Question de Mme LE HOUEROU Annie (Côtes-d'Armor - SER) publiée le 08/01/2026

Question posée en séance publique le 07/01/2026

M. le président. La parole est à Mme Annie Le Houerou, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)

Mme Annie Le Houerou. Le plan Grand froid a été activé dans plus de quarante départements en France métropolitaine. Ce plan est une question de survie pour beaucoup, et de mort pour beaucoup trop. Nous déplorons ainsi des victimes à Nantes, à Paris et ailleurs.

En France, 350 000 personnes sont sans domicile. Parmi elles, on trouve de nombreux travailleurs pauvres qui peinent à se loger, des jeunes issus de l'aide sociale à l'enfance, des femmes victimes de violences, des personnes âgées qui n'arrivent plus à payer leur loyer, des étrangers sans papiers. Selon la Fédération des acteurs de la solidarité, à la mi-décembre, 7 000 personnes, dont 2 000 enfants, ayant appelé le 115 en France n'avaient pas obtenu de place en hébergement d'urgence et dormaient à la rue.

Ces plans Grand froid pallient sur de très courtes périodes des manquements structurels, que les associations tentent de combler, dans un contexte où les coûts augmentent et où les subventions se réduisent, ce qui les met elles-mêmes en grande difficulté.

Je rends ici hommage à tous les bénévoles et professionnels qui accompagnent les plus vulnérables dans des conditions difficiles.

Vous n'êtes pas responsable de la météo, monsieur le ministre. D'ailleurs, quoi de plus normal que des températures négatives en hiver dans notre pays ? Mais vous êtes en responsabilité d'agir lorsque des millions de Français subissent la précarité énergétique et le mal-logement.

Plus de 4 millions de personnes sont en situation de mal-logement en 2024, soit plus de 20 % en dix ans. En outre, 2,7 millions de ménages attendaient un logement social mi-2024, un chiffre record, alors que seuls 82 000 logements sociaux étaient financés, le pire résultat depuis vingt ans.

Les travailleurs pauvres, comme les retraités à faibles revenus, doivent pouvoir vivre dans un logement décent, bien isolé, loin des passoires énergétiques qui grèvent les budgets et altèrent leur santé, les maintenant dans une spirale de précarité dont ils ne peuvent sortir.

Monsieur le ministre, n'est-il pas temps d'engager et de mettre en oeuvre une réelle politique de logement pérenne et de qualité pour tous et toutes ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)


Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 08/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 07/01/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de la ville et du logement.

M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Madame la sénatrice, je vous remercie de votre question et je m'associe à l'hommage que vous avez rendu à tous les opérateurs, à toutes les associations et à tous les bénévoles qui aujourd'hui oeuvrent pour protéger les plus vulnérables. Leur travail est fondamental et ils honorent le principe même de fraternité, qui est au fronton de tant de nos bâtiments publics.

Pour autant, je m'inscris en faux lorsque vous parlez de « baisses des subventions ». Nous travaillons au contraire à renforcer les budgets de l'hébergement d'urgence pour les plans Grand froid comme celui que nous connaissons actuellement.

Je veux saluer une nouvelle fois le travail des préfets, qui ont activé le plan avec beaucoup de promptitude, permettant de créer 5 000 places supplémentaires. Aujourd'hui encore, ce plan est activé dans soixante-treize départements.

Dans cette période si compliquée, nous avons proposé d'augmenter l'enveloppe budgétaire dédiée de 110 millions d'euros. Dans le contexte budgétaire qui est le nôtre, ce n'est pas rien. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je vous invite à faire en sorte que la France puisse se doter d'un budget, afin de soutenir sur le terrain toutes ces associations, qui font un travail extraordinaire, et de pouvoir sauver des vies. Chaque vie perdue est un drame ; nous devons continuer collectivement le combat.

Vous avez également évoqué le logement en général. Vous avez raison : la chaîne du logement en France est aujourd'hui grippée. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je suis le ministre moins du logement que de la crise du logement ! Je remercie donc M. le Premier ministre de son soutien aux initiatives qui ont été engagées.

Nous avons ainsi pu, inspirés notamment par le rapport de Marc-Philippe Daubresse, introduire le statut du bailleur privé dans le budget. Nous continuons évidemment de défendre cette disposition ; c'est avec ce type de mesures que nous recréerons du logement en France.

Nous accompagnons aussi le logement social. Aujourd'hui, le logement privé et le logement social ont besoin d'être en symbiose et soutenus tous les deux.

C'est ensemble que, je l'espère, nous résoudrons cette crise du logement.

Page mise à jour le