Question de Mme BOYER Valérie (Bouches-du-Rhône - Les Républicains) publiée le 15/01/2026
Mme Valérie Boyer attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conditions dans lesquelles deux ressortissants français, créateurs de contenus audiovisuels diffusant leurs productions sur les plateformes numériques, ont été interpellés, privés temporairement de liberté puis expulsés d'Algérie en décembre 2025.
D'après les éléments rendus publics par les intéressés, ceux-ci auraient été appréhendés par des individus en civil, conduits vers un site non identifié, soumis à plusieurs heures d'interrogatoires, privés de leurs effets personnels et de leur matériel de travail, placés sous surveillance, puis reconduits vers la France sans notification claire et juridiquement motivée des raisons de leur expulsion. Ils font également état d'une forte détresse psychologique liée à l'absence d'informations sur leur statut et à l'incertitude entourant leur situation administrative.
De tels faits, s'ils sont avérés, soulèvent de graves interrogations quant au respect des droits et libertés fondamentaux garantis par le droit international, notamment le droit à la liberté et à la sûreté de la personne, l'interdiction des détentions arbitraires, le droit à l'information sur les motifs d'une mesure privative de liberté, le droit à un traitement digne et humain, ainsi que le droit à une protection consulaire effective.
Elle rappelle à cet égard que l'Algérie est partie à plusieurs instruments internationaux contraignants, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit notamment à l'article 9 la protection contre les détentions arbitraires, le droit à l'information sur les motifs d'une arrestation et le respect des garanties procédurales. Elle est également partie à la Convention contre la torture et à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui consacre notamment le respect de la dignité humaine, le droit à la liberté et la protection contre les arrestations arbitraires.
Elle rappelle également que la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963 impose aux États l'obligation d'informer sans délai les ressortissants étrangers de leur droit à communiquer avec les autorités consulaires de leur pays et d'en garantir l'exercice effectif.
Cette affaire s'inscrit par ailleurs dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes et d'atteintes répétées aux intérêts, aux ressortissants et à l'image de la France, appelant une vigilance accrue et une réponse ferme des autorités françaises face à toute pratique contraire aux principes de l'État de droit et aux engagements internationaux.
Dans ce contexte, elle souhaite connaître les informations dont dispose le Gouvernement sur les fondements juridiques précis invoqués par les autorités algériennes pour justifier ces mesures, sur leurs conditions de mise en oeuvre, ainsi que sur leur compatibilité avec les engagements internationaux précités. Elle l'interroge également sur la date à laquelle les autorités françaises ont été informées de cette situation, sur les démarches entreprises par les services diplomatiques et consulaires pour assurer la protection de ces ressortissants, et sur la nature exacte de l'assistance qui leur a été proposée ou effectivement fournie.
Elle souhaite enfin savoir si le Gouvernement entend rappeler avec fermeté aux autorités algériennes leurs obligations découlant du droit international en matière de respect des libertés fondamentales, de garanties procédurales, de proportionnalité des mesures administratives et de dignité des personnes, et s'il envisage d'adapter sa doctrine de protection consulaire ainsi que ses recommandations à destination des ressortissants français se rendant dans des États où les risques d'atteintes aux droits fondamentaux sont manifestes.
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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
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