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Devenir de l'AFPA

14e législature

Question écrite n° 03131 de Mme Laurence Rossignol (Oise - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/11/2012 - page 2648

Mme Laurence Rossignol attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les difficultés rencontrées par l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA).

En grande difficulté depuis l'ouverture du marché de la formation des chômeurs en France, cet opérateur a, malgré tout, formé près de 100 000 demandeurs d'emplois en 2011, ce qui en fait le premier organisme de formation français.

Après avoir perdu 55 millions d'euros en 2011, l'association devrait encore perdre 75 millions d'euros cette année. Ce sont également 3 000 emplois supprimés en deux ans, notamment par le non-remplacement des formateurs partis à la retraite.

La démission de son président au mois de juin 2012 et le retrait d'un de ses principaux bailleurs de fonds, la banque Dexia, s'ajoutent à la politique de démantèlement de l'AFPA.

Les conséquences préjudiciables sont nombreuses : des fusions et fermetures de sites, une dégradation des conditions de travail des salariés, mais aussi une prise en charge des demandeurs d'emploi a minima.

Plus important organisme de formation professionnelle, l'AFPA traverse une crise financière, politique et morale sans précédent. Dans un contexte de dégradation de l'emploi, le savoir-faire de l'AFPA dont la qualité n'est plus à démontrer, s'avère plus que jamais indispensable pour faire face à la multiplication des plans sociaux, et l'État et les régions se doivent d'intervenir d'urgence pour sauver cet outil irremplaçable.

Compte tenu de ces éléments, elle souhaiterait connaître les mesures qui seront engagées rapidement pour permettre à cet organisme de retrouver toute sa compétence et ses moyens au service des demandeurs d'emploi.



Réponse du Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

publiée dans le JO Sénat du 07/02/2013 - page 445

L'association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) n'est pas un organisme de formation professionnelle comme les autres. L'AFPA est d'abord, grâce à son organisation nationale, le principal organisme de formation des demandeurs d'emploi avec près de 120 000 stagiaires chaque année qu'elle amène, pour une grande partie d'entre eux, à une qualification certifiée leur permettant une insertion durable dans l'emploi. De plus, l'AFPA délivre des services, tels que l'hébergement et la restauration, que les autres organismes de formation n'offrent pas, permettant ainsi d'accueillir en formation des demandeurs d'emploi en situation de fragilité ou venant de territoires éloignés. Malheureusement, les décisions prises par les précédents gouvernements à compter de 2004 ont fragilisé l'AFPA en soumettant, sans aucun accompagnement, l'ensemble de son offre de formation aux marchés publics. Malgré les efforts importants d'adaptation faits par ses personnels et leur professionnalisme reconnu, l'AFPA est confrontée à des difficultés financières qui imposent qu'elle redéfinisse son modèle d'activité. En décembre 2012 il avait été annoncé déjà un certain nombre de mesures arrêtées qu'il fallait encore mettre en œuvre. Aujourd'hui les discussions ont abouti sur chacun des points alors évoqués. Aussi concernant la question du patrimoine, le Gouvernement a décidé de conclure des baux emphytéotiques administratifs de sorte que l'AFPA puisse occuper le domaine public dans la durée et bénéficier de droits réels pour adapter et étendre ses locaux, en améliorer la gestion et ainsi mieux maîtriser la carte de ses sites de formation et valoriser ses services d'hébergement et de restauration. C'est ainsi que dès les premiers mois de cette année, l'État conclura avec l'association une première vague significative de baux dans deux régions « pilotes » afin d'en valider la faisabilité pour ensuite l'étendre à l'ensemble du territoire. S'agissant ensuite de la capitalisation de l'association, l'État est prêt à souscrire des participations constitutives de fonds propres, indispensables à l'AFPA pour emprunter à moyen terme. L'État va donc apporter un premier apport de 110 millions d'euros dès cette année 2013 puis, dans une deuxième période de 2014 à 2017, de nouveau une somme équivalente assurant ainsi près de la moitié de ses besoins de financement chiffrés à près de 430 millions d'euros. La seconde moitié sera apportée par la mobilisation des établissements bancaires actuels ou partenaires financiers futurs. Parallèlement, la gouvernance de l'association sera ajustée afin de permettre aux différents partenaires, dont l'État, de mieux suivre la mise en œuvre du plan de refondation élaboré par son Président Yves Barou et par là même le devenir de l'association. Enfin, le Premier ministre l'a également rappelé lors d'un déplacement à Caen le 14 janvier 2013, ce plan de refondation global s'accompagnera dans sa mise en œuvre d'une réorganisation et de réduction des coûts de fonctionnement sans porter atteinte au formidable capital humain dont dispose l'association. Il a pris également l'engagement qu'il n'y aurait pas de licenciements économiques au sein de l'AFPA. Le président de la République a lui-même réaffirmé, à l'occasion de ses vœux aux acteurs de l'économie et de l'emploi le 17 janvier 2013, l'utilité et la performance de l'AFPA et le plein engagement de l'État à ses côtés. L'État a donc su mettre en œuvre les moyens nécessaires à sa pérennisation conformément à l'engagement pris lors de la grande conférence sociale de juillet 2012.