Question de M. GOLD Éric (Puy-de-Dôme - RDSE) publiée le 08/01/2026

M. Éric Gold attire une nouvelle fois l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation préoccupante des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et sur les conséquences directes que cette situation fait peser sur la scolarité des enfants concernés.
Dans de nombreuses écoles, collèges et lycées, le manque d'AESH disponibles entraîne des ruptures d'accompagnement, des aménagements pédagogiques non réalisés, ainsi qu'une discontinuité préjudiciable au parcours des élèves en situation de handicap. Les équipes éducatives se retrouvent en difficulté pour garantir l'inclusion scolaire à laquelle ces élèves ont droit.
Par ailleurs, les AESH exercent leurs missions dans des conditions particulièrement précaires : contrats courts, temps incomplets imposés, rémunérations faibles, absence de perspectives d'évolution professionnelle. À cela s'ajoutent des formations initiales et continues souvent insuffisantes, inégales selon les territoires, et qui ne permettent pas toujours de répondre aux besoins spécifiques des élèves accompagnés.
Ces difficultés structurelles fragilisent non seulement les AESH eux-mêmes, mais aussi la continuité pédagogique indispensable à la réussite des élèves en situation de handicap, pourtant garantie par les principes de l'école inclusive.
Il souhaite donc connaître les mesures que le Gouvernement compte prendre pour renforcer le recrutement et la présence effective d'AESH dans les établissements ; améliorer leur statut, leurs conditions d'emploi et leur rémunération ; garantir une formation initiale et continue de qualité et homogène sur l'ensemble du territoire ; assurer, enfin, la continuité de l'accompagnement et la stabilité des parcours éducatifs des élèves en situation de handicap.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 19/02/2026

À la rentrée 2025, près de 550 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés dans les écoles et les établissements ordinaires. Parmi eux, 351 224 élèves bénéficient d'une notification de la maison départementale des personnes handicapées pour un accompagnement humain. Afin de répondre à l'augmentation continue des besoins, l'État poursuit un effort soutenu de recrutement : 17 000 emplois d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ont été créés en cinq ans, dont 3 000 à la rentrée 2024 et 2 000 supplémentaires à la rentrée 2025. Plus de 140 000 AESH accompagnent aujourd'hui les élèves en situation de handicap, soit une hausse de 67 % des effectifs depuis 2017. Cet effort se poursuivra en 2026 avec la création prévue de 2 000 nouveaux équivalents temps plein (ETP), afin de renforcer la présence effective des AESH dans les établissements. Par ailleurs, la loi n° 2024-475 du 27 mai 2024 prévoit désormais la prise en charge par l'État de la rémunération des AESH intervenant pendant la pause méridienne, constituant une avancée majeure pour la continuité de l'accompagnement des élèves sur l'ensemble du temps scolaire. Au 30 novembre 2025, 10 358 élèves bénéficiaient ainsi d'un accompagnement sur la pause méridienne, mobilisant l'équivalent de 1 122 ETP d'AESH rémunérés par l'État. Des difficultés persistent cependant, fragilisant l'accompagnement de certains élèves. Si environ 10 % des besoins scolaires restaient à couvrir à la rentrée 2025, des recrutements tout au long de l'année, et dans toutes les académies, visent à atteindre l'objectif d'accompagnement pour tous les élèves notifiés. Le Gouvernement entend répondre à ces difficultés de recrutement par l'amélioration du statut et des conditions d'emploi des AESH. Depuis septembre 2023, une revalorisation du métier a été engagée, représentant un investissement de plus de 240 millions d'euros en année pleine et une progression de 13 % de la rémunération entre juin 2023 et janvier 2024. La grille indiciaire débute désormais à l'indice majoré 366 et a été complétée par la création d'une indemnité de fonction de 1 529 euros bruts annuels. En outre, le décret n° 2023-597 du 13 juillet 2023 a renforcé la stabilité professionnelle des AESH en permettant l'accès au contrat à durée indéterminée (CDI) après un seul contrat à durée déterminée de trois ans, contre deux auparavant. À la rentrée 2024, près de 65 % des AESH bénéficiaient ainsi d'un CDI. La formation des AESH demeure une priorité : tous les AESH bénéficient d'une formation d'adaptation à l'emploi d'une durée de 60 heures et la formation continue est également renforcée. L'accès aux plans de formation départementaux et académiques, ainsi qu'aux modules de formation d'initiative nationale, est ouvert à l'ensemble des AESH, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des élèves accompagnés et de favoriser la montée en compétences de tous les personnels. Au-delà de l'accompagnement humain, les équipes enseignantes mettent en oeuvre les aménagements et adaptations nécessaires de leur enseignement afin de le rendre accessible à tous. Les pôles d'appui à la scolarité (PAS), progressivement installés sur l'ensemble du territoire, accompagnent les équipes et apportent des réponses rapides et coordonnées aux besoins des élèves, qu'ils soient ou non en situation de handicap. Depuis la rentrée 2025, près de 4 000 élèves ont bénéficié, au sein des 479 PAS déployés dans toutes le académies, d'aménagements pédagogiques complémentaires, de matériel adapté ou de l'intervention de professionnels éducatifs et médico-sociaux. Ces pôles ont vocation à se généraliser à l'horizon 2027. L'ensemble de ces mesures vise à renforcer la continuité de l'accompagnement, la stabilité des parcours éducatifs et l'effectivité du droit à une école pleinement inclusive pour tous les élèves.

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