Question de Mme BRIANTE GUILLEMONT Sophie (Français établis hors de France - RDSE-R) publiée le 17/07/2025

Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la baisse de 75 % de la contribution française à l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) - premier réseau universitaire au monde, regroupant plus de 1 000 universités dans 120 pays - pour l'exercice 2025. La France assurant jusqu'à présent plus de 80 % des contributions à cet organisme, la baisse annoncée et brutale de 75 % de cette contribution - donc de plus de 45 % de son budget global - met l'existence même de cet organisme en péril, sans lui laisser le temps nécessaire pour trouver un nouveau modèle économique ni explorer d'autres pistes de financement. Si la contrainte budgétaire pèse évidemment sur cet arbitrage, elle considère qu'une baisse si drastique serait non seulement dangereuse pour la pérennité de cette organisation - et mènerait forcément à des licenciements et l'arrêt de projets - mais est également peu soucieuse des deniers publics français investis dans cette organisation depuis sa création en 1961. Elle aimerait savoir si le Gouvernement entend revenir sur cette décision, par ailleurs incohérente avec les annonces réalisées en octobre 2024 lors du Sommet de la Francophonie qui s'est tenu à Villers-Cotterêts.

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Transmise au Ministère de l'Europe et des affaires étrangères


Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 18/12/2025

L'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est un opérateur essentiel de l'enseignement supérieur et de la recherche dans l'espace francophone. Depuis sa création en 1961, la France en demeure le premier bailleur de fonds, traduisant ainsi son engagement fidèle en faveur de la Francophonie scientifique, de la jeunesse et de l'innovation pédagogique. L'AUF est un acteur déterminant dans la mise en oeuvre de plusieurs livrables adoptés lors du Sommet de la Francophonie de Villers-Cotterêts de 2024, en particulier le programme Apprendre, le Collège international de Villers-Cotterêts et le Programme international pour la mobilité des enseignants-chercheurs francophones (PIMEF). Ces projets structurants témoignent du rôle central de l'Agence dans le déploiement opérationnel des priorités fixées par les États et gouvernements francophones. Dans un contexte budgétaire contraint, la France a néanmoins confirmé, pour l'exercice 2025, un soutien substantiel de 13 millions d'euros. Cette contribution traduit la volonté de maintenir un appui durable à l'action de l'AUF, en cohérence avec les priorités françaises en matière d'éducation, de développement et de diplomatie d'influence. L'évolution du financement appelle toutefois une adaptation progressive du modèle économique de l'Agence, reposant sur trois axes : diversification de ses financements, renforcement de la concertation stratégique avec le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, et redevabilité accrue sur les résultats de ses programmes. Cette nouvelle trajectoire vise à consolider la soutenabilité de l'AUF et à garantir la poursuite de ses missions au bénéfice de la communauté universitaire francophone. La France, en qualité de premier bailleur historique, continuera d'accompagner cette évolution afin de conforter le rôle central de l'AUF dans la Francophonie universitaire et scientifique.

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