Question de Mme HAVET Nadège (Finistère - RDPI) publiée le 08/01/2026
Mme Nadège Havet attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la problématique de l'accès aux sciences dès le collège et la nécessité de développer l'appétence pour ces matières bien plus tôt dans la scolarité des élèves.
Les vocations scientifiques peinent à émerger chez les élèves français. Pourtant, plus tôt ils se familiarisent avec les sciences, plus ils gagnent en confiance et s'orientent vers ces parcours. Ce constat est particulièrement vrai pour les filles, qui s'autocensurent souvent par manque de modèles et de confiance en leurs capacités.
Les chiffres sont alarmants : en 2024, seulement 42 % des filles ont choisi la spécialité mathématique en terminale, contre 58 % des garçons. Elles ne représentaient que 15 % des effectifs dans les triplettes scientifiques les plus exigeantes (maths/physique-chimie/numérique et sciences informatiques ou sciences de l'ingénieur), contre 57 % dans la triplette maths/physique-chimie/sciences de la vie et de la terre, souvent perçue comme moins technique. Les filles qui choisissent des parcours scientifiques s'orientent majoritairement vers les filières de santé, tandis que les garçons dominent dans les autres filières scientifiques et techniques. Dans le numérique et l'ingénierie, elles ne représentent que 25 % des effectifs dans l'enseignement supérieur.
Or, les options scientifiques au collège restent marginales par rapport aux options linguistiques ou artistiques, alors même que les écarts de confiance et d'autocensure sont identifiés comme les principaux freins dès la sixième.
Le plan « Filles et maths », lancé en 2025, est une avancée qu'elle salue : classes à horaires aménagés en 4e et 3e, formation des enseignants aux biais de genre, rencontres avec des rôles modèles. Pourtant, ces dispositifs restent expérimentaux et insuffisamment déployés. Seules 12 académies testent ces classes, avec un objectif de généralisation en 2026. Il ne s'agit pas d'une option généralisée et accessible à tous, mais d'une classe spécifique et sélective, un peu comme les classes européennes.
Elle lui demande ce qu'il compte mettre en place pour développer concrètement les options scientifiques, et pas seulement numériques, dans chaque collège de France et permettre ainsi à tous les élèves, filles ou garçons, d'accéder plus facilement aux sciences avant le lycée.
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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.
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