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Diplôme d'État en danse hip-hop

14e législature

Question écrite n° 10411 de Mme Françoise Cartron (Gironde - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 13/02/2014 - page 379

Mme Françoise Cartron appelle l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la mise en place d'une formation conduisant à un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danseur pour des interprètes en danse hip-hop.

Le mouvement hip-hop, né aux États Unis dans les années 1970, est arrivé en France au début des années 1980. Cette culture urbaine aux modes d'expressions multiples a trouvé dans la danse un vecteur d'intégration particulièrement remarquable.

Grâce à un engagement associatif important et à l'implication de personnalités marquantes, la danse hip-hop a obtenu la reconnaissance des institutions culturelles dans les années 1990 pour devenir un art à part entière.

Pour ce qui est de l'ordre de la transmission, l'apprentissage de cette discipline a transité par la télévision, la rue, les centres socio-culturels ou les scènes improvisées.

Elle s'est peu à peu structurée grâce à la professionnalisation de sa pratique à travers des stages ou des ateliers mettant en avant principalement ces aspects techniques.

La créativité du hip-hop est aujourd'hui pleinement reconnue.

Elle pense notamment à la nomination de M. Kader Attou à la direction artistique du centre chorégraphique national de La Rochelle et de M. Mourad Merzouki au centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne.

Alors que sa pratique a connu un essor important dans notre pays depuis trente ans et s'est accompagnée d'une augmentation sensible du nombre de compagnies de création, que sa technicité engage au plus au point la santé corporelle de ses pratiquants, il paraîtrait aujourd'hui légitime que son enseignement puisse être prodigué par des professeurs diplômés d'État, accédant ainsi à une reconnaissance de plein droit et à une démocratisation effective.

S'il existe actuellement dans le champ de la danse plusieurs établissements délivrant des formations conduisant à l'obtention d'un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) - en danse classique, en danse contemporaine ou en danse jazz, l'apprentissage de la danse hip-hop n'est à ce jour pas concerné.

Par conséquent, elle souhaite savoir si la mise en place d'une formation conduisant à un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danseur pour des interprètes en danse hip-hop est actuellement à l'étude.

Comme pour les musiques actuelles qui sont désormais enseignées dans les conservatoires agréés ou contrôlés par l'État, avec en parallèle le maintien d'un réseau dense de lieux d'apprentissage au sein d'organismes, notamment associatifs.

Transmise au Ministère de la culture et de la communication



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 05/06/2014 - page 1309

Afin de répondre aux besoins de qualification de l'ensemble des professionnels de la danse, il a été envisagé d'habiliter une formation supérieure à destination des danseurs hip-hop. Ce projet devrait permettre de reconnaître les compétences professionnelles de cette population de danseurs, au même titre que les danseurs en danse classique, contemporaine ou jazz. Un projet de formation menant au diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danseur hip-hop est actuellement porté par le conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon (CNSMDL) et pourrait s'appuyer sur les ressources existantes dans la région lyonnaise (notamment le Pôle Pik de Bron, dirigé par Mourad Merzouki), en lien avec des centres chorégraphiques nationaux (CCN La Rochelle et CCN Créteil) et des compagnies portant cette esthétique. Cette formation, inscrite dans un des bassins historiques de ces danses, aurait vocation à compléter et achever l'offre de formation nationale. Sur la base d'une formation au DNSP dispensée en trois ans, l'hypothèse envisagée à l'heure actuelle est celle d'une ouverture de promotion tous les deux ans. Le ministère de la culture et de la communication étudie actuellement les possibilités de financement de cette formation, sachant que par ailleurs des travaux au CNSMDL démarreront en juin 2014 pour permettre la création d'un studio de danse supplémentaire dès 2016 qui pourrait accueillir le déploiement de la formation au DNSP hip-hop.