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Plan Alzheimer

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0781G de M. Philippe Darniche (Vendée - NI)

publiée dans le JO Sénat du 10/02/2012 - page 1009

M. Philippe Darniche. Ma question s'adresse à Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale.

En France, la maladie d'Alzheimer et les syndromes apparentés frappent environ 850 000 personnes, et l'on estime à plus de 225 000 le nombre de nouveaux cas enregistrés chaque année.

Madame la ministre, je suis conscient des efforts engagés, en cette matière notamment, par le Gouvernement et je les approuve. (M. Jean-Pierre Michel s'exclame.)

Ainsi, le plan Alzheimer 2008-2012 avait pour objectif de mieux connaître la maladie pour mieux la combattre, d'améliorer la qualité de vie des malades et de leurs familles et de changer le regard de la société sur cette pathologie.

Aujourd'hui, beaucoup d'associations et de médecins saluent les avancées concrètes qui ont été réalisées à ce titre.

Tout d'abord, le déploiement progressif, sur l'ensemble du territoire, des maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer, les MAIA, a constitué un formidable progrès pour les familles : l'offre de soins est désormais plus accessible, et ces maisons ont beaucoup facilité l'organisation du parcours du patient.

Ensuite, la formation des aidants a constitué une avancée incontestable ; c'est une réponse au plus proche des besoins.

Enfin, et pour la première fois, un plan Alzheimer a bénéficié d'un budget entièrement dédié, d'un montant légèrement supérieur à 1,6 milliard d'euros, ce qui a permis de réels progrès.

Un exemple concret témoigne de l'avancée de la recherche.

Le professeur Baulieu a annoncé le 24 janvier dernier avoir fait une découverte majeure dans la recherche d'un traitement et de la prévention de la maladie d'Alzheimer, avec l'identification d'une protéine qui en empêche le développement. Cette protéine représente une nouvelle cible thérapeutique pour ralentir et réduire la dégradation progressive des fonctions cognitives des patients atteints.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire, madame la ministre.

Certes, la recherche sur la maladie est fondamentale, mais les familles ont besoin, quant à elles, de faire l'objet d'une attention prioritaire et immédiate afin d'obtenir des réponses à leurs difficultés quotidiennes.

Or il subsiste encore un déficit en termes de places d'accueil de jour et d'hébergement temporaire. Nombreuses sont les familles qui ne peuvent pas confier leurs proches à des structures pour des raisons financières : elles doivent supporter la moitié de la prise en charge, qui s'élève, en moyenne, à 2 000 euros par mois.

Sur le plan sanitaire, également, des améliorations restent à apporter, notamment concernant la précocité du diagnostic.

C'est pourquoi les efforts ne doivent pas être relâchés.

Certes, le Président de la République a laissé entendre qu'il renforcerait les actions entreprises au titre du plan Alzheimer 2008-2012, mais pouvez-vous nous assurer, madame la ministre, que l'ensemble des mesures touchant directement la vie quotidienne des familles et des personnes malades seront poursuivies et pérennisées ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UCR. – M. Gilbert Barbier applaudit également.)



Réponse du Ministère des solidarités et de la cohésion sociale

publiée dans le JO Sénat du 10/02/2012 - page 1009

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Monsieur le sénateur, vous avez souligné les immenses avancées réalisées avec le plan Alzheimer 2008-2012, qui fut l'une des priorités de santé publique fixées par le Président de la République, Nicolas Sarkozy.

Nous avons élaboré ce plan avec l'ensemble des professionnels et des associations, dont je veux saluer l'implication, en agissant dans plusieurs directions, que vous avez d'ailleurs soulignées.

Tout d'abord, nous avons essayé de résoudre le parcours du combattant qui était celui des familles des malades. C'est ainsi que nous avons d'ores et déjà créé 55 maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer ; nous en ouvrirons 100 autres cette année.

Ensuite, nous avons apporté un soutien aux aidants, qui sont souvent dans un état d'épuisement, en leur proposant une formation. Ce sont 6 000 personnes qui ont d'ores et déjà reçu une formation, et 2 500 autres personnes en bénéficieront cette année.

De plus, dans le cadre de l'accueil de jour, nous avons créé, l'année dernière, 1 280 structures de répit et 800 places supplémentaires en hébergement temporaire. Cette année, nous allons expérimenter 66 plateformes de répit, qui permettront de mutualiser ces places d'hébergement si utiles aux familles.

Enfin, nous avons consacré des moyens supplémentaires à la mise en place de nouveaux services et de nouvelles structures.

Ainsi, nous avons déjà mis en place 166 équipes médicales à domicile ; il y en aura au total 500 à la fin de ce plan. S'y ajoutent les 671 PASA déjà installés - ces pôles d'activités et de soins adaptés sont destinés à des malades qui ne souffrent pas de déséquilibres importants sur les plans spatial et temporel -, ainsi que les 154 unités d'hébergement renforcées, elles aussi également installées.

Vous le voyez, monsieur le sénateur, les avancées réalisées dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012 sont tout à fait considérables.

La semaine dernière, le Président de la République a invité à l'Élysée l'ensemble des partenaires de ce plan - les professionnels, les chercheurs, les familles de malades - et a pris devant eux l'engagement qu'un nouveau plan Alzheimer serait lancé et que les actions seraient pérennisées. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UCR. - M. Gilbert Barbier applaudit également.)