Question de M. COURTIAL Édouard (Oise - UC) publiée le 30/10/2025
M. Édouard Courtial attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie sur la situation particulièrement préoccupante des industries françaises du sucre, du chocolat et de la confiserie.
Ce secteur, qui selon le syndicat du chocolat compte plus de 30 000 salariés dans les seules activités de chocolaterie, et au sein duquel l'industrie sucrière nationale réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de 7,6 milliards d'euros pour les seuls sucriers, subit une conjoncture extrêmement défavorable.
La flambée des coûts des matières premières avec une hausse de 150 % ces quatre dernières années pour le sucre, l'aggravation des charges énergétiques, les impacts du changement climatique sur les rendements agricoles, ainsi que l'incertitude que suscite la possible taxation du sucre dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale, fragilisent ces filières.
Ces entreprises, qui constituent des fleurons industriels issues de savoir-faire français, alertent sur le risque d'une perte de compétitivité, le recul des investissements, et la mise en péril de l'emploi industriel, particulièrement dans des territoires comme l'Oise, où l'ancrage local est fort.
Ayant conscience bien évidemment des préoccupations légitimes en matière de santé publique et de lutte contre les excès de consommation de ce type de produits, il demande néanmoins au Gouvernement comment il prévoit de concilier les impératifs de santé et le soutien indispensable à ces filières industrielles.
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Transmise au Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat
Réponse du Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat publiée le 25/12/2025
Les secteurs de la sucrerie, des confiseries et du chocolat occupent une place importante dans notre économie et notre industrie agroalimentaire. Ils constituent un savoir-faire historique pour de nombreux territoires. La filière de la confiserie représente 1,697 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024, avec 85 entreprises et 6 800 emplois directs. Celle du chocolat représente 115 entreprises, dont 90 % de PME, qui emploient 30 000 salariés. Ces industries sont également importantes pour la filière sucrière, la France étant premier producteur européen et neuvième producteur mondial de sucre, avec 4,58 millions de tonnes en 2024. Toutefois, ces secteurs sont confrontés à un ensemble d'enjeux importants, en particulier la forte volatilité des matières premières. Pour le sucre, les prix ont diminué depuis leur pic de novembre 2023, où la tonne atteignait 820 euros, pour s'établir autour de 550 euros en juillet 2025, un niveau qui demeure cependant supérieur à ceux observés entre 2016 et 2021. Cette évolution est largement dépendante des marchés mondiaux. Pour le cacao, les prix des fèves ont augmenté de 34 % entre janvier 2024 et septembre 2025, les cours ayant quasiment doublé en un an en raison de pénuries d'approvisionnement. Cette hausse du coût des matières premières se répercute sur les industriels et les prix à la consommation, avec une inflation cumulée d'environ30 % en 4 ans pour les confiseries chocolatées vendues en magasins. Dans ce contexte, le Gouvernement, pleinement conscient des enjeux à relever par les filières du sucre, de la confiserie et de la chocolaterie, soutient résolument les entreprises agroalimentaires afin de renforcer leur compétitivité, leur résilience et leur capacité d'innovation. Le plan France 2030 mobilise ainsi 2,3 milliards d'euros en faveur de l'innovation, de la recherche, de la formation, de l'industrialisation et du développement de technologies nouvelles dans les secteurs agricoles et alimentaires. À ce jour, 1,402 milliard d'euros ont déjà été accordés, permettant de soutenir 487 projets au bénéfice de 557 entreprises. En 2025, cette action se poursuit avec la relance de dispositifs importants, parmi lesquels l'appel à projets « Résiliences et Capacités Agroalimentaires 2030 », destiné à soutenir les capacités industrielles d'intrants agricoles essentiels, à consolider les maillons stratégiques de la chaîne de valeur agroalimentaire et à accompagner les démarches collectives de transition des filières. Un nouveau fonds de fonds dédié aux industries agroalimentaires et annoncé lors du Salon International de l'Agriculture 2025 est également en cours de déploiement afin de stimuler l'écosystème des fonds intervenant sur l'agroalimentaire et de renforcer les PME et ETI du secteur agroalimentaire. En parallèle, l'État agit également au niveau local grâce au programme « Territoires d'Industrie », dont une nouvelle phase du programme sur 2023-2027 a été annoncée par le président de la République en mai 2023. Celui-ci vise à soutenir la réindustrialisation, le développement des compétences et la transition écologique, avec une enveloppe dédiée de 52 millions d'euros en 2025. Par ailleurs, l'industrialisation des start-up et PME innovantes a fortement été soutenue grâce à des dispositifs tels que « Première Usine », qui a déjà permis de financer 99 projets, ou le programme ETIncelles, qui accompagne actuellement 197 PME en levant certains obstacles à leur développement. Les services de l'État accordent une grande attention aux industries françaises du sucre, du chocolat et de la confiserie et de manière générale au tissu industriel agroalimentaire. Ils restent pleinement mobilisés afin d'en assurer un suivi attentif, et saluent également l'engagement des professionnels du sucre, du chocolat et de la confiserie en faveur d'une alimentation saine et durable. Le secteur a en effet pris de nombreuses initiatives tant sur la formulation des produits (portions maîtrisées, réduction des teneurs en sucre, substitution d'ingrédients, gammes bio) que sur les emballages (réduction des emballages individuels).
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