Question de M. BASQUIN Alexandre (Nord - CRCE-K) publiée le 20/11/2025
M. Alexandre Basquin attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique sur le possible éclatement de la bulle de l'intelligence artificielle (IA) avec toutes les conséquences que cela suppose.
De nombreux indicateurs poussent à penser que la bulle de l'IA pourrait éclater prochainement, à l'image de la bulle internet il y a 25 ans. Et pour cause, la frénésie autour de l'IA qui, au fond, n'est portée que par quelques acteurs, est à son paroxysme depuis 2022 et l'avènement de l'intelligence artificielle générative.
Depuis trois ans en effet, il y a une véritable euphorie boursière avec pour certaines sociétés, des capitalisations hors normes. Or, ces valorisations vertigineuses n'existent qu'à travers une économie circulaire interne aux géants du numérique, avec une concentration massive du pouvoir aux mains de quelques entreprises. Surtout, les entreprises sont valorisées sans faire de bénéfices et il y a une très forte dépendance des acteurs commerciaux entre eux. L'entreprise française d'IA, Mistral, n'y échappe pas.
Tout dernièrement le Nasdaq, marché où sont cotées les entreprises technologiques, a perdu 1 000 milliards de dollars, du seul fait de quelques entreprises d'IA. Ce secteur est donc en très grande fragilité, au regard des liens de dépendance entre les entreprises technologiques.
Il lui demande donc si le Gouvernement a anticipé un futur éclatement de la bulle de l'intelligence artificielle.
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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique publiée le 05/02/2026
Le Gouvernement est pleinement conscient des risques de volatilité et de concentration dans le secteur de l'IA ainsi que des défis posés par des valorisations boursières parfois déconnectées des réalités économiques. La France ne peut se permettre de dépendre des aléas des marchés financiers pour bâtir son avenir technologique. Cependant, il est essentiel de distinguer les dynamiques spéculatives, qui peuvent affecter certains segments du marché, de l'impératif stratégique que représente l'IA pour notre souveraineté numérique et notre compétitivité industrielle et de l'intérêt, au-delà de leur valorisation financière, d'avoir des entreprises avec des fondamentaux économiques forts. Les sociétés d'IA ne sont pas que des produits financiers : elles proposent des solutions concrètes, qui révolutionnent déjà nos manières de travailler, de créer, de coopérer. Sur le plan stratégique, le Gouvernement considère que l'IA sera une condition de la compétitivité de notre économie et constitue l'occasion de renforcer notre souveraineté numérique. L'adoption de l'IA est une priorité et doit bénéficier à tous, citoyens et entreprises, et ce indépendemment des valorisations observables, notamment aux Etats-Unis. La France a fait le choix d'investir massivement dans cette technologie, non pas pour suivre les cycles boursiers, mais pour construire une filière nationale et européenne indépendante, innovante, résiliente, en mesure de produire des solutions alignées avec nos valeurs européennes. Le plan France 2030 consacre des moyens sans précédent au développement de l'IA, notamment à travers le dispositif « Pionniers de l'IA », qui soutient les projets les plus ambitieux en matière de recherche, d'innovation et d'industrialisation. Pour que les entreprises innovantes trouvent des débouchés concrets, le Gouvernement agit sur deux leviers complémentaires : la commande publique, en intégrant de plus en plus de solutions d'IA dans ses appels d'offres et en accélérant l'appropriation de l'IA par les administrations, et la commande privée, grâce à des initiatives comme « Je choisis la French Tech ». Cette dernière encourage les grandes entreprises et les acteurs économiques à privilégier les solutions françaises d'IA renforçant ainsi la compétitivité et la pérennité de notre écosystème technologique. Par ailleurs, le plan Osez l'IA vise à démocratiser l'usage de ces technologies au sein de l'ensemble du tissu économique français car ce sont avec des carnets de commandes remplis que les entreprises françaises fournissant des modèles d'IA pourront rassurer les marchés en cas de volatilité accrue sur les valeurs technologiques. En conclusion, le Gouvernement reste vigilant face aux risques de bulle spéculative mais il réaffirme avec force que l'IA est un enjeu de souveraineté nationale. Le Gouvernement agit pour renforcer la résilience de l'économie, soutenir l'innovation de long terme et garantir que les bénéfices de l'IA profitent à l'ensemble de la société, dans le respect des valeurs et des intérêts stratégiques.
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