Question de Mme LOISIER Anne-Catherine (Côte-d'Or - UC-R) publiée le 18/12/2025
Question posée en séance publique le 17/12/2025
M. le président. La parole est à Mme Anne-Catherine Loisier, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Mme Anne-Catherine Loisier. Ma question porte sur l'incendie criminel qui a visé le collège Champollion vendredi dernier, dans le quartier des Grésilles, à Dijon.
Monsieur le ministre de l'intérieur, monsieur le ministre de l'éducation nationale, je tiens tout d'abord à saluer votre présence sur les lieux dès lundi et à vous remercier d'avoir pris des engagements fermes de soutien à ces établissements : une sécurisation renforcée et une reprise rapide de l'enseignement. Ils ont été très appréciés.
Monsieur le ministre de l'intérieur, vous avez qualifié cet incendie et le saccage des locaux d'actes d'intimidation, qui s'attaquent au symbole de la République et, plus encore, aux enfants. Les premiers éléments laissent en effet supposer un lien avec le narcobanditisme qui sévit dans ce quartier depuis plusieurs mois et contre lequel de nombreuses actions, dont deux démantèlements, ont été menées par les forces de l'ordre.
En effet, ce même collège a déjà subi des tirs de mortier il y a quelques mois. La médiathèque, qui se trouve à quelques pas du collège, a également été incendiée en mars dernier, et l'école primaire de ce quartier l'avait été lors des émeutes de 2023.
Les personnels éducatifs, les élus, les habitants et les enfants - surtout les élèves - restent soudés face à ces violences récurrentes et à ces atteintes aux services publics. Je sais que le Gouvernement fera son possible pour aider le conseil départemental et la municipalité et permettre à ces élèves de réintégrer l'établissement au plus vite une fois qu'il aura été sécurisé.
Nous le savons, le ressort du narcotrafic consiste à maintenir la population sous le joug de la peur. Hier, à Marseille, le Président de la République a redit que l'État serait le plus fort et gagnerait sa bataille contre le narcobanditisme, déclarant : « À mesure que l'on serre, ils réagiront. »
Monsieur le ministre, dans le combat de longue haleine qui est engagé par les forces de l'ordre et l'ensemble des services de l'État et des collectivités territoriales, quels sont les moyens mis en oeuvre pour soutenir les populations de ces quartiers, qui sont les premières exposées aux pressions quotidiennes des réseaux mafieux, à Dijon comme ailleurs ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - Mme Marie-Arlette Carlotti applaudit également.)
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 18/12/2025
Réponse apportée en séance publique le 17/12/2025
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, le ministre de l'éducation nationale et moi-même nous sommes en effet rendus à Dijon, dans le quartier des Grésilles, auprès de la communauté éducative du collège Champollion, qui a été victime d'un incendie criminel. Nous étions accompagnés de nombreux élus dont la maire de Dijon, le président du conseil départemental, François Sauvadet, le président du conseil régional et des parlementaires, dont vous faisiez partie.
Je confirme ce que j'ai déclaré aux médias sur place : nous avons de bonnes raisons de penser qu'il s'agit d'un acte de représailles, en réponse aux coups sévères qui ont été portés au trafic de stupéfiants aux Grésilles depuis de nombreux mois.
Vous le savez, en septembre dernier, nous avons procédé à un démantèlement qui a permis d'interpeller les sept principaux chefs des réseaux de trafic de ce quartier. De ce fait, il n'y existe plus de point de deal. C'est tout du moins ce que les acteurs de terrains nous disent, et en particulier les policiers, ce pour quoi je les ai remerciés.
Le ministre de l'éducation nationale et moi-même allons évidemment accompagner et soutenir la communauté éducative pour que le collège reprenne le plus vite possible son activité.
Ensuite, très concrètement, qu'allons-nous faire pour éviter que le trafic ne se réimplante ? Tout le sujet est là.
Nous allons avant tout continuer notre action, qui est d'abord une action d'occupation du terrain.
J'ai rencontré les effectifs présents sur place de manière permanente. À cet égard, je salue la police municipale de Dijon, qui est également présente aux Grésilles. Ce travail permet de recenser les personnes se livrant aux trafics et de les disperser, donc de rassurer la population.
S'y ajoute le travail de démantèlement ; le travail judiciaire, mené en profondeur. Si de nouveaux réseaux viennent à s'implanter dans ce quartier, nous les démantèlerons sans retard. À cette fin, nous utiliserons tous les outils à notre disposition, dont ceux de la loi de juin dernier visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ce texte nous permet d'utiliser des techniques spéciales d'enquête renforcées. Surtout, il donne aux préfets les moyens de prendre des mesures de police administrative, par exemple des interdictions de paraître, qui, dans ce quartier, seront très utiles.
Madame la sénatrice, vous pouvez compter sur notre détermination à accompagner la communauté éducative de ce collège et à maintenir l'ordre dans le quartier des Grésilles. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
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