Question de Mme VARAILLAS Marie-Claude (Dordogne - CRCE-K) publiée le 08/05/2025
Mme Marie-Claude Varaillas attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur les manques de moyens humains et financiers au sein de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) exerce un large éventail de missions au service des particuliers, des professionnels mais aussi de l'État. Outre le contrôle fiscal et la gestion des recettes et dépenses de l'État ou des collectivités territoriales, elle assure des fonctions essentielles telles que le cadastre, la gestion du Domaine, les successions vacantes, les trésoreries hospitalières ou encore le recouvrement des amendes.
Ce service public est omniprésent et fondamental pour le bon fonctionnement de notre pays. Pourtant, depuis 2014, il a connu des réductions de moyens drastiques : 3 255 structures d'accueil de proximité ont été fermées, tandis que de nombreux services ont été regroupés, des plateformes téléphoniques ont été créées et délocalisées, et les dématérialisations se sont multipliées.
Depuis sa création en 2008, la DGFiP est l'administration la plus affectée par les suppressions de postes au sein de la fonction publique d'État : 32 046 postes, soit 28 % de ses effectifs. En 2025, plus de 500 ETP seraient menacés de suppression.
Or, aujourd'hui, de nombreux apprentis, jeunes en service civique et contractuels viennent compléter les rangs de la DGFiP, sans avoir de formation complète, ce qui entraîne un alourdissement de la charge de travail des fonctionnaires formés et déjà impactés par le manque de personnel.
Les espaces France Services déployés progressivement sont présentés comme un appui à la DGFiP mais il n'en est rien puisque le manque d'agents en nombre suffisant et de moyens pour assurer leur formation en font des espaces « fourre-tout », inaptes à répondre à l'étendue des services publics théoriquement concernés.
Ces évolutions ont fortement dégradé les conditions de travail des agents de la DGFiP et génèrent une inquiétante souffrance au travail. Elles participent en outre de la déshumanisation du service public et de sa fragilisation puisqu'en désorganisant l'ancrage territorial des services, elles éloignent l'administration des citoyens et altèrent le consentement à l'impôt, fondement du pacte républicain.
Aussi, elle lui demande que les moyens humains et financiers indispensables soient garantis afin de permettre à la DGFiP de retrouver pleinement sa capacité à exercer ses missions et de préserver la qualité de vie au travail pour ses agents.
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Transmise au Ministère de l'action et des comptes publics
Réponse du Ministère de l'action et des comptes publics publiée le 29/01/2026
La direction générale des finances publiques (DGFiP) participe à l'effort global de l'État de consolidation des finances publiques sans compromettre la réalisation de ses différentes missions. Une modernisation du réseau de la DGFiP a été engagée à compter de 2020, avec le programme « nouveau réseau de proximité » en s'assurant de rapprocher les services publics des citoyens et de tenir compte des besoins spécifiques des divers publics et partenaires, qui souhaitent bénéficier d'une offre multi-canal avec l'existence combinée d'un accueil physique, téléphonique et numérique (téléphonie, messagerie, tchat, navigation assistée). Dans ce cadre, le nombre de postes comptables a diminué durant la période récente, afin de mieux mutualiser les ressources et compétences. Néanmoins, cette baisse s'est accompagnée de la transformation de la sphère publique locale autour de la gestion et du conseil, avec la création de nouveaux services et fonctions, principalement des services de gestion comptable, des postes de conseillers aux décideurs locaux, ou encore des trésoreries hospitalières. La DGFiP a ainsi renforcé son rôle d'accompagnement, d'aide et de conseil aux communes et aux intercommunalités par la création de plus de 900 postes de conseillers aux décideurs locaux. Ils proposent une offre individualisée aux élus pour mieux les accompagner dans la gestion de leur collectivité et dans leurs différents projets. En parallèle, la DGFiP s'est attachée, à développer sa présence dans les différents bassins de populations. Pour ce faire, elle a instauré un accueil de proximité, à ses propres guichets, mais aussi en France services ou en mairies, notamment dans les communes les plus éloignées des centres urbains où les usagers peuvent être accompagnés et réaliser leurs démarches. Fin 2024, 3 064 communes disposent d'un accueil de la DGFiP, soit une hausse de près de 55 % par rapport à la situation fin 2019. Aussi, ce résultat a largement dépassé l'objectif de 30 % de hausse fixé au lancement de la réforme. De manière générale, les enquêtes auprès des usagers attestent d'un très haut niveau de satisfaction du service public délivré par la DGFiP. Plus particulièrement s'agissant des points de contact de proximité, en 2024, le taux de satisfaction des usagers ayant eu un rendez-vous sur place ou en vidéo en permanence DGFiP hors d'un centre des finances publiques (c'est-à-dire en France services, en mairie ) est de 91 %. Le niveau est identique pour les seules permanences en France services. Le « paiement de proximité » chez les buralistes complète ce dispositif en offrant aux usagers la possibilité de payer leurs créances fiscales, leurs factures de cantines, garderies, piscines etc. ou encore leurs amendes en espèces (dans la limite de 300euros) et par carte bancaire auprès des buralistes agréés. Ce réseau composé à ce jour de plus de 15 600 buralistes, permet, sur des plages horaires élargies, d'assurer un réel service de proximité dans de bonnes conditions de confidentialité et de sécurité. En 2024, 98 % des utilisateurs de ce service de paiement se déclarent satisfaits, et parmi eux, 85 % se disent « tout à fait satisfaits ». La DGFiP est aussi engagée dans une démarche volontariste de préservation et développement de la qualité et des conditions de vie au travail. Chaque direction dispose d'un document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), d'un tableau de bord de veille sociale (TBVS) ainsi que des résultats d'enquête de l'observatoire interne du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Ces derniers permettent de mesurer sur le temps long les ressentis des agents sur leurs conditions de travail et le climat dans leur direction, afin d'adapter au mieux les politiques RH dans la durée. L'observatoire interne 2025 fait état d'une satisfaction en hausse des agents par rapport aux années antérieures : l'indicateur de perception de la qualité de vie au travail a atteint cette année le niveau plus élevé depuis le lancement de l'observatoire interne. Les agents se sentent davantage reconnus et valorisés, le niveau de stress lié au travail recule depuis 2021. La DGFIP a également renforcé les moyens de prévenir la dégradation des conditions de vie au travail de ses agents : formation de prévention et de gestion des incivilités, outil numérique de signalement des incidents externes ou internes, plateforme d'écoute et de soutien, accompagnement des agents en difficulté, développement important de la médiation interne avec des équipes dédiées Ainsi, la DGFiP demeure particulièrement attentive la qualité du service rendu aux usagers et aux différents partenaires, en sachant s'adapter, tout en prenant en considération les conditions de vie au travail de ses agents.
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