Question de M. HENNO Olivier (Nord - UC) publiée le 12/06/2025

M. Olivier Henno attire l'attention de M. le ministre de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification sur la fermeture de nombreuses boîtes postales.
Depuis plusieurs mois, il est régulièrement interpellé par des maires, des élus locaux, mais aussi de simples citoyens, inquiets de constater la fermeture, parfois même la suppression pure et simple, de nombreuses boîtes aux lettres sur leur territoire.

Dans certaines communes rurales, dans des quartiers populaires, ou même en centre-ville, on voit disparaître ces dispositifs pourtant essentiels, souvent sans concertation préalable.
Ces boîtes aux lettres, ce sont des repères du quotidien, un lien concret avec le service public postal. Pour beaucoup, notamment les personnes âgées, isolées ou sans accès au numérique, elles restent un outil indispensable.

Il comprend, bien sûr, les contraintes économiques et l'évolution des usages postaux : la baisse du volume de courrier est une réalité. Mais cette nécessaire adaptation ne peut se faire au détriment de l'égalité d'accès au service public.

Il paraît donc indispensable de maintenir au moins une boîte aux lettres par commune, et par quartier dans les villes plus importantes. C'est une question de bon sens, mais surtout de cohésion territoriale.

Il lui demande quelles garanties il peut apporter pour qu'un tel maillage minimal soit préservé partout sur le territoire et s'il compte encadrer plus strictement les décisions de retrait de ces boîtes par La Poste, en imposant une véritable concertation avec les élus locaux.

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Transmise au Ministère de l'action et des comptes publics


Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la mer et de la pêche publiée le 03/12/2025

Réponse apportée en séance publique le 02/12/2025

M. le président. La parole est à M. Olivier Henno, auteur de la question n° 606, adressée à Mme la ministre de l'action et des comptes publics.

M. Olivier Henno. Ma question concerne la présence postale.

Soyons clairs, il ne s'agit pas d'exprimer la nostalgie de la petite voiture jaune qui parcourait les routes de France, même si ce souvenir ne me laisse pas indifférent.

Il ne s'agit pas non plus de nier les évolutions technologiques en raison desquelles les courriels, textos et messages remplacent souvent les lettres, courriers ou encore cartes postales.

Il ne s'agit pas, enfin, de nier les bouleversements induits par les réalités économiques et financières.

Je souhaite simplement interroger le Gouvernement sur sa vision du service public postal et sur l'équilibre envisagé entre contraintes économiques et service public.

Cette question est essentielle, car jamais le sentiment d'abandon dans certains quartiers, certains villages ou dans la ruralité n'a été aussi important. Il nous revient donc de lever les craintes et de rassurer.

Le risque de désertification rurale est une souffrance pour notre pays, et il est réel dans certains territoires de mon département : les Flandres, le Valenciennois, le Douaisis, le Cambrésis, l'Avesnois ou encore certaines communes très éloignées de Lille.

Madame la ministre, quelles garanties pouvez-vous nous apporter pour que, demain, un maillage territorial minimal d'une boîte aux lettres par commune soit assuré ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.

Mme Catherine Chabaud, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargée de la mer et de la pêche. Monsieur le sénateur Olivier Henno, je vous remercie de votre question.

La Poste, comme vous le savez, subit depuis plusieurs années une baisse structurelle de son activité courrier : six milliards de lettres envoyées en 2023 contre dix-huit milliards en 2018, et une prévision de moins de trois milliards d'ici à 2030.

Ce volume est, par ailleurs, constitué majoritairement de courriers professionnels. La part des envois de particuliers est aujourd'hui très faible, avec moins de 5 % des volumes totaux.

Vous le savez, les usages en matière d'envoi de courrier ont fortement évolué : l'avènement du numérique, la répartition de la population sur le territoire, les habitudes de travail et de consommation ont provoqué une réduction considérable de l'usage des boîtes aux lettres jaunes. Sur le terrain, nous constatons que certaines d'entre elles ne reçoivent quasiment plus de courrier à expédier.

Ces évolutions obligent donc La Poste à rationaliser les implantations des boîtes, qui remontent aux années 1960.

Par ailleurs, La Poste doit réviser son parc à mesure que les boîtes vieillissent ou que des modifications d'urbanisme et des aménagements routiers changent leur situation et rendent leur accès difficile, voire dangereux.

Tous ces facteurs conduisent l'entreprise à faire progressivement évoluer le maillage des boîtes aux lettres jaunes. Les suppressions ne sont pour autant pas systématiques et doivent toujours s'appuyer sur un échange avec les élus, sur la base d'un diagnostic précis. La décision est donc prise en concertation avec le maire, et un délai de prévenance d'un mois est prévu avant le retrait effectif de la boîte. L'information est diffusée auprès des habitants par affichage sur la boîte, lequel indique le point le plus proche pour poster son courrier.

Pour les personnes isolées ou ayant des difficultés à se déplacer, le service Allô facteur via le 36 31 permet le passage du facteur au domicile dès le lendemain de l'appel afin de collecter le courrier.

La Poste a ainsi engagé une démarche progressive d'adaptation du réseau de ses boîtes jusqu'en 2030. À terme, au moins une boîte par commune et pour 1 000 habitants sera maintenue.

M. le président. La parole est à M. Olivier Henno, pour la réplique.

M. Olivier Henno. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre. Encore une fois, il ne s'agit pas de nier les évolutions et la nécessité de rationaliser, non plus que les questions de rentabilité.

J'entendais toutefois sensibiliser le Gouvernement à la question du service public : la désertification rurale est une réalité dans notre pays et elle est également très coûteuse.

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