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Situation des chaînes locales de RFO

14e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0071G de Mme Karine Claireaux (Saint-Pierre-et-Miquelon - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2012 - page 5767

Mme Karine Claireaux. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture et de la communication.

Le président de France Télévisions, Rémy Pfimlin, a adressé à la direction générale d'outre-mer première-France Ô des directives mentionnant un programme d'économies drastiques à effectuer par l'outre-mer. France Ô deviendrait la chaîne dédiée des enfants pendant la journée et serait la chaîne vitrine des outre-mer la nuit.

Les neuf stations régionales d'outre-mer verraient leur outil de production disparaître totalement, tandis que les journaux télévisés régionaux seraient diffusés en décrochage sur France 3. Dans un premier temps, la direction envisage de fermer complètement deux stations : Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Du fait de la mise en place du décrochage et de la disparition des « télés pays », le siège de Malakoff perdrait la direction des programmes du réseau outre-mer première. Il perdrait aussi, puisque sa fermeture est envisagée, l'Agence internationale d'images de télévision, l'AITV, filiale du réseau outre-mer première, en totale contradiction avec le travail initié par l'Institut national de l'audiovisuel.

Ce plan d'économies signifie tout simplement la fin de l'audiovisuel public d'outre-mer, qui serait réduit à sa plus simple expression. Plus aucune collectivité ultramarine n'aurait d'émissions d'actualité ni d'autres productions locales. Cette hypothèse, vous en conviendrez, n'est pas envisageable ! Cela signifierait aussi que nombre d'emplois seraient supprimés dans nos collectivités ultramarines, alors que les agents participent largement à l'économie des DOM-COM.

L'État, je l'espère, ne saurait se laisser imposer ce genre de décisions aussi discriminatoires qu'injustifiées par le président de France Télévisions, en ce qui concerne la gestion des collectivités d'outre-mer.

Fermer ces stations reviendrait à ignorer la réalité sociale et économique de l'outre-mer français. Cette décision inadmissible éteindrait la voix des outre-mer. Elle nierait non seulement l'existence, mais aussi l'intérêt, de par leur richesse, des cultures ultramarines. Ce serait, de plus, éteindre la voix de la France sur toute la surface du globe.

Madame la ministre, sachant qu'il ne saurait y avoir de différence de traitement entre les neuf stations, le Gouvernement laissera-t-il s'éteindre la voix des outre-mer à l'heure même où les collectivités ultramarines sont mises en avant parce qu'elles participent à la richesse et au rayonnement de la France dans le monde ? (Applaudissements sur les travées du groupe écologiste, du groupe socialiste et du groupe CRC, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2012 - page 5767

Mme Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication. Madame Claireaux, vous le savez, France Télévisions doit prendre toute sa part dans l'effort de redressement des finances publiques que le Gouvernement a initié. Nous travaillons donc avec la direction du groupe à un avenant au contrat d'objectifs et de moyens afin de redéfinir un certain nombre de périmètres, de rechercher des économies et de rendre plus efficace l'action des programmes sur les chaînes du service public.

Les craintes que vous avez exprimées ici concernant le réseau outre-mer première, je peux vous le dire, ne sont pas fondées. En effet, nous sommes extrêmement satisfaits du développement des neuf chaînes du réseau outre-mer première, qui ont eu à faire face à un contexte difficile depuis deux années qu'elles existent puisque, avec la télévision numérique terrestre, les chaînes du service public national de France Télévisions, qui, auparavant, étaient diffusées sur le réseau outre-mer première, sont maintenant directement accessibles. Il a donc fallu repenser les programmes de ce réseau. Cela s'est fait depuis deux ans, et cela s'est plutôt bien fait ! Le public est au rendez-vous. Les missions de service public sont assurées. Il n'est donc pas question pour le Gouvernement de remettre en cause le fonctionnement des outre-mer première.

Je profite de cette occasion pour vous dire que la présence des outre-mer sur les chaînes du service public, y compris dans l'Hexagone, doit être renforcée. J'ai donc demandé au président de France Télévisions de réfléchir au moyen de parvenir à ce résultat.

À l'occasion de l'année des outre-mer, un effort a d'ailleurs été fait. Je crois que tout le monde en a été extrêmement satisfait et l'on a pu voir à quel point cette richesse de nos outre-mer était attendue par l'ensemble de nos concitoyens, et partout sur notre territoire. Tout le monde a vu à quel point la présence des outre-mer, outre qu'elle est tout à fait naturelle, est une source d'enrichissement et de diversité pour l'ensemble des programmes des chaînes du groupe France Télévisions.

Madame la sénatrice, je veux vous rassurer : malgré les efforts budgétaires nécessaires, la vocation du réseau outre-mer première ne sera pas remise en cause. L'outre-mer reste bien une priorité pour le Gouvernement, y compris sur le service public ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)