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Regroupement des plateaux de qualification biologique du don de l'EFS

14e législature

Question écrite n° 01453 de Mme Cécile Cukierman (Loire - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 09/08/2012 - page 1788

Mme Cécile Cukierman attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les conséquences du regroupement des plateaux de qualification biologique du don, service analysant quotidiennement tous les dons au sein de l'Établissement français du sang (EFS).
Ces regroupements sont consécutifs à l'application de la révision générale des politiques publiques (RGPP) au sein de l'EFS et font l'objet d'un contrat d'objectif et de performance signé entre l'État et l'EFS mais jamais rendu public, selon les organisations syndicales.
Le premier regroupement s'est effectué à Montpellier sur le nouveau plateau initialement prévu pour le seul EFS Pyrénées-Méditerranée et concentre aujourd'hui le plateau de Saint-Etienne (EFS Auvergne-Loire) et celui de Marseille (EFS Alpes-Méditerranée).
Suite aux difficultés rencontrées, le comité central d'entreprise de l'EFS a mandaté une expertise. Celle-ci a mis en évidence un manque de surfaces, de matériel et une dégradation des conditions de travail sans que cela apporte de réelles économies de fonctionnement. Elle pointe même des interrogations sur les conditions logistiques mises en œuvre, avec une forte inquiétude sur la sécurité transfusionnelle et les coûts qui en découlent.
L'EFS souhaite procéder rapidement à trois autres regroupements identiques à Lille, Annecy et Angers. Aujourd'hui, il semble surtout urgent de suspendre ce plan dans l'attente d'une évaluation de la première phase de regroupement.
En conséquence, elle lui demande les mesures qu'elle compte prendre pour réexaminer le bien-fondé de cette RGPP à l'EFS afin de garantir le bien-être des personnels, au regard de leurs conditions de travail et celui des patients, au regard de la sécurité transfusionnelle.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 17/01/2013 - page 136

L'Établissement français du sang (EFS) a commencé à mettre en œuvre un plan de mutualisation des plateaux de qualification biologique du don (QBD) pour la zone Sud de la France (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Auvergne et Loire). L'avis du Comité central d'entreprise (CCE) avait été recueilli le 13 mai 2011, et la concertation s'était ensuite poursuivie dans les instances régionales de l'EFS conformément à la réglementation. Ce plan est prévu à l'article 12 du contrat d'objectifs et de performance (COP) signé le 2 septembre 2010 entre l'établissement et les ministres chargés de la santé et du budget. Le COP demande une réduction du coût du processus de qualification biologique du don de 15 % à son échéance. Par ailleurs, les quatorze plateaux existants avant le premier regroupement connaissaient tous des organisations différentes, ce qui nécessitait des mesures d'harmonisation. Un premier regroupement s'est effectué pendant l'automne 2011 sur le site de Montpellier, qui concentre désormais l'activité de QBD des établissements de Pyrénées-Méditerranée, d'Auvergne-Loire et d'Alpes-Méditerranée. Une double expertise de ce premier regroupement a été réalisée au printemps 2012, par le cabinet Syndex à la demande du CCE de l'EFS, et par une mission d'audit interne à l'EFS et indépendante des équipes de production. La mission d'audit s'est attachée à réaliser un bilan sur la gestion des ressources humaines dans le cadre du regroupement pour les établissements régionaux n'effectuant plus l'activité de QBD et à analyser l'organisation des ressources humaines du nouveau plateau interrégional de QBD en s'intéressant particulièrement à la planification des activités, à la gestion des intérimaires et aux conditions de travail. Elle a aussi étudié les impacts consécutifs au regroupement sur les activités de « prélèvement » et de « préparation » des établissements, et notamment ceux liés aux horaires de remontées des premiers résultats. Enfin, une vérification des locaux, des équipements et de la conformité du système de management de la qualité a été réalisée. La mission n'a pas relevé d'éléments, d'écarts ou de dysfonctionnements susceptibles de remettre en cause les objectifs du programme de regroupement. Elle a formulé des recommandations sur les facteurs de réussite du premier regroupement et sur les pistes d'amélioration pour chacun des volets « ressources humaines », « organisationnel », « équipements » et « système de management ». Enfin, elle a réévalué le coût global des regroupements et les prévisions des économies réalisées qui restent conformes à la cible fixée dans le COP. L'analyse du rapport Syndex va également permettre d'améliorer le déroulement des opérations et l'installation des nouveaux plateaux pour les prochains regroupements, en veillant particulièrement aux conditions de travail. Au vu du contenu de ces rapports, il n'y a donc pas d'obstacle à la poursuite du regroupement QBD dans les autres régions en prenant en compte les recommandations de la mission d'audit. L'arrivée récente du nouveau président de l'EFS permettra d'envisager cette évolution dans une double perspective à la fois d'amélioration de la qualité et de la sécurité du don et d'optimisation des ressources au sein de l'établissement.