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Place des psychologues dans l'accompagnement des personnes en souffrance psychique

15e législature

Question écrite n° 22759 de M. Max Brisson (Pyrénées-Atlantiques - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 13/05/2021 - page 3155

M. Max Brisson appelle l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé à propos de la place des psychologues dans l'accompagnement des personnes en souffrance psychique.
Les psychologues sont présents dans tous les champs de la société, que ce soit dans la santé mentale, les lieux de soins somatiques, les établissements scolaires, les entreprises, les instances judiciaires ou encore le médico-social et le libéral. Ils occupent une place centrale dans la prise en charge des troubles psychiques et ont acquis de larges compétences dans ce domaine.
Titulaires d'une formation universitaire, les psychologues sont des professionnels de premiers recours, compétents pour répondre aux souffrances psychiques rencontrées dans une très grande diversité de situations sociales et socio-professionnelles puisqu'ils disposent, à l'instar des médecins, d'un niveau 7 a minima au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Toutefois, malgré leur légitimité et leur professionnalisme, ils souffrent d'une non-reconnaissance institutionnelle, d'un défaut d'autonomie professionnelle, d'une rémunération insuffisante et d'une précarité importante.
En effet, s'ils sont des professionnels exerçant dans le champ de la santé, sans être reconnus professionnels de santé et refusant d'être en position de para-médicalisation, ils ne disposent ni d'une inscription dans le code de la santé ni d'un cadre juridique spécifique autre que celui fixé par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant réglementation de l'usage du titre de psychologue. Les négociations sur ce point butent sur des archaïsmes qui entravent la prise en charge psychologique par des professionnels qualifiés.
Ainsi, soit les soutiens psychologiques sont effectués par des professionnels non diplômés en psychologie, soit il est proposé un nombre insuffisant de postes dans des institutions tenues par des psychiatres, soit il est proposé un modèle restreint de consultations sous-payées, sous prescription médicale et contrôle psychiatrique. De plus, la production de diplômés dépasse les capacités d'absorption du marché et ne permet pas l'insertion professionnelle au niveau de la qualification. Cela induit une précarisation de l'emploi des jeunes professionnels qui s'orientent vers la pratique libérale ou d'autoentrepreneur, sans avoir toujours l'expérience clinique suffisante.
Par conséquent, plusieurs constats s'imposent. D'une part, la volonté de contrôle médical des psychologues est une entrave majeure au développement de la prise en charge des souffrances psychologiques, des états de détresse et des anxiétés importantes. D'autre part, le refus d'une structuration cohérente de la profession des psychologues ne leur permet pas de développer correctement leur palette de soins et engendre une précarité importante.
À l'instar des conclusions de la Cour des comptes exposées dans son rapport de février 2021, il paraît indispensable de distinguer clairement l'approche psychologique (difficultés psychologiques, souffrances psychiques) de l'approche psychiatrique (pathologies avérées). Une articulation souple doit pouvoir être pensée entre ces deux approches, avec d'une part, les psychologues et les acteurs de première ligne et, d'autre part, les psychiatres et les pédopsychiatres.
Aussi, pour donner suite à l'ensemble des éléments susvisés, il souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage de consulter les organes de représentation des psychologues pour esquisser les traits d'une reconnaissance officielle de leur profession, par une inscription au sein du code de la santé publique.
En outre, pour faire face à l'augmentation de la demande de prise en charge psychologique, il l'invite à s'appuyer sur les psychologues pour engager une politique de prise en charge psychologique de la population, sans logique, ni tutelle médicale.



En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé.