Question de Mme LINKENHELD Audrey (Nord - SER) publiée le 25/12/2025
Mme Audrey Linkenheld attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie sur la situation du groupe d'équipementier automobile Sogefi.
L'annonce récente de la fermeture en 2026 de l'entreprise Sogefi Suspensions à Douai dans le département du Nord, sous-traitante notamment du constructeur français Renault, est un véritable drame social et humain. Mobilisés aux côtés de Frédéric Chéreau, maire de Douai, et de l'ensemble des élus, syndicats et habitants du territoire, nous souhaitons interpeller le Premier ministre et le Gouvernement.
Cette usine centenaire réputée, qui fabrique des barres stabilisatrices destinées aux constructeurs automobiles, avait déjà subi depuis 2019 des suppressions de postes, au gré des ruptures conventionnelles et des départs volontaires négociés dans le cadre d'un accord de compétitivité.
L'annonce de la suppression de 130 postes occupés en contrat à durée indéterminée (CDI) et de la fermeture du site en 2026, à la veille des fêtes de fin d'année, est vécue comme un « coup de massue ». Alors que plusieurs salariés y travaillaient depuis 35 ans et de nombreux depuis plus de 20 ans, « ce sont 130 familles qui voient leur avenir anéanti », pour reprendre le désarroi exprimé par les syndicats, dont la Contrat à durée indéterminée qui a organisé un rassemblement ce lundi 15 décembre 2025.
Cette annonce est d'autant plus regrettable que l'entreprise n'a par exemple pas obtenu les marchés pour des pièces destinées aux Renault 4L et Super 5, pourtant fabriquées à Douai. Selon les syndicats, cela s'est joué à quelques dizaines de centimes d'euros près.
Alors que le groupe Renault vient d'annoncer son rapprochement avec Ford, avec dans un premier temps le développement de deux petites voitures électriques pour Ford, conçues à partir de la plate-forme douaisienne qui sert justement de base à la R4 et la R5, cette annonce suscite l'incompréhension.
Pour le territoire, c'est un véritable abandon industriel. Dans l'écosystème autour de l'automobile, qui a entamé sa transition vers l'électrique, l'entreprise Sogefi-Suspension adossée à un centre de recherche-développement à Douai et dont le savoir-faire n'est plus à démontrer, mérite d'avoir une place ! Ce ne sont pas les compétences de l'entreprise qui sont en jeu, mais simplement la conjonction du choix du constructeur Renault de faire appel à une sous-traitance délocalisée et du groupe Sogefi, dans une seule logique comptable.
Dans un contexte où les constructeurs sont contraints de réagir, avec en 2025 pour la première fois une balance commerciale négative de l'Europe avec la Chine pour les voitures neuves, nous souhaitons interpeller le Premier ministre et le Gouvernement.
Dans ce même contexte où la réindustrialisation et la souveraineté de notre système productif sont mis en avant, elle lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement envisage de prendre face à la situation de la société Sogefi Suspensions. Elle aimerait connaître les initiatives que le Gouvernement compte engager pour examiner tous les leviers d'action pour sauver Sogefi Suspensions et éviter que cet équipementier ne disparaisse du cluster automobile du Douaisis et de la région des Hauts-de-France. Enfin, à l'instar des alertes données en début d'année dans les entreprises de la filière, comme à l'usine Stellantis d'Hordain (ex-Sevelnord), elle lui demande de lui indiquer les actions réalisées par le Gouvernement pour mieux protéger les salariés, et avec eux le soutien aux territoires.
Elle souhaite donc savoir quelles mesures fermes le Gouvernement entend prendre afin d'accompagner ces hommes et ses femmes qui portent un savoir-faire nécessaire au développement économique de notre territoire local (du Douaisis) et national.
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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie publiée le 17/09/2026
L'attention du Gouvernement a été attirée sur la situation de l'entreprise SOGEFI Suspensions à Douai dont le projet de fermeture de la partie industrielle du site annoncée par le groupe en septembre 2025 est de nature à entraîner la suppression de 130 emplois sur les 200 emplois du site. Le Groupe SOGEFI, leader dans le domaine de la sous-traitance automobile notamment en ce qui concerne les suspensions, les systèmes d'admission d'air et de gestion thermique emploie environ 2 300 salariés dans le monde et 366 salariés dans ses quatre établissements français situés à Guyancourt (siège social), Douai, Fronville et Revigny. Le Gouvernement regrette profondément ce projet de fermeture, justifié, selon l'entreprise par un faible niveau de production lié à la baisse des ventes en Europe et qui n'a pu être endigué par les précédentes mesures de réorganisation mises en oeuvre par le groupe (amélioration de la productivité, accroissement de la marge, fermeture de 2 usines au Royaume-Uni et en Allemagne) ni par celles spécifiques au site de Douai (Activité Partielle de Longue Durée de 2021 à 2024, accord sur l'aménagement du temps de travail) pour tenter d'améliorer sa compétitivité. Ainsi, le site de Douai était en sous-activité importante depuis de nombreux mois en raison de pertes de marchés, des décisions des constructeurs de sous-traiter les productions dans d'autres pays et de la baisse de la production automobile et, en conséquence, accusait des pertes de 13,3 Meuros sur les 3 dernières années. Pour SOGEFI, cette fermeture permettra une relocalisation de la production en France et en Europe (Espagne, Italie et Roumanie) et des investissements sur ses deux autres sites industriels en France (Fronville et Revigny), afin de conserver ses contrats actuels et de remporter de nouveaux marchés. La procédure d'information consultation du CSE, démarrée le 15 décembre 2025 et encadrée par un accord de méthode signé à l'unanimité des organisations syndicales CFDT, FO, CFE-CGC et UNSA le 22 décembre 2025, s'est terminée le 17 mars 2026, après un dialogue social constructif, par la signature d'un accord unanime sur le Plan de Sauvegarde de l'Emploi le 17 mars 2026, accord validé par la DREETS des Hauts-de- France le 30 mars 2026. Cet accord sur le Plan de Sauvegarde de l'Emploi contient des mesures d'accompagnement, de reclassement et de reconversion solides telles que : appel au volontariat, 16 offres de reclassements internes avec des mesures d'accompagnement à la mobilité et à la formation, congé de reclassement pouvant aller jusqu'à 18 mois, actions de formation financées entre 3 550 euros HT et 11 000euros HT en fonction du projet, aide à la création/reprise d'entreprise, aides à la mobilité, indemnité de reclassement rapide, indemnité supra-légale Bien que non assujettie à la loi Florange, une recherche de repreneur a été menée activement et volontairement par l'entreprise avec l'appui du cabinet ALIXIO Revitalia. Deux marques d'intérêt ont ainsi été identifiées et une d'entre elles devrait pouvoir être concrétisée. L'entreprise sera également assujettie à l'obligation de revitalisation avec une convention qui sera signée avec le Préfet du Nord. Le Gouvernement et tout particulièrement les services de l'État au niveau local ont donc été fortement mobilisés dès l'annonce de ce projet. Cette mobilisation se poursuivra en lien étroit avec l'entreprise, les représentants du personnel et les acteurs territoriaux tant pour le suivi du reclassement des salariés que de la recherche de repreneur.
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