Question de Mme MARGATÉ Marianne (Seine-et-Marne - CRCE-K) publiée le 04/12/2025

Mme Marianne Margaté attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la situation préoccupante de la présence postale dans notre pays en général et en Seine-et-Marne en particulier.
Au 30 septembre 2025, le maillage postal comportait 17 224 points de contact. Parmi ces points de contact seulement un tiers sont des bureaux de poste de plein exercice. Il y a constamment des fermetures ou des réductions d'horaires de bureaux pourtant si essentiels à la vie des habitants. Si la baisse du volume de courrier, passée de 18 à 6 milliards d'envois en quelques années est incontestable, cette politique de réduction de la présence postale ne tient pas compte de la fonction sociale et territoriale du service postal que ce soit en matière d'accès à la presse, d'accès aux services bancaires, aux démarches administratives ainsi qu'en ce qui concerne le maintien du lien social notamment dans les communes rurales, périurbaines et urbaines populaires nombreuses en Seine-et-Marne. La Poste même en devenant une société anonyme, garde une mission de service public et un rôle d'aménagement du territoire dont elle ne peut se soustraire car imposé par la loi. Pourtant le fonds de péréquation ne bénéficie jusqu'ici que d'une dotation maximale annuelle de 174 millions d'euros dont le montant n'a pas évolué depuis 2019, alors que l'autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) évalue déjà en 2023 à 322 millions d'euros la somme nécessaire pour couvrir l'intégralité du coût net de la mission d'aménagement du territoire de La Poste. Et le projet de loi de finance pour 2026 prévoit de le baisser ce fonds de péréquation déjà bien en-dessous des besoins à 122 millions euros.
Pour toutes ces raisons elle lui demande ce qu'il compte faire pour un maintien de ces 17 000 points de contact postaux avec un maintien de la part des bureaux de poste de plein exercice et la revalorisation de la dotation du fonds de péréquation à la hauteur de l'évaluation de l'ARCEP. Elle lui demande également d'entamer une réflexion avec tous les acteurs en vue de faire des bureaux de poste de plein exercice un appui pour un redéploiement des services publics de proximité. Elle lui demande enfin de prendre toutes les initiatives nécessaires afin d'inscrire dans la loi un droit de véto de tous les maires lors de la transformation d'un bureau de poste en agence postale ou en relais poste chez un commerçant, évoqué à différentes reprises dans des textes officiels, comme la lettre de la direction des affaires juridiques du ministère de l'économie et des finances du 9 mars 2023, mais qui ne trouve pas de traduction dans un texte de loi.

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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique publiée le 09/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 08/01/2026

Mme la présidente. La parole est à Mme Marianne Margaté, auteure de la question n° 823, adressée à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Mme Marianne Margaté. Madame la ministre, au 30 septembre 2025, la France comptait 17 224 points de contact postal, dont seulement un tiers sont des bureaux de poste de plein exercice.

Depuis plusieurs années, de nombreuses fermetures ou réductions d'horaires ont touché des bureaux essentiels pour la vie quotidienne, notamment dans les zones rurales, périurbaines et urbaines populaires, qui sont toutes les trois présentes en Seine-et-Marne.

Le volume de courrier est certes passé de 18 à 6 milliards d'envois, mais cette chute ne rend pas compte de l'importance sociale et territoriale de La Poste, qui reste un service public avec un rôle d'aménagement du territoire inscrit dans la loi.

Or le fonds de péréquation territoriale destiné à financer cette mission n'a pas évolué depuis 2019, avec une dotation maximale annuelle de 174 millions d'euros, bien en deçà des besoins réels estimés à 322 millions d'euros.

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit même une réduction de la dotation de ce fonds, qui serait fixée à 122 millions d'euros, ce qui affecterait directement la capacité à agir des commissions départementales de présence postale territoriale et, par conséquent, le pouvoir de décision des élus locaux qui les composent.

Madame la ministre, quelles mesures comptez-vous prendre pour garantir le maintien des 17 000 points de contact avec un nombre suffisant de bureaux de poste de plein exercice et pour revaloriser le fonds de péréquation à la hauteur des besoins ?

Engagerez-vous une réflexion avec les acteurs locaux pour faire des bureaux de poste de plein exercice un lieu central de redéploiement des services publics de proximité ?

Enfin, envisagez-vous une initiative législative pour accorder à tous les maires un droit d'opposition lors de la transformation d'un bureau de poste en agence postale communale ou en relais commerçant ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée.

Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Madame la sénatrice Margaté, la loi du 9 février 2010, qui a transformé La Poste en société anonyme, a confirmé les quatre missions de service public confiées à l'entreprise : le service universel postal ; le transport et la distribution de la presse ; la contribution à l'aménagement du territoire ; l'accessibilité bancaire.

Nous savons l'importance de la présence de La Poste pour les populations et les élus locaux. C'est un sujet essentiel et je vous remercie d'avoir interrogé le Gouvernement.

La loi prévoit l'obligation pour La Poste de maintenir au moins 17 000 points de contact sur l'ensemble du territoire, garantissant à au moins 90 % de la population de chaque département l'accès à un point de contact postal à moins de cinq kilomètres ou vingt minutes de trajet automobile.

Dans un contexte de baisse de fréquentation de ces bureaux, La Poste est conduite à adapter en permanence les modalités de sa présence territoriale. Ces évolutions, y compris les adaptations horaires auxquelles vous avez fait référence, sont mises en oeuvre dans le respect du contrat de présence postale territoriale signé entre La Poste, l'Association des maires de France et des présidents d'intercommunalité (AMF) et l'État.

Dans le cadre de ce contrat, La Poste peut nouer des partenariats locaux, publics ou privés, avec des agences postales communales et des points relais. Ces adaptations sont systématiquement conduites dans le cadre d'un dialogue avec les élus. Le droit de veto des maires que vous évoquez est bien prévu dans le contrat et les maires l'utilisent quand c'est nécessaire - c'est bien le cas sur mon territoire.

Le Gouvernement confirme, jusqu'au 30 septembre 2025, que les critères de présence postale et d'accessibilité sont bien respectés. D'ailleurs, le territoire national compte à ce jour 17 224 points de contact et le taux d'accessibilité aux services postaux s'élève à plus de 97 %.

Pour le département de Seine-et-Marne, qui vous concerne plus particulièrement, madame la sénatrice, ce taux s'élève à 98 %.

Le contrat de présence postale territoriale 2023-2025 a fait l'objet d'une prorogation exceptionnelle jusqu'en 2026, décidée par l'observatoire national de la présence postale le 18 décembre 2025.

L'évolution de la mission de service public et son financement sont au coeur des négociations pour le futur contrat de présence postale. Je peux vous assurer que nous serons particulièrement vigilants aux différents aspects que j'ai évoqués.

Mme la présidente. La parole est à Mme Marianne Margaté, pour la réplique.

Mme Marianne Margaté. Madame la ministre, les élus et nos concitoyens sont très affectés, nous le savons tous, en cas de disparition d'un bureau de poste. La question est donc de savoir comment éviter de telles disparitions.

Pour cela, nous devons transformer les bureaux de poste en lieux de services publics de proximité offrant un accompagnement humain pour garantir l'accès aux droits. Voilà un autre choix que pourrait mettre en oeuvre le Gouvernement, notamment dans le cadre du futur contrat de présence postale. Ce serait un nouvel élan pour le service public, et non un énième recul !

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