 fidèles qui sont maintenus en détention. De nombreuses associations de défense des droits de l'homme ont dénoncé de tels faits. Il lui demande de lui indiquer les actions que le Gouvernement français entend mener face à ces faits graves.



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 13/09/2007 - page 1612

Tout comme vous, nous sommes attentifs à la situation des droits de l'homme en Érythrée. En Érythrée, les quatre communautés religieuses reconnues sont : l'église orthodoxe érythréenne, l'église catholique, l'église évangélique, l'islam (au travers d'un conseil musulman d'obédience sunnite). Elles ne subissent guère d'entraves à la pratique de leur culte. La loi érythréenne prévoit une liberté de croyance, de pensée et de religion pour l'ensemble des citoyens. Nous notons cependant que des incidents ont eu lieu aux sujets des communautés non officiellement reconnues par l'État érythréen. Il s'agit principalement de certaines églises évangélistes ou pentecôtistes, dont les lieux de culte ont été saisis par les autorités en 2002. Il semble que la dimension militaire de ces d'interpellations soit prédominante, certaines communautés religieuses du pays refusent en effet la conscription. L'Érythrée ne souhaite pas constater une éventuelle autonomisation de ces groupes religieux face à la question de la sûreté de l'État. Leur refus du service militaire est mal perçu dans une période où la crainte d'une reprise des hostilités avec l'Éthiopie est encore très vive. Il va de soi que nous ne saurions rester indifférents à la situation des personnes arrêtées en raison de leurs convictions religieuses. Notre ambassade à Asmara s'efforce de maintenir un dialogue constructif avec les autorités érythréennes. L'Union européenne est également très présente pour la promotion des Droits de l'homme en Érythrée.