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Expression abdominale

15e législature

Question écrite n° 20826 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 18/02/2021 - page 1103

Mme Laurence Cohen attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur l'expression abdominale, une pratique officiellement interdite qui consiste à appuyer violemment sur le ventre d'une femme en train d'accoucher : appliquer une pression sur le fond de l'utérus pour aider à l'expulsion du bébé et écourter la deuxième phase de l'accouchement.

C'est une pratique dangereuse, dénoncée par la haute autorité de santé, interdite depuis 2007. Le président du collège national des gynécologues et obstétriciens français affirme qu'il s'agit d'une « faute technique et une faute professionnelle grave. » L'expression abdominale peut avoir des conséquences graves pour la santé de la femme et du nouveau-né, notamment des douleurs abdominales, des ecchymoses, des fractures de côtes ou des lésions périnéales. Selon la haute autorité de santé, les complications exceptionnelles peuvent aller jusqu'à la rupture de la rate, la rupture hépatique, la rupture utérine et la déchirure du pédicule lombo-ovarien. Le traumatisme et des conséquences psychologiques sont également à prendre en compte.

Pourtant, encore aujourd'hui, de nombreux témoignages dénoncent le recours à cette pratique douloureuse. Le collectif « tous et toutes contre les violences obstétricales et gynécologiques » a dénoncé une augmentation des violences, dont notamment l'expression abdominale, dans la période de crise sanitaire liée à la covid-19. Entre le 15 février et le 31 mai 2020, 3 % des 2 700 femmes qui ont répondu à leur sondage ont dénoncé avoir subi une expression abdominale.

Entre 2010 et 2016, le collectif inter-associatif autour de la naissance, suite à une enquête menée auprès de 25 000 femmes, dénonce que « une femme sur cinq affirme qu'on lui a appuyé sur le ventre pour aider l'expulsion du bébé ». Selon 82 % des femmes interrogées, l'expression abdominale a été pratiquée sans qu'on leur demande leur avis et sans leur consentement.

Aussi, elle lui demande quelles mesures concrètes il compte prendre en termes de formations auprès du personnel médical et de contrôles afin de s'assurer que cette pratique inhumaine et dangereuse ne soit plus utilisée lors des accouchements.



En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé.