Question de M. PLA Sebastien (Aude - SER) publiée le 26/09/2024

M. Sebastien Pla interroge Mme la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques sur les conséquences sanitaires des problèmes d'isolation des logements alors que les vagues de chaleur plus fréquentes ont fait souffrir, au cours de l'été 2024, plus d'un Français sur deux, particulièrement dans le sud de la France où l'état de canicule a été déclaré durant de nombreuses journées estivales.
Il lui signale que les années 2015 à 2020 sont en effet les six années les plus chaudes jamais enregistrées
Si les villes sont directement impactées par le changement climatique en raison de la surchauffe urbaine qui créée un effet d'îlot de chaleur provoquant inconfort thermique et augmentant la vulnérabilité des personnes plus fragiles, le milieu rural souffre également de la chaleur.
Il lui rappelle d'ailleurs qu'en milieu urbain ou rural, le phénomène de « logements bouilloires » touche essentiellement les personnes précaires et appelle en conséquence à une remobilisation publique en faveur d'une rénovation énergétique adaptée au changement climatique afin de lutter contre ces passoires thermiques qui abiment la santé des plus fragiles, surconsomment de l'énergie et alourdissent notre bilan carbone.
Isolation, amélioration de la ventilation, occultations solaires, brasseurs d'air, il pointe que des solutions techniques adaptées existent pour maintenir une température ambiante dans les logements et les bureaux, comme c'est le cas pour les collectivités qui ont à leur disposition un panel d'outils parmi lesquels la création d'îlots de verdure, de trames verte et bleue mais aussi des solutions grises comme le travail sur la forme bio-climatique, le mobilier urbain, les revêtements urbains et la gestion des écoulements.
Sachant qu'un nombre croissant de personnes souffrent de problèmes de santé, et que la chaleur a fait 5 000 morts en 2023, essentiellement des personnes de plus de 75 ans, il lui demande quelles mesures et politiques publiques elle entend déployer pour répondre à cet impératif de santé publique et climatique parmi les suggestions soulevées. Il lui demande également si elle prévoit de maintenir les dispositifs de type « Maprimerénov » dans le prochain budget et de lui communiquer, en conséquence, ses orientations précises s'agissant de la lutte contre la précarité énergétique et de la vulnérabilité des populations au changement climatique.
Enfin, au vu des conclusions rendues dans le rapport publié en octobre 2023 par l'inspection générale des finances relatif à l'investissement public local estimant que 21 milliards d'euros par an d'ici 2030 seront nécessaires pour faire face aux lourds investissements qu'exige la transition écologique pour les collectivités, il lui demande donc quels moyens elle compte mobiliser pour relever ces défis et si elle entend notamment rehausser l'investissement public local pour financer la nécessaire transition dans les territoires.

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Transmise au Ministère de la ville et du logement


Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 29/01/2026

Les effets croissants du réchauffement climatique sur la santé, le confort thermique et la facture énergétique des ménages ont conduit le gouvernement à renforcer ses actions en faveur de la rénovation énergétique. Depuis le 1er janvier 2024, les aides MaPrimeRénov'ont évolué en profondeur. Le dispositif a été restructuré autour de deux parcours : un parcours accompagné, visant à financer des projets de rénovation d'ampleur avec un gain d'au moins deux classes de performance énergétique. Ceux-ci mettent en oeuvre obligatoirement deux gestes d'isolation thermique dans le programme de travaux. Il finance également des travaux de ventilation, ainsi que des travaux pour lutter contre l'inconfort d'été (brasseurs d'air fixes de plafond et protections solaires de parois vitrées) ; un parcours « par geste » visant des rénovations simples et efficaces qui cible la décarbonation du chauffage ou l'isolation des logements. Il finance également des travaux de ventilation en cas de réalisation d'une isolation thermique. L'isolation thermique, la ventilation et les travaux de lutte contre l'inconfort d'été jouent un rôle fondamental dans l'adaptation des logements au réchauffement climatique. Ces travaux permettent de limiter considérablement le risque de surchauffe des logements, améliorant ainsi leur habitabilité en été tout en réduisant les besoins en climatisation. Leur mise en place se traduit directement par des économies substantielles sur les factures d'énergie des ménages, tout en améliorant leur confort thermique. Elle contribue également à la lutte contre la précarité énergétique, en diminuant l'exposition des ménages aux fluctuations des prix de l'énergie. Le nouveau cadre de MaPrimeRénov', poursuivi par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), favorise ces travaux d'adaptation aux fortes chaleurs, en intégrant notamment l'isolation comme un élément incontournable des rénovations d'ampleur, ainsi qu'en finançant les travaux de ventilation et de lutte contre l'inconfort d'été dans le parcours accompagné. En maintenant une aide pour les travaux d'isolation dans le parcours « par geste », pouvant être couplé à des travaux de ventilation, le dispositif vise à encourager une approche cohérente et performante de la rénovation et de l'adaptation au réchauffement climatique. Les collectivités locales disposent de leviers essentiels pour améliorer le confort d'été en milieu urbain, comme la désimperméabilisation des sols, la végétalisation, la création d'îlots de fraîcheur ou l'adaptation de la morphologie urbaine. Le Gouvernement accompagne ces démarches notamment via la mesure renaturation des villes et villages du Fonds vert. Ce fonds de soutien à l'investissement des collectivités a été mis en place en 2023 pour accélérer la transition écologique des territoires. En 2025 la première priorité du fonds vert a été l'adaptation en lien avec le nouveau Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC 3) publié en mars, ce qui se traduit par la prise en compte du confort d'été dans les critères de la mesure rénovation énergétique des bâtiments publics locaux. Le PNACC3 vient par ailleurs renforcer la prise en compte du risque chaleur dans l'ensemble des politiques d'aménagement et d'habitat. S'agissant des investissements nécessaires, le Gouvernement est pleinement conscient de l'ampleur des efforts à venir. Il entend poursuivre l'accompagnement des collectivités, en consolidant les outils existants et en veillant à leur complémentarité : fonds vert, dotations d'équipement de l'État (DETR, DSIL), interventions de l'Ademe, de l'Anah ou de l'ANRU, ainsi que les dispositifs de la Banque des Territoires. Le soutien à l'ingénierie locale reste un enjeu central pour permettre aux porteurs de projets, notamment dans les territoires ruraux, de bénéficier pleinement des opportunités de financement mobilisables. La lutte contre la précarité énergétique et la vulnérabilité climatique constitue une priorité de long terme. Elle impose une mobilisation collective de l'ensemble des acteurs : État, collectivités, bailleurs, professionnels du bâtiment, associations et citoyens. Le Gouvernement y prendra toute sa part, en s'appuyant sur une politique d'adaptation au changement climatique ambitieuse, socialement juste et adaptée aux défis du siècle.

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