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Crise syrienne

14e législature

Question écrite n° 01681 de M. Philippe Paul (Finistère - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 30/08/2012 - page 1892

M. Philippe Paul appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la crise syrienne et son bilan provisoire qui s'alourdit de jour en jour d'hommes, de femmes et d'enfants capturés, blessés, tués par un régime sans scrupules.
La France qui s'était illustrée lors de la gestion de la crise libyenne peut-elle rester impassible devant la catastrophe humaine qui se joue à deux heures de Paris ?
La diplomatie française ne peut-elle influencer la position des soutiens de la Syrie à l'ONU comme l'avait fait le chef de l'État en 2011 ?
Certes, l'envoi d'équipes médico-chirurgicales est capital pour soigner et sauver la population syrienne mais comment celle-ci pourrait-elle comprendre que la France, comme le reste du monde, laisse se perpétrer les atrocités qu'elle connaît tous les jours ?
Il lui demande quelles dispositions il souhaite prendre en la matière.



Réponse du Ministère des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 04/10/2012 - page 2143

La France est pleinement engagée face au drame qui se déroule, en Syrie, mais également dans les pays de la région, qui accueillent un nombre toujours croissant de réfugiés, et qui font face à de grandes difficultés. La position française est sans concession : Bachar Al-Assad est un dictateur qui massacre son peuple. Il doit partir. Ses crimes ne devront pas rester impunis. Le Président de la République s'est plusieurs fois exprimé en ce sens et c'est le message que le ministre a passé devant le Conseil de sécurité le 30 août dernier lors d'une réunion ministérielle organisée dans le cadre de la présidence française. À cette occasion, la France a marqué sa déception devant les vétos répétés russes et chinois qui ont empêché le Conseil de sécurité d'adopter une résolution forte. En dépit de ces blocages, la France ne renonce pas et agit à plusieurs niveaux : Elle a notamment accueilli à Paris la troisième conférence du Groupe des Amis du peuple syrien, qui a réuni cent six États et organisations, en présence de plusieurs dizaines de membres de l'opposition syrienne, qui a permis de manifester le soutien de la communauté internationale aux aspirations démocratiques du peuple syrien. Elle encourage l'opposition syrienne à structurer un large rassemblement de toutes ses composantes, dans la perspective de la formation d'un gouvernement transitoire. Les représentants légitimes de la nouvelle Syrie pourront ainsi préparer la transition vers un régime démocratique dans les meilleures conditions possibles. Elle est également pleinement mobilisée pour traiter la crise humanitaire. Le ministre s'est rendu dans la région du 15 au 17 août dernier pour visiter les camps de réfugiés syriens en Jordanie et en Turquie. Il a fait part du soutien de la France aux réfugiés et à ces pays qui les accueillent. Outre l'appui français aux ONG, au CICR, aux agences des Nations Unies comme le HCR, l'envoi d'un groupement médico-chirurgical spécial, la France a dégagé 8,6 millions d'euros pour l'aide humanitaire en Syrie et auprès des réfugiés. Elle a également obtenu de l'Union européenne qu'elle accroisse considérablement son aide humanitaire, ce qui portera l'ensemble de son effort à plus de 100 millions d'euros pour financer la réponse à la crise syrienne, et la France en acquitte naturellement sa part, au total plus de 20 millions d'euros. Enfin, l'État français aide aussi directement les populations civiles en Syrie, en particulier dans les zones libérées soustraites au contrôle de Damas. La solidarité française avec le peuple syrien, qui se bat avec courage pour retrouver sa liberté, est un devoir. C'est une responsabilité à laquelle la France est très attachée. Elle continuera à faire entendre sa voix dans toutes les enceintes et auprès de tous ses partenaires.