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Liaison Charles de Gaulle express

15e législature

Question écrite n° 08233 de M. Pierre Laurent (Paris - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 20/12/2018 - page 6544

M. Pierre Laurent attire l'attention de Mme la ministre, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports sur le Charles de Gaulle (CDG) express.
Après avoir soutenu pendant longtemps ce projet coûteux et préjudiciable aux transports du quotidien, la présidente du conseil régional d'Île-de-France s'est prononcée en faveur d'un report du CDG express tant qu'il n'apportera pas de garanties suffisantes pour les autres lignes de transport du réseau francilien. Elle souligne l'urgence à améliorer les lignes RER et Transilien et souhaite que la priorité soit donnée à ces lignes déjà existantes.
Il est à rappeler que, selon le syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) le CDG Express, en cas de réalisation, induirait 1,5 milliard d'euros de déficit annuel lié à la perte de ponctualité sur la ligne B du RER, qui transporte chaque jour 900 000 passagers, sans compter les plus de deux milliards d'euros nécessaires à sa réalisation. Ce seraient une fois de plus les transports du quotidien et l'égalité des territoires qui seraient mis à mal.
S'ajoute à cela que les lignes E, H, K et P ainsi que le fret seront également impactés négativement par le CDG express.
Tout cela pour une ligne qui transporterait environ 20 000 usagers, lesquels payeraient plus de 24 euros un trajet hors tarification Navigo qu'ils pourraient effectuer avec le RER B.
Plutôt que de persister avec obstination à vouloir la réalisation du CDG express le Gouvernement ferait bien de saisir l'occasion qui lui est offerte aujourd'hui d'abandonner ce projet.
À la suite de cet abandon il serait par ailleurs souhaitable que les 2 milliards d'euros du CDG express inscrits au budget de l'État pour 2019 pour le CDG express soient réaffectés immédiatement à la modernisation des lignes franciliennes existantes dont le RER B et ses 900 000 usagers. Dans cette logique il serait également souhaitable que les cent ingénieurs et créneaux de production mobilisés actuellement pour le CDG express soient réaffectés aux travaux visant l'amélioration des transports du quotidien.



Réponse du Ministère auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports

publiée dans le JO Sénat du 13/06/2019 - page 3107

Le projet CDG Express est indispensable pour améliorer le lien entre le centre de Paris et son principal aéroport. En effet cette liaison, directe, rapide et fréquente, est vitale pour l'économie et l'attractivité de notre pays, et de sa capitale, première destination touristique d'Europe. Les accès par les autoroutes A1 et A3 et le RER B sont saturés et ne pourront suffire à la croissance du trafic de l'aéroport. Île-de-France Mobilités dans sa délibération de juin 2016 a d'ailleurs « affirmé son fort soutien au projet CDG Express ». Ainsi, si les préoccupations concernant les transports du quotidien sont légitimes, elles ne remettent pas en cause l'opportunité du projet. Le CDG Express ne se fera pas au détriment des transports du quotidien. L'amélioration des transports du quotidien en Île-de-France est effectivement une priorité pour le Gouvernement. Le contrat de plan État-région en Île-de-France prévoit ainsi un volet transport urbain, ce qui est unique en France. Ce volet représente 7,6 Md€ d'investissements prévus sur la période 2015-2020, dont 1,4 Md€ pour l'État et 1,6 Md€ pour la Société du Grand Paris. Il s'agit principalement des schémas directeurs des RER et des Transiliens, du prolongement d'Éole, du prolongement de la ligne 11, de nouveaux tramways, de nouveaux tram-trains, de bus à haut niveau de service (BHNS). De même, le projet du Grand Paris Express viendra compléter le réseau radial existant (RER, Transilien, métro) grâce à des interconnexions, offrant ainsi aux franciliens un moyen de transport supplémentaire principalement en rocade. À terme, 200 kilomètres de lignes seront construits, c'est-à-dire autant que toutes les lignes du réseau actuel du métro parisien, et représenteront 35 Md € d'investissement. Concernant le projet CDG Express, il est utile de rappeler que le projet prévoit plus de 500 M€ d'investissements sur les voies existantes dont 190 M€ au bénéfice du RER B. Les lignes K et le TER Paris-Laon en bénéficieront également. Au total, 30 % du montant des 1,8 milliard d'euros du coût des travaux impacteront favorablement le réseau existant. Concernant les travaux, il y a effectivement un nombre de chantiers très importants dans les années à venir sur le secteur ferroviaire nord. Il s'agira de moderniser les transports du quotidien à travers : le schéma directeur du matériel roulant des RER B et D, le schéma directeur d'accessibilité des gares, l'interconnexion du Grand Paris Express, le nouveau système de pilotage Nexteo, le renouvellement de voies et de caténaires et bien d'autres actions très concrètes. Le CDG Express n'en représente qu'une partie. Le préfet de région a ainsi été chargé d'une mission sur le calendrier de ces travaux, en évaluant en particulier l'impact de plusieurs variantes de calendrier du projet sur les transports du quotidien. Ses conclusions ont été remises au Premier ministre et ont été rendues publiques. Au vu de ces éléments, le Gouvernement pourra préciser très prochainement les modalités de réalisation du projet, au vu de l'objectif réaffirmé que la construction et l'exploitation de la liaison soient sans impact sur les conditions de transport des voyageurs du quotidien.