Question de M. VIAL Cédric (Savoie - Les Républicains-R) publiée le 18/12/2025

Question posée en séance publique le 17/12/2025

M. le président. La parole est à M. Cédric Vial, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Cédric Vial. Monsieur le Premier ministre, depuis votre nomination, vous avez fixé deux priorités : doter la France d'un budget et réaliser des économies.

Mais aujourd'hui, le constat est implacable : il n'y aura vraisemblablement pas de budget - nous nous dirigeons vers une loi spéciale -, et il n'y aura pas d'économies.

Car les concessions les plus lourdes que vous avez faites au parti socialiste - c'est le cas notamment de l'abandon de la réforme des retraites - l'ont été sans contrepartie notable en matière d'économies budgétaires.

Mme Frédérique Puissat. Très bien !

M. Cédric Vial. Finalement, votre position de Premier ministre n'est-elle pas la seule chose que vous aurez réussi à sauver pendant cette discussion budgétaire ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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Réponse du Ministère de l'action et des comptes publics publiée le 18/12/2025

Réponse apportée en séance publique le 17/12/2025

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'action et des comptes publics.

Mme Amélie de Montchalin, ministre de l'action et des comptes publics. Monsieur le sénateur, le temps presse. Il nous reste quarante-huit heures avant la commission mixte paritaire. Et si nous voulons les mettre utilement à profit, la priorité du moment n'est, je le crois, plus de se demander si le Gouvernement cherche à durer ou à agir pour les Français ici et maintenant.

Je pense que tout le monde l'a bien compris : un pays va mieux quand il a tout à la fois un budget et un gouvernement. Quand il n'a ni l'un ni l'autre, en général, il ne permet pas aux citoyens, aux entreprises, aux familles de se projeter.

Le Premier ministre a demandé à chacun quel était son objectif : jouer l'élection présidentielle de 2027 ou travailler pour les Français maintenant ? Si nous sommes là, c'est parce que nous voulons travailler pour les Français maintenant.

Il y a beaucoup de désinformation. Contrairement à un bruit qui circule malheureusement dans le pays, le PLFSS voté hier contient plus d'économies que les trois précédents, imposés par 49.3 : 4,6 milliards d'euros d'économies dans le PLFSS pour 2026 voté hier, contre 4,3 milliards d'euros pour 2025, 3,5 milliards d'euros pour 2023 et 1,7 milliard d'euros pour 2022. Revenons aux faits !

Si nous voulons réussir cette commission mixte paritaire dans deux jours, il faut qu'il y ait des échanges entre les sénateurs et les députés, entre les partis. Trouvons une méthode qui nous permette de travailler dans un moment où les délais sont très contraints ; ne laissons pas le temps jouer contre nous. C'est, me semble-t-il, ce qu'attendent les Français.

Dans les communes, dans les départements - vous connaissez bien les territoires - et dans les entreprises, où nous sommes nombreux à avoir travaillé, les Français savent se mettre d'accord. Les partenaires sociaux aussi savent trouver des accords. Pourquoi n'y arriverions-nous pas ici, à Paris, dans les hémicycles ? Nous avons su le faire sur le PLFSS, dans une assemblée fragmentée,...

M. Mathieu Darnaud. En lâchant tout !

Mme Amélie de Montchalin, ministre. ... avec des votes qui allaient des Républicains jusqu'aux écologistes.

À mon sens, pour le budget, pour nos armées, pour le ministère de l'intérieur, pour la justice, pour l'agriculture, nous pouvons et nous devons faire de même ! (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe RDSE.)

M. le président. La parole est à M. Cédric Vial, pour la réplique.

M. Cédric Vial. Madame la ministre, j'ai entendu vos explications. Mais le mot que nous aurions aimé entendre, c'est : « pardon ». (Exclamations ironiques sur les travées du groupe SER.)

Pardon pour la dissolution inexplicable et le chaos politique et démocratique que cette dernière a produit !

Pardon pour la situation insoutenable dans laquelle vous avez conduit notre pays en le noyant sous les flots de la dette ou du déficit public !

Pardon pour les propos inexcusables tenus au Sénat par votre ministre, M. Lescure (Exclamations ironiques sur les travées du groupe SER.), qui refuse d'assumer sa responsabilité et afflige ceux qui, ici, ont fait le choix de défendre l'intérêt public !

Mme Laurence Rossignol. Vous êtes des petites choses, les LR ! (Sourires sur les travées du groupe SER.)

M. Cédric Vial. Pardon pour les prélèvements préjudiciables, qui seront immanquablement faits sur le dos des collectivités locales, quand ces dernières assument pourtant leurs responsabilités avec des budgets à l'équilibre !

Pardon pour vos tergiversations indéfendables sur la politique énergétique du pays, qui mettent en cause sa sécurité, sa souveraineté et sa crédibilité !

Pardon pour votre inconstance irresponsable dans la mise en oeuvre de la politique en direction de la jeunesse, du secteur audiovisuel ou de l'éducation !

Mme Laurence Rossignol. Nous ne sommes pas à la messe !

M. Cédric Vial. Pardon pour votre naïveté coupable en matière de politique d'immigration ou de sécurité !

Pardon pour votre incurie inacceptable dans l'accompagnement des enfants en situation de handicap, laissant des familles et des élèves dans des situations indignes de la République !

Pardon pour la situation inextricable dans laquelle vous avez plongé en quelques années notre pays et sa jeunesse.

Pardon ! Pardon ! Pardon !

M. Patrick Kanner. C'est Le Grand Pardon ! (Sourires sur les travées du groupe SER.)

M. Cédric Vial. Des excuses préalables, voilà ce que nous attendions de vous !

M. le président. Il faut conclure. (Rires sur les travées du groupe SER.)

M. Cédric Vial. Mais vous n'assumez rien, et vous ne changerez donc rien pour les Français. Le Sénat n'y pourra rien. C'est à nos compatriotes que je dis : « Pardon ! » (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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