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Situation des producteurs d'endives de la région axonaise

13e législature

Question écrite n° 23185 de M. Antoine Lefèvre (Aisne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 29/03/2012 - page 766

M. Antoine Lefèvre attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur la situation des producteurs d'endives de la région axonaise. L'Autorité de la concurrence vient de condamner onze associations de producteurs, au motif d'une entente illicite sur les prix. Cette décision suscite l'incompréhension totale des producteurs d'endives, qui se trouvent dans une situation économique particulièrement difficile. Alors que leur nombre ne cesse de baisser au fil des années, tout comme les volumes produits, ceux-ci, et afin d'assurer une rémunération suffisante pour les producteurs, s'étaient en fait entendus sur un prix minimum, justifié par un objectif de lutte contre la puissance économique de la grande distribution. En effet, le prix payé par le consommateur en grande surface est en moyenne de 2,20 euros/kg, alors que le prix payé au producteur n'est que de 0,96 euro/kg, soit un écart de 1,24 euro sur chaque kilo d'endives vendu (56 % du prix moyen payé par le consommateur). Une telle sanction pourrait venir aggraver le sort des maraîchers, qui jouent un rôle clé dans l'activité économique locale, mais aussi décourager encore davantage l'installation de jeunes producteurs.
Il lui demande donc de lui indiquer les suites qu'il entend donner à ce dossier.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 03/05/2012 - page 1053

L'autorité de la concurrence a, par décision du 6 mars dernier, prononcé des sanctions à l'égard de onze organisations de producteurs et de sept organisations syndicales ou associatives du secteur de l'endive pour un montant total d'environ quatre millions d'euros. Les amendes prononcées sanctionnent, selon l'autorité de la concurrence, une entente complexe et continue entre les organisations de producteurs actives dans le secteur de production de l'endive. L'autorité de la concurrence estime que les opérateurs qu'elle sanctionne avaient conscience de l'illicéité de ces pratiques. Elle reconnaît toutefois que les pratiques d'entente ont eu un impact limité sur les consommateurs compte tenu de la puissance d'achat de la grande distribution qui a exercé une forte pression à la baisse sur les prix. Dans sa décision, l'autorité de la concurrence reconnaît la fragilité des filières agricoles et le déséquilibre de la relation commerciale entre la production agricole et la grande distribution et la nécessité d'accompagner les producteurs à renforcer leur pouvoir de négociation face aux acteurs de la grande distribution. Le rééquilibrage de la relation commerciale entre producteurs et distributeurs passe par le renforcement de l'organisation économique des producteurs, le développement de la contractualisation et par une plus grande transparence sur les marchés, en cohérence avec les outils prévus par la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010. Le ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire s'est mobilisé depuis trois ans pour obtenir, pour le secteur agricole, des aménagements nécessaires au droit de la concurrence. C'est d'ailleurs grâce à la détermination de la France que de tels aménagements ont d'ores et déjà été introduits dans le droit communautaire pour le secteur laitier, à travers le « paquet lait » qui permet une négociation collective des prix au sein d'organisations de producteurs ou d'associations d'organisations de producteurs. La négociation de la PAC 2014-2020 sera l'occasion de poursuivre ces évolutions : en effet, les avancées obtenues dans le secteur laitier doivent profiter aux autres filières agricoles. La négociation qui s'est engagée à Bruxelles sur la future organisation commune de marché doit permettre d'améliorer le fonctionnement des filières agroalimentaires pour assurer un partage équitable de la valeur ajoutée tout au long de cette chaîne alimentaire.