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Nocivité des sels d'aluminium dans les vaccins

14e législature

Question écrite n° 03497 de M. Philippe Paul (Finistère - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 13/12/2012 - page 2871

M. Philippe Paul appelle l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la nocivité des sels d'aluminium présents dans les vaccins pour stimuler la réaction immunitaire.
Si les autorités sanitaires autorisent l'usage des sels d'aluminium en cosmétique, la question se pose sur l'injection directe de ces derniers dans l'organisme alors que plusieurs appels relayés par les médias font état de forts soupçons.
Ce type de messages conforte les défiances, qu'elles soient fondées ou non, à l'égard de plusieurs campagnes vaccinales : vaccin de l'hépatite B qui aurait provoqué des scléroses en plaques, grippe aviaire (H1N1), etc.
Il est impératif que les autorités sanitaires prennent des positions claires et affichées sur ces sujets afin que le public garde confiance.
À titre d'exemple, l'agence régionale de santé de Bretagne se mobilise actuellement dans le Finistère pour un appel à la vaccination des enfants et jeunes de 2 mois à 24 ans, contre l'infection à méningocoque C dont les cas sont sept fois plus nombreux dans le département que dans le reste du territoire national.
Cette défiance à l'égard des composants et adjuvants des vaccins ne constitue-t-elle pas un frein à cette démarche de prévention sanitaire ?
Il lui demande de bien vouloir lui faire part des initiatives qu'elle compte prendre en la matière.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 21/02/2013 - page 589

Dans un contexte d'une possible perte de confiance envers la vaccination, il est primordial de donner les meilleures assurances de sécurité des vaccins dans l'intérêt de la population. Ainsi, la ministre des affaires sociales et de la santé est-elle particulièrement attentive à la nature des adjuvants utilisés dans la fabrication des vaccins, en particulier les sels d'aluminium. Ceux-ci sont en effet à l'origine d'une polémique sur leur éventuelle implication dans la survenue de pathologies graves comme la myofasciite à macrophages. La ministre a donc saisi conjointement, en juillet 2012, l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l'institut de veille sanitaire (InVS) afin de faire un état des lieux sur les effets sanitaires, connus ou suspectés, des adjuvants à base d'aluminium entrant dans la composition des vaccins et sur l'apport des adjuvants dans la composition vaccinale. Les agences sanitaires interrogées ont rendu leurs conclusions le 1er octobre 2012. Elles reconnaissent que les vaccins à base d'aluminium sont à l'origine d'une lésion focale au niveau du point d'injection, qui constitue la myofasciite à macrophages. L'expertise scientifique disponible à ce jour n'apporte toutefois pas d'arguments pour une atteinte systémique secondaire responsable d'un syndrome clinique identifié. Selon la nature de l'antigène vaccinal, les adjuvants sont parfois indispensables pour obtenir ou améliorer la réponse immunitaire et ainsi protéger individuellement et collectivement les Français de maladies infectieuses aux conséquences importantes en termes de morbidité et de mortalité. Le projet de recherche du professeur Gherardi intitulé « transport particulaire systémique par les phagocytes : sécurité des adjuvants vaccinaux » a fait l'objet d'une décision de refus de financement dans le cadre de l'appel à projet de recherche 2012 organisé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce projet de recherche a été soumis à un processus d'évaluation et d'expertise transparent, imposé à tout projet de recherche déposé dans le cadre des appels à projet de recherche organisé par l'ANSM. Il n'a toutefois pas été classé en rang suffisant pour obtenir un financement. Le débat reste cependant ouvert sur les adjuvants. Des travaux supplémentaires sont souhaitables, qui doivent permettre de poursuivre les campagnes de vaccination pour assurer la protection de la population contre des pathologies sévères, tout en s'assurant de la sécurité maximale des produits utilisés. La ministre souhaite la poursuite des travaux de recherche dans ce domaine. Elle a donc demandé à l'ANSM et à la direction générale de la santé (DGS) d'installer en tout début d'année 2013 un comité de pilotage associant des scientifiques de haut niveau, dont le professeur Gherardi, et des représentants de l'association d'entraide aux malades de myofasciite à macrophages (E3M) et de collectifs de patients, afin de restaurer une dynamique de recherche de qualité sur ce sujet.