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Délocalisation de la production des radars civils

14e législature

Question écrite n° 00818 de M. Thierry Foucaud (Seine-Maritime - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 19/07/2012 - page 1643

M. Thierry Foucaud attire l'attention de M. le ministre du redressement productif sur les menaces de délocalisation d'une partie des activités du site de Thales à Ymare en Seine-Maritime.

Le groupe d'électronique Thales, qui dispose depuis 1985 de l'un de ses centres d'étude et de production à Ymare en Seine-Maritime, envisage de délocaliser une partie de son activité radar dans plusieurs pays à bas coûts. Thales envisagerait ainsi le transfert d'unités de production et la qualification de sous-traitants à Singapour, au Maroc, au Brésil, au Kazakhstan et en Inde sur la période 2013-2016.

La construction de radars civils, qui participe à l'identité du site d'Ymare et y représente une part importante de la production, serait la principale activité concernée. Cette décision représenterait une réelle menace pour près de 300 salariés, sans compter les nombreux emplois induits des sous-traitants de la région de Rouen.

Il doute du crédit des arguments de la direction qui assure que ces opérations seront compensées par le développement de la production de radars de surveillance côtière (le Coastwatcher), pour lesquels le groupe ne recense pour le moment que deux maigres contrats.

Voilà pourquoi il demande que l'État, actionnaire de Thales à hauteur de 27 %, veille à ce que les choix stratégiques de l'entreprise permettent d'assurer la pérennité du site, de ses emplois et de ses activités.



Réponse du Ministère du redressement productif

publiée dans le JO Sénat du 25/10/2012 - page 2409

Avec un effectif de 68 000 personnes (la moitié en France et l'autre moitié répartie sur 50 pays) et un chiffre d'affaires (CA) en 2011 de 13 Mds€ (un quart du CA réalisé en France, plus d'un tiers hors Europe), le groupe Thales développe un portefeuille d'activités, équilibré entre civil (43 %) et militaire (57 %), dans les systèmes d'information critiques pour la défense, la sécurité, l'aéronautique et le spatial. Au sein du groupe Thales, Thales Air Systems, qui emploie 2 800 personnes, est une société spécialisée à la fois dans les systèmes de défense utilisant des radars de surface (destinés à la marine, à l'armée de l'air et à l'armée de terre) et dans les systèmes de contrôle du trafic aérien et les radars civils. Il a été fait état, au cours des derniers mois, d'interrogations quant à une possible délocalisation de certaines activités du site d'Ymare, qui relève de cette société. Thales souligne sa volonté de poursuivre son développement autour des activités les plus innovantes du « process » de fabrication des radars. Alerté par les organisations syndicales et par l'ensemble des élus locaux, le ministre du redressement productif a décidé, en concertation avec d'autres membres du Gouvernement, de demander à Luc Vigneron des clarifications sur la stratégie de Thales. Le ministre a donc reçu le président directeur général de Thales le 17 juillet pour lui redire l'importance que le Gouvernement attache au maintien de l'emploi en France et à la sauvegarde de son industrie nationale. Thales, entreprise dans laquelle l'État dispose de 27 % du capital, se doit d'être exemplaire dans l'animation de la filière industrielle. S'il s'est voulu rassurant sur les intentions du groupe, le ministre a fait part à M. Vigneron de sa plus grande vigilance sur la préservation de nos fleurons industriels. Thales s'est engagé auprès du ministre du redressement productif à ne pas supprimer d'emplois sur ce site.