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Déodorants contenant des sels d'aluminum et risque de cancer du sein

14e législature

Question écrite n° 18248 de M. Alain Houpert (Côte-d'Or - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 15/10/2015 - page 2398

M. Alain Houpert attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur les risques que présentent certains déodorants contenant des sels d'aluminium. L'aluminium est très largement utilisé dans les cosmétiques. On en trouve dans plus d'un produit sur deux, pour faciliter la pénétration des crèmes, comme agent durcisseur des vernis à ongles, agent blanchissant ou encore comme antitranspirant. 90 % des déodorants contiennent des sels d'aluminium et parfois à haute dose (jusqu'à 20 % d'aluminium). Or les sels d'aluminium pourraient être impliqués dans le développement du cancer du sein, la pénétration dans l'organisme de cet élément étant multiplié par six sur une peau lésée. C'est pourquoi il lui demande si elle compte interdire les déodorants avec aluminium dans les rayons et si des mesures de santé publique vont être prises. Il la remercie de sa réponse.



Réponse du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes

publiée dans le JO Sénat du 26/11/2015 - page 2754

En tant que substances susceptibles d'entrer dans la composition des produits cosmétiques, les composés de l'aluminium font l'objet d'études scientifiques visant à évaluer leur sécurité pour la population. Ainsi, l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié en octobre 2011 un rapport d'expertise sur l'évaluation du risque lié à l'utilisation de l'aluminium dans les produits cosmétiques, centré plus particulièrement sur les antitranspirants ou déodorants. L'ANSM y indique qu'aucun élément ne met en évidence le lien entre une exposition par voie cutanée à l'aluminium et l'apparition d'un cancer. Cette analyse est partagée par le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), comité consultatif de l'Union européenne, dans son avis de mars 2014 sur la sécurité de l'aluminium dans les produits cosmétiques. Le CSSC considère qu'en l'état actuel des connaissances, l'aluminium est peu susceptible d'être cancérogène. Il ajoute qu'il n'existe aucune preuve que l'utilisation de produits antitranspirants puisse conduire à des niveaux d'aluminium qui seraient préjudiciables à la santé, ni que l'utilisation de produits cosmétiques contenant de l'aluminium augmente le risque de développement du cancer du sein ou de maladies neurodégénératives. Toutefois, afin de limiter le niveau global d'exposition à cette substance, l'ANSM recommande dans son rapport de 2011 de restreindre la concentration d'aluminium (sous toutes ses formes) dans les produits cosmétiques à 0,6 % et de ne pas utiliser les produits contenant de l'aluminium sur peau lésée (notamment juste après le rasage), compte tenu de la forte absorption rapportée dans ces conditions.