Question de Mme FÉRAT Françoise (Marne - UDI-UC) publiée le 01/11/2012

Mme Françoise Férat attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé quant aux procédures de recherche sur la toxicité des sels d'aluminium.
La question de l'aluminium utilisé comme adjuvant vaccinal est une problématique essentielle, mais complexe. En effet, cela interroge à la fois les connaissances scientifiques, l'éthique médicale, la vigilance sanitaire et la responsabilité politique, mais également l'économie, les processus de production et les acteurs de cette production. La question essentielle n'est pas ici la nécessité de la vaccination qui n'est plus à prouver – et qui a sauvé et sauve des millions de vies – mais de savoir comment l'améliorer et supprimer ses effets secondaires parfois dramatiques. L'Institut national de veille sanitaire a écrit dans son rapport de 2003 que « de nombreuses études montrent à présent que l'aluminium peut être toxique pour les plantes, les animaux et l'homme ». L'académie de médecine admet également que les sels d'aluminium injectés dans l'organisme atteignent le cerveau. Cette découverte est le fruit de 10 ans de travaux menés notamment par les chercheurs de l'unité INSERM U955 de l'hôpital Henri Mondor de Créteil. Or, il semble que le 6 septembre 2012 l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ait refusé tout financement permettant la poursuite de ces travaux et ait conseillé au ministère de la santé de lancer un appel d'offres et de reprendre à zéro la recherche avec de nouveaux chercheurs.
Elle lui demande de bien vouloir se positionner sur ce dossier.

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Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé publiée le 07/02/2013

Dans un contexte d'une possible perte de confiance envers la vaccination, il est primordial de donner les meilleures assurances de sécurité des vaccins dans l'intérêt de la population. Ainsi, la ministre des affaires sociales et de la santé est-elle particulièrement attentive à la nature des adjuvants utilisés dans la fabrication des vaccins, en particulier les sels d'aluminium. Ceux-ci sont en effet à l'origine d'une polémique sur leur éventuelle implication dans la survenue de pathologies graves comme la myofasciite à macrophages. La ministre a donc saisi conjointement, en juillet 2012, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l'Institut de veille sanitaire (InVS) afin de faire un état des lieux sur les effets sanitaires, connus ou suspectés, des adjuvants à base d'aluminium entrant dans la composition des vaccins et sur l'apport des adjuvants dans la composition vaccinale. Les agences sanitaires interrogées ont rendu leurs conclusions le 1er octobre 2012. Elles reconnaissent que les vaccins à base d'aluminium sont à l'origine d'une lésion focale au niveau du point d'injection, qui constitue la myofasciite à macrophages dont la réalité n'est pas remise en question. L'expertise scientifique disponible à ce jour n'apporte toutefois pas d'arguments pour une atteinte systémique secondaire responsable d'un syndrome clinique identifié. Selon la nature de l'antigène vaccinal, les adjuvants sont parfois indispensables pour obtenir ou améliorer la réponse immunitaire et ainsi protéger individuellement et collectivement les Français de maladies infectieuses aux conséquences importantes en termes de morbidité et de mortalité. Le projet de recherche du Professeur Gherardi intitulé « transport particulaire systémique par les phagocytes : sécurité des adjuvants vaccinaux » a fait l'objet d'une décision de refus de financement dans le cadre de l'appel à projet de recherche 2012 organisé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce projet de recherche a été soumis à un processus d'évaluation et d'expertise transparent, imposé à tout projet de recherche déposé dans le cadre des appels à projet de recherche organisé par l'ANSM. Il n'a toutefois pas été classé en rang suffisant pour obtenir un financement. Le débat reste cependant ouvert sur les adjuvants. Des travaux supplémentaires sont souhaitables, qui doivent permettre de poursuivre les campagnes de vaccination pour assurer la protection de la population contre des pathologies sévères, tout en s'assurant de la sécurité maximale des produits utilisés. La ministre souhaite la poursuite des travaux de recherche dans ce domaine. Elle a donc demandé à l'ANSM et à la direction générale de la santé (DGS) d'installer en tout début d'année 2013 un comité de pilotage associant des scientifiques de haut niveau, dont le professeur Gherardi, et des représentants de l'association d'entraide aux malades de myofasciite à macrophages (E3M) et de collectifs de patients, afin de restaurer une dynamique de recherche de qualité sur ce sujet.

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