Allez au contenu, Allez à la navigation

Spectacle vivant en Picardie

14e législature

Question écrite n° 03377 de M. Pierre André (Aisne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 06/12/2012 - page 2791

M. Pierre André attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur la situation du spectacle vivant en Picardie.

Longtemps parent pauvre du développement culturel, la Picardie ne peut aujourd'hui que constater l'absence d'investissement de l'État dans le domaine du spectacle vivant sur ses terres.

La Picardie, 12ème région par sa population, est la région la moins bien dotée de France pour le spectacle vivant. Quand la dotation moyenne nationale est de 5,15 € par habitant, celle de la Picardie n'est que de 2,42 € par habitant. Soit moins de la moitié. Rien n'explique actuellement cette différence. En effet, la Picardie a fait de nombreux efforts pour développer son offre. Elle est désormais dotée d'une scène nationale, d'un pôle national des arts du cirque, d'un centre de développement chorégraphique, d'un pôle des arts de la marionnette, de cinq scènes conventionnées …

Les différents acteurs picards souhaitent depuis bien longtemps un plan de rattrapage spectacle vivant en Picardie ; ils ont estimé le coût de ce plan à seulement 2 100 000 €.

Il lui demande ce que l'État envisage de faire pour amener un peu d'équité et de solidarité pour la Picardie dans le domaine du spectacle vivant.

Il la remercie de la réponse qu'elle saura lui réserver.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 04/04/2013 - page 1077

La situation décrite, si elle revêt une certaine réalité, doit cependant être pondérée. En effet, la dotation déconcentrée attribuée à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Picardie ces quatre dernières années sur le programme 131, dédié à la création artistique, est en augmentation. En autorisations d'engagement, elle s'est ainsi déclinée de la manière suivante : 2010 : 5 249 145 € ; 2011 : 6 496 117 € ; 2012 : 5 420 078 € ; 2013 : 7 187 018 €. C'est donc au total une augmentation de près de 37 % qui aura été réalisée au profit de la DRAC Picardie entre 2010 et 2013 au titre du programme 131, alors que sur la même période, le budget du ministère de la culture et de la communication n'aura pas augmenté dans les mêmes proportions. Par ailleurs, il convient de rappeler que le périmètre d'intervention couvert par le ministère de la culture et de la communication compte, outre la création artistique, les champs du patrimoine et des industries culturelles, ainsi que les missions de transmission des savoirs et de démocratisation de la culture. Sur l'ensemble du périmètre d'intervention déconcentré du ministère, c'est donc au total une somme de 21 901 058 € qui aura été attribuée en 2013 à la DRAC Picardie, ce qui représente environ 12 € par habitant. Ainsi, dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, il convient de noter que le ministère de la culture et de la communication aura réalisé un effort de rééquilibrage important pour rattraper le retard accumulé par la DRAC Picardie en crédits déconcentrés, et tout particulièrement pour ce qui concerne les crédits dédiés au spectacle vivant. Concernant spécifiquement ce domaine d'intervention, il faut encore observer que des crédits complémentaires ont été attribués à la DRAC et intégrés en base dans sa dotation, permettant aux structures régionales récemment labellisées (pôle national des arts du cirque, scènes de musiques actuelles, centre de développement chorégraphique) de conforter leurs activités et de tendre vers les planchers recommandés. La subvention allouée à la Maison de la Culture d'Amiens se situe notamment très au-dessus de la moyenne des scènes nationales. Ces crédits complémentaires auront également permis à la DRAC de mieux accompagner financièrement des équipes artistiques indépendantes. Enfin, le centre de développement chorégraphique « l'Échangeur » à Fère-en-Tardenois a bénéficié de crédits en investissement ainsi que le lieu de compagnonnage marionnettes le Tas de sable à Amiens. Si le ministère de la culture et de la communication reste très attentif à la situation de la Picardie, en tout état de cause, les budgets mis à sa disposition en 2013 par la représentation nationale ne permettront pas de dégager les 2,1 M€ de financements complémentaires sollicités par les professionnels du spectacle vivant picards pour un « plan de rattrapage » de la région, notamment en cette période où le Gouvernement s'est engagé très fermement à diminuer les déficits publics.