Question de M. PERRIN Cédric (Territoire de Belfort - Les Républicains) publiée le 08/01/2026
Question posée en séance publique le 07/01/2026
M. le président. La parole est à M. Cédric Perrin, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Cédric Perrin. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre.
Hier, la porte-parole de la Maison Blanche a indiqué que Donald Trump et son équipe discutent de plusieurs scénarios pour obtenir le Groenland, déclarant notamment : « Bien sûr, l'armée américaine est toujours une option. »
Si les Américains mettent leurs menaces à exécution, ce sera la fin de l'Otan. C'est, du reste, l'avertissement lancé par votre homologue danoise hier.
Par elles-mêmes, ces menaces portent déjà sans doute un coup mortel à la plus grande alliance militaire qui ait jamais existé. L'architecture de sécurité du continent européen s'effondre sous nos yeux du fait de la trahison américaine. Jusqu'à présent, seuls les pays du pacte de Varsovie s'attaquaient entre eux.
Il n'est plus temps de se lamenter ou de gloser sur tout cela. Il faut agir de façon calme, rapide et déterminée.
Aussi, monsieur le Premier ministre, qu'entend faire l'exécutif dans les jours qui viennent pour répondre à ce basculement historique ? Sur quels pays européens pouvons-nous compter pour réagir à ces menaces et opposer un front ferme et déterminé ? Quelles perspectives entendez-vous offrir aux Français, qui, dans leur immense majorité, sentent bien - j'en suis sûr - que nous vivons des moments graves et historiques ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Catherine Morin-Desailly applaudit également.)
Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité publiée le 08/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 07/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité.
M. Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Monsieur le sénateur, le Premier ministre s'est déjà exprimé sur les déclarations de certaines autorités américaines à propos du Groenland.
Je me bornerai donc à vous rappeler la position de la France et de l'Union européenne.
Ne l'oublions pas, l'Otan, créée en 1949, c'est le traité de l'Atlantique Nord. Or qu'est-ce qui est au centre de l'Atlantique Nord, sinon le Groenland ? Votre question est donc parfaitement justifiée sur le fond.
La France, qui est motrice au sein de l'Union européenne, doit oeuvrer à une clarification et pousser au respect du droit international.
La sécurité dans l'Arctique reste une priorité essentielle pour l'Europe. L'Otan a d'ailleurs clairement indiqué que les alliés européens devaient intensifier leurs efforts à cet égard, ce qu'ils font. Nous avons renforcé notre présence, nos activités et nos investissements au Groenland, afin de garantir la sécurité de l'Arctique et de dissuader les adversaires.
Tout comme les États-Unis, le Groenland, qui est un État associé du Danemark, fait partie de l'Otan. Il existe donc une solidarité naturelle qui, a priori, doit nous conduire à assurer collectivement cette sécurité.
Encore une fois, la France considère qu'il n'appartient à personne d'autre qu'au peuple du Groenland et au peuple du Danemark de déterminer l'avenir de ce territoire. Aucun autre procédé ne saurait être acceptable.
La question que vous avez soulevée se pose donc effectivement. Si nous ne sommes pas aujourd'hui dans la situation de devoir y répondre (Exclamations sur les travées du groupe SER.) - à ce stade, il n'y a eu aucun fait ; il y a simplement des suppositions et des débats -, nous devons cependant anticiper et nous y préparer.
M. le président. Il faut conclure.
Mme Laurence Rossignol. Oui, cela vaut mieux.
M. Nicolas Forissier, ministre délégué. L'Union européenne doit donc faire des déclarations extrêmement précises, à l'instar du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, qui se sont exprimés dès hier sur le sujet.
Mme Laurence Rossignol. Ce n'est vraiment pas au niveau !
M. le président. La parole est à M. Cédric Perrin, pour la réplique.
M. Cédric Perrin. Monsieur le ministre, n'y voyez rien de personnel, mais, sur un sujet aussi grave et historique, j'attendais une réponse du Premier ministre. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et SER.)
Le temps nous est compté. Monsieur le Premier ministre, la France doit se doter d'urgence d'un budget pour pouvoir valider l'augmentation des crédits des armées dont notre défense a - vous le savez - urgemment besoin.
La sécurité de la France passe avant toute autre considération. Nous avons malheureusement déjà pris beaucoup trop de retard. Les Français chérissent la paix, car ils ont connu le prix de la guerre, mais ils refusent de vivre en peuple soumis.
Il est donc temps de sortir du déni. La question du Venezuela soulève celle du Groenland, qui soulève elle-même celle de notre architecture de défense.
Notre débat de type article 50-1 devra porter sur notre relation aux États-Unis en général et non sur le seul Venezuela. Il est temps que les puissances avides apprennent que l'Europe ne se laissera pas dévorer vivante sans au moins livrer bataille ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC. - MM. Pierre Jean Rochette et Raphaël Daubet et Mme Marie-Arlette Carlotti applaudissent également.)
Page mise à jour le