Question de Mme JOUVE Mireille (Bouches-du-Rhône - RDSE) publiée le 13/03/2025
Mme Mireille Jouve appelle l'attention de Mme la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement sur l'état, sans cesse plus préoccupant, du mal-logement en France.
Dans son trentième rapport annuel, publié le 3 février 2025, la Fondation pour le logement des défavorisés (ex Fondation Abbé Pierre) dresse un bilan alarmant de « L'État du mal-logement en France », estimant que « la France s'enfonce dans la crise du logement ». En effet, elle évalue à 4,2 millions le nombre de personnes qui souffrent de mal-logement ou d'absence de logement personnel et à 12,3 millions celles qui sont affectées à des degrés divers par la crise du logement. La situation ne cesse de s'aggraver pour les personnes sans domicile, dont le nombre a plus que doublé entre 2012 et 2024 (+145 %) pour atteindre au moins 350 000.
Face à ces chiffres accablants, elle lui demande si elle compte inspirer son action des préconisations de la Fondation en faveur d'une politique sociale du logement renouvelée.
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Transmise au Ministère de la ville et du logement
Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 15/01/2026
Depuis dix ans, l'État a fait de la lutte contre le sans-abrisme l'une de ses priorités. La politique gouvernementale de lutte contre le sans-abrisme se structure autour de deux axes : le Logement d'abord (LDA), réforme prioritaire du Gouvernement depuis 2018, qui consiste à proposer un logement pérenne et un accompagnement adapté aux personnes sans-abri pour sortir durablement de la rue ainsi que l'hébergement d'urgence, qui répond aux situations de détresse, en assurant un « filet de sécurité » pour ceux qui ne peuvent accéder à un logement. Le Logement d'abord a permis de transformer profondément le modèle d'action publique en matière de lutte contre le sans-abrisme. Cette stratégie, saluée par l'ensemble des acteurs, a abouti à des résultats tangibles : plus de 710 000 personnes sans domicile ont pu accéder à un logement depuis la rue ou l'hébergement. Depuis 2018, 195 000 logements sociaux ont ainsi été attribués à des personnes sans domicile, qui représentent désormais 8 % du total des attributions, contre moins de 4 % en 2017. Au cours des années écoulées, le Logement d'abord a aussi démontré l'effectivité d'une stratégie de diversification de l'offre locative abordable et, pour répondre à la crise du logement, mis en place plusieurs mesures visant à faciliter l'accès au logement privé pour les personnes sans domicile. A cet effet, on comptabilise plus de 90 000 places attribuées dans le parc privé en 2024, dont 25 000 mineurs bénéficient. Pour autant, l'hébergement d'urgence reste indispensable pour répondre aux situations de crise et de grande précarité. À ce titre, l'État a assuré un développement continu des places d'hébergement ces dernières années. Le nombre de places d'hébergement généraliste a augmenté de près de 60 % depuis 2017 pour atteindre 203 000 places au niveau national. Pour renforcer l'efficacité de ces dispositifs et prévenir la dégradation des situations, les effectifs des Services Intégrés de l'Accueil et de l'Orientation (SIAO) - en charge du 115 et des maraudes - ont doublé depuis 2017, permettant d'intensifier le repérage, l'évaluation et la prise en charge des personnes sans-abri. Dans ce cadre, le deuxième plan « Logement d'abord » a initié le recrutement, dès 2024, de 500 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires au sein des SIAO, dans les accueils de jour et les équipes mobiles. Le Gouvernement poursuit une action volontariste et pragmatique pour lutter contre le sans-abrisme et pour apporter des solutions concrètes, pérennes et adaptées aux personnes les plus vulnérables. En outre, le Gouvernement a proposé, au PLF 2026, une augmentation de +110Meuros des crédits du programme 177, traduisant un engagement fort à destination de nos concitoyens les plus fragiles.
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