Question de M. CABANEL Henri (Hérault - RDSE) publiée le 27/11/2025

M. Henri Cabanel attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les difficultés à joindre le 115, soulignant avoir essayé, à plusieurs reprises de joindre ce numéro d'urgence sociale sans y parvenir.

Paris 3 degrés en ce début d'après-midi.

Boulevard Saint-Michel, à deux pas du Sénat, l'homme pieds nus, couché par terre grelotte, la tête cachée sous un carton.

Les passants passent... rapides, saisis par le froid.

Il appelle le 115 comme l'année dernière déjà. Le numéro d'urgence pour les sans-abris. Une demi-heure sans réponse. Il doit raccrocher, aller à sa réunion, et il passe comme les autres passants...

Il lui demande comment un pays qui se targue de ses valeurs de solidarité et affiche sur le site dédié au numéro d'urgence sociale des intentions de réponse aux saturations d'appels, peut laisser des femmes et des hommes dans la rue en plein hiver sans assistance et sans soin, la plupart d'entre eux devant attendre le passage du Samu social le soir alors que les températures sont négatives.

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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 15/04/2026

Réponse apportée en séance publique le 14/04/2026

M. le président. La parole est à M. Henri Cabanel, auteur de la question n° 814, adressée à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

M. Henri Cabanel. Madame la ministre, je souhaite vous interpeller sur les difficultés à joindre le 115. J'ai moi-même essayé à plusieurs reprises de contacter ce numéro d'urgence sociale, sans y parvenir.

Paris, trois degrés Celsius en ce début d'après-midi du 20 novembre, boulevard Saint-Michel, à deux pas du Sénat, un homme pieds nus, couché par terre, grelotte, la tête cachée sous un carton. C'est un habitué des lieux. J'appelle le 115, comme je l'ai fait à plusieurs reprises les années précédentes, le numéro d'urgence pour les sans-abri. Une demi-heure au téléphone sans que personne me réponde. Comme en 2024, je dois raccrocher et je continue mon chemin, comme d'ailleurs tout le monde.

Comment un pays qui se targue de ses valeurs de solidarité peut-il laisser des femmes et des hommes dans la rue en plein hiver sans assistance, alors que le site dédié au numéro d'urgence sociale affiche des intentions de réponse aux saturations d'appels ? La plupart de ces personnes doivent attendre le passage du Samu social le soir, alors que les températures sont négatives.

Je sais, madame la ministre, que le sujet est complexe, car certains refusent l'accompagnement et les soins. L'absence de réponse ou la très longue attente au 115 décourage toutefois les élans citoyens de personnes qui font preuve de solidarité, et cela est désolant. Les causes sont diverses : sous-effectif des plateformes d'accueil, sous-dimensionnées lors des pics hivernaux, personnes qui rappellent, signalements redondants, etc.

Madame la ministre, quelle est votre stratégie pour que ce service s'améliore enfin ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Cabanel, vous évoquez une situation tragique et je tiens à vous réaffirmer la détermination du Gouvernement à lutter contre le sans-abrisme.

À Paris, le 115 est la principale porte d'entrée vers l'hébergement d'urgence. Chaque jour, ce service traite plusieurs milliers de demandes.

Votre question me permet de redire toute notre reconnaissance envers les équipes du Samu social. Leur engagement est essentiel dans un contexte où les besoins dépassent les capacités d'orientation immédiate. Le service travaille constamment à faire évoluer son organisation, en renforçant les effectifs et en priorisant les appels en temps réel. Malgré cela, en période de tensions, par exemple lors des vagues de froid, les temps d'attente peuvent être importants.

Conscient de cette limite, le service intégré d'accueil et d'orientation déploie une logique multicanale d'accès aux dispositifs. Au-delà du téléphone, il existe d'autres outils qui permettent à tous d'agir concrètement. Le site 115.paris regroupe toutes les informations utiles en cas d'urgence. Celui du Samu social permet à chacun d'entre nous de signaler une personne en difficulté.

Surtout, les équipes mobiles vont directement vers les personnes, ce qui est essentiel. Ces maraudes professionnelles, composées de travailleurs sociaux et d'infirmiers, vont à la rencontre des personnes sept nuits sur sept, de vingt heures à cinq heures quinze. Une vingtaine d'autres maraudes professionnelles sont coordonnées à l'échelle parisienne et se déploient dans toute la capitale à toute heure du jour et de la nuit. Évidemment, cette politique ne peut se mettre en oeuvre à Paris sans le soutien et l'engagement de la Ville de Paris.

Ensemble, nous devons y arriver !

M. le président. La parole est à M. Henri Cabanel, pour la réplique.

M. Henri Cabanel. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre.

Nous devons réussir à mieux sensibiliser nos concitoyens et leur permettre de signaler plus facilement ce type de situation, des personnes à la rue sans assistance.

Comme je vous le disais, ce n'était pas la première fois que j'essayais de joindre le 115 et rester une demi-heure au téléphone sans obtenir de réponse est à la fois frustrant et désespérant.

Je tiens moi aussi à saluer le travail considérable de toutes les équipes mobilisées, par exemple au Samu social, pour réaliser des maraudes et répondre à ces situations. Nous devons impérativement les aider à être plus efficaces pour que nous puissions être à la hauteur des valeurs que nous défendons.

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