Question de M. GREMILLET Daniel (Vosges - Les Républicains) publiée le 08/01/2026
Question posée en séance publique le 07/01/2026
M. le président. La parole est à M. Daniel Gremillet, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Daniel Gremillet. Monsieur le Premier ministre, ce week-end, vous avez annoncé sur les réseaux sociaux la présentation, dans quelques semaines, du « grand plan d'électrification des usages au service de notre souveraineté énergétique ». Permettez-moi de m'interroger tant sur la stratégie de communication retenue que sur la méthode envisagée.
Voilà trois ans, les prix de l'énergie atteignaient des records et le Gouvernement mobilisait les préfets afin de préparer les maires et les entreprises à d'éventuels délestages au cours de l'hiver pour éviter le blackout.
Dans le même temps, le Parlement examinait une loi sur les énergies renouvelables puis un texte sur le nouveau nucléaire.
Ensuite, vous avez confié aux élus locaux la planification territoriale des énergies renouvelables, tandis que l'obligation d'installation d'ombrières photovoltaïques entrait en vigueur.
Le phénomène de la cloche solaire et la question des concessions hydroélectriques restent toutefois non résolus.
Une succession de textes ont été présentés, mais avec une même méthode : aucune cohérence ni aucune vision énergétique d'ensemble.
Depuis juillet 2023, le pays attend toujours d'être doté d'une loi quinquennale fixant les objectifs de la politique énergétique. Nous ne pouvons imaginer un tel plan d'électrification des usages sans que soit définie au préalable une vision de nos capacités de production et sans que soit déterminé le prix de l'électricité pour les prochaines années.
Comment allons-nous assurer le financement des investissements d'EDF, dont la Cour des comptes estime qu'ils pourraient atteindre 460 milliards d'euros d'ici à 2040 ?
Aussi, monsieur le Premier ministre, quand allez-vous achever l'examen de la proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l'énergie à l'Assemblée nationale, pour publier enfin la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) et doter la France d'un véritable cap énergétique ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 08/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 07/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Gremillet, je vous rejoins pleinement ! (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
Nous devons toutefois nous donner le temps nécessaire, compte tenu notamment des données publiées par Réseau de transport d'électricité (RTE) avant Noël, lesquelles révèlent que l'électrification des usages en France n'est pas, à ce jour, au rendez-vous de nos ambitions initiales.
Il convient également d'intégrer le fait que l'offre d'électricité s'est fortement accrue depuis les moments difficiles de la crise en Ukraine auxquels vous avez fait référence. Nous exportons aujourd'hui de l'électricité à des niveaux rarement atteints, et je m'en félicite. Cela renforce notre souveraineté électrique et garantit des prix plus faibles qu'ailleurs en Europe.
Il nous faut donc articuler ces éléments. C'est la mission que m'a confiée le Premier ministre, à qui je soumettrai très prochainement des propositions.
Comme vous le savez, car nous en avons discuté, j'ai consulté plusieurs groupes parlementaires à l'Assemblée nationale ; je souhaite désormais consulter l'ensemble des groupes du Sénat dans les prochains jours, afin d'intégrer les analyses des parlementaires de tout bord et d'élaborer des propositions concrètes que nous vous présenterons.
Celles-ci ne devront d'ailleurs pas se limiter à l'Hexagone, mais concerner également les outre-mer. Si ces territoires ne sont pas directement couverts par la PPE telle qu'elle est définie, ils ont droit, comme les autres, à un plan de décarbonation fondé sur des investissements forts dans le solaire, l'éolien et la géothermie.
C'est ce travail d'ensemble que nous entendons poursuivre, au travers d'une stratégie qui vous sera dévoilée très prochainement.
Je vous remercie sincèrement de votre implication sur ce sujet, monsieur le sénateur. Nous reviendrons devant vous dans les meilleurs délais avec une stratégie globale portant à la fois sur l'offre et sur la demande.
M. le président. La parole est à M. Daniel Gremillet, pour la réplique.
M. Daniel Gremillet. Monsieur le ministre, soyons clairs : comment voulez-vous que des entreprises investissent, s'implantent et réindustrialisent notre pays sans vision énergétique ? Tout le monde garde en mémoire la situation d'il y a trois ans !
Il faut avoir du courage. La bataille de l'énergie se joue à l'échelle mondiale, comme en témoignent encore les événements survenus au Venezuela. La France ne saurait rester spectatrice. Il y va de l'avenir de notre pays ; l'enjeu est stratégique : nous avons besoin d'un cap énergétique pour la France. Du courage ! Le Sénat, lui, a su en faire preuve ! (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
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