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Application du principe de laïcité dans le sport

14e législature

Question écrite n° 01329 de M. Jacques Mézard (Cantal - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 02/08/2012 - page 1767

M. Jacques Mézard attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative sur la décision de la Fédération internationale de football (FIFA) du 5 juillet 2012 autorisant le port du voile islamique par les joueuses de football en compétition officielle.

Il lui rappelle que cette décision est contraire à la loi n°4 des règlements de la FIFA selon laquelle « l'équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle ». Si la Fédération française de football a pris acte de cette décision, elle n'en a pas moins pris position en réitérant son refus d'autoriser les joueuses à porter le voile dans le cadre des sélections nationales françaises d'une part et des compétitions nationales qu'elle organise d'autre part, au nom du principe constitutionnel de laïcité.

Néanmoins, cette position laisse entrevoir que des joueuses étrangères prenant part en France à une compétition organisée par la FIFA pourraient porter le voile, ou tout autre signe religieux distinctif.

De façon plus générale, la décision de la FIFA est un signal lourd de sens à destination des acteurs du monde sportif, particulièrement amateur et scolaire, qui tentent de garder au sport sa dimension universelle et neutre sur le plan politique ou religieux. Il est à craindre que cette décision serve d'argument pour justifier des réclamations tendant à admettre le port de signes religieux dans d'autres disciplines, et dans des lieux déjà soumis à de fortes pressions communautaristes. Il est d'ailleurs inquiétant que M. Jacques Rogge, président du Comité international olympique, explique dans un entretien au quotidien L'Équipe du 24 juillet 2012 que le port du voile ou du turban ne présente aucune incompatibilité avec la charte olympique. Bien au contraire, il n'y voit que l'expression d'une conviction religieuse et estime qu'on ne saurait, de la même façon, reprocher à un athlète de porter une croix.

En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer comment le Gouvernement entend assurer la pleine application du principe de laïcité dans le sport professionnel et amateur.



Transformée en Question orale (n°0312S)