Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 27/11/2025
M. Hugues Saury attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la dégradation préoccupante du niveau en français des collégiens, telle que révélée par les évaluations nationales publiées le 20 novembre 2025.
Selon le ministère de l'éducation nationale, plus de sept millions d'élèves ont passé ces évaluations en septembre. Si les résultats sont « globalement stables » par rapport à 2024 et en progrès au primaire, notamment en CP où la lecture et la numération s'améliorent depuis 2019, le bilan est nettement plus contrasté au collège. En 5ème, seuls 52,1 % des élèves présentent une maîtrise satisfaisante du français, contre 34,6 % en réseau d'éducation prioritaire (REP) et 24,9 % en réseau d'éducation prioritaire renforcée (REP+), révélant des écarts très marqués. En 4ème, les performances en français sont en recul préoccupant, avec une baisse du nombre d'élèves les plus performants et une hausse de ceux en difficulté.
Si les progrès enregistrés au primaire doivent être salués, le ministre lui-même a reconnu « un effritement progressif » du niveau au collège, où les difficultés s'installent et se creusent d'année en année, compromettant la réussite au lycée.
Il interroge en conséquence le Gouvernement sur les mesures supplémentaires qu'il entend engager pour enrayer la baisse du niveau en français au collège, encourager davantage la lecture dans et hors de l'école, renforcer l'accompagnement des élèves en difficulté et garantir à chacun la maîtrise des compétences fondamentales indispensables à une scolarité sereine.
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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 21/05/2026
Garantir la maitrise des savoirs fondamentaux à chaque élève est une priorité absolue. La mise en place d'évaluations nationales du CP à la 4e permet aux professeurs de repérer les besoins de chaque élève et d'adapter leur enseignement pour assurer la maitrise des savoirs fondamentaux. Les mesures portées par le ministère de l'éducation nationale visent à élever le niveau général des collégiens en mettant en place un accompagnement adapté à leurs besoins. À cette fin, les enseignements de français en classes de 6e et de 5e sont organisés en groupes en fonction des besoins et des compétences des élèves. La dynamique d'élévation du niveau général se poursuit en 4e et en 3e avec la formalisation dans chaque établissement d'une stratégie de réussite, fondée sur plusieurs leviers tels que Devoirs faits, les stages de réussite ainsi que les heures supplémentaires de soutien pour renforcer la maitrise des savoirs fondamentaux. De plus, une attention soutenue est portée aux établissements dont une part importante d'élèves rencontre des difficultés par un accompagnement tant au niveau national, académique que départemental. « Collège en progrès » s'inscrit dans une ambition claire : permettre à chaque élève de réussir en agissant prioritairement dans quelque 800 collèges aux contextes très divers, dans lesquels le poids de la grande difficulté scolaire y rend nécessaire un appui important aux équipes et un effort particulier afin d'apporter une aide déterminante aux élèves les plus en difficulté. Il est donc demandé aux recteurs de mettre en place, avec le concours d'une équipe pluridisciplinaire et à l'échelle de chaque établissement identifié, un plan d'action pluriannuel avec l'ambition de permettre l'élévation générale du niveau de tous les élèves. Les programmes rénovés de français s'inscrivent pleinement dans cette ambition. Ils clarifient les attendus de fin d'année et de fin de cycle et placent la compréhension de l'écrit au coeur des apprentissages, du CM1 à la 6e, en mobilisant l'ensemble des disciplines et en renforçant le travail explicite sur la langue. Par ailleurs, l'encouragement à la lecture constitue un axe structurant de l'action ministérielle. Les États généraux de la lecture pour la jeunesse, organisés à l'automne, ont permis d'établir un diagnostic partagé sur les pratiques de lecture des jeunes, complété par les travaux récents de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche portant sur les enjeux de littératie. Ces travaux nourrissent l'élaboration de nouvelles mesures destinées à remettre la lecture au coeur du quotidien scolaire et extrascolaire des élèves. Une attention particulière est portée à la continuité entre l'école primaire et le collège. L'opération « Cet été, je lis » contribue à faire du livre offert en fin de CM2 un véritable objet de transition vers l'entrée en 6e, en accompagnant les élèves dans le maintien d'une pratique régulière de la lecture pendant la période estivale. Cette démarche vise à consolider les acquis en compréhension de l'écrit et à installer durablement le goût de lire, afin de sécuriser l'entrée au collège et de prévenir l'installation des difficultés en français. Enfin, le schéma directeur de la formation continue 2025-2029 vise une amélioration des pratiques pédagogiques touchant directement les apprentissages de français, notamment par la personnalisation. Le programme national de formation 2025-2026 concrétise cet objectif, par des séminaires sur le développement du goût de lire et sur l'évaluation au service des apprentissages, ou encore en faisant travailler les personnels d'inspection sur l'enseignement du lexique lors du Rendez-vous des Lettres.
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