Question de M. MAUREY Hervé (Eure - UC) publiée le 22/01/2026

M. Hervé Maurey attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la réduction du nombre de fermes engagées dans une production agricole biologique en 2025.

Selon le baromètre du moral des agricultrices et agriculteurs bio de l'Agence bio de septembre 2025, entre janvier et août 2025, le solde net d'exploitations bio était négatif (-165). Ce recul s'explique en partie par des départs en retraite mais surtout par la conjoncture climatique et économique. 57 % des agriculteurs bio estiment, ainsi, que leur revenu est insatisfaisant.

Certains dispositifs de soutien à la filière ont, en effet, été supprimés au cours des dernières années tels que l'aide au maintien à l'agriculture biologique, dans le cadre de la politique agricole commune et les paiements pour services environnementaux.

Le baromètre de l'agence bio indique que les éleveurs bovins sont particulièrement insatisfaits des revenus issus de la commercialisation de leur production bio.
Or, l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur signé par la commission européenne va permettre l'importation annuelle de 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine avec des droits de douanes plafonnés à 7,5%.

Il souhaite donc connaître les mesures que compte prendre le Gouvernement à l'échelle nationale et de l'Union européenne afin de soutenir la filière biologique.

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Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire publiée le 16/07/2026

L'agriculture biologique est un système de production vertueux qu'il est nécessaire de préserver et de faire prospérer. C'est pourquoi le Gouvernement veille à maintenir son soutien à ce mode de production. S'agissant des échanges commerciaux, les importations de produits biologiques sont strictement encadrées par le règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique et à l'étiquetage. Les accords commerciaux, comme celui avec les pays du marché commun du Sud, ne s'appliquent pas aux produits biologiques. Selon l'agence Bio, 71 % de la valeur des produits biologiques consommés en France est d'origine nationale, et les importations de produits animaux (oeufs, viandes, lait et produits laitiers) sont nulles, toutes provenances confondues. En 2025, ce sont près de 700 millions d'euros (Meuros) de crédits nationaux et européens qui sont mobilisés en faveur de l'agriculture bio, via l'écorégime, l'aide à la conversion, le fonds Avenir Bio, et le crédit d'impôt bio, reconduit à son niveau revalorisé de 4 500 euros. Concernant l'enveloppe de 257 Meuros de reliquats européens du fonds européen agricole pour le développement rural non consommés sur les campagnes 2023-2024 de l'aide à la conversion, plus de 100 Meuros seront redirigés vers l'agriculture biologique, dont : - la revalorisation de l'écorégime bio à 110 euros par hectare pour les campagnes 2026 et 2027 (soit 96,3 Meuros) ; - la création d'un programme opérationnel « lait bio » (5 Meuros en 2026, 7 Meuros en 2027) ; - d'autres dispositifs seront réabondés et profiteront également à la profession agricole bio : les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), les aides à l'investissement gérées par les régions, l'aide complémentaire pour les jeunes agriculteurs ou encore plusieurs aides couplées (ovins, blé dur, houblon). Pour 2026, les arbitrages sont en cours. S'agissant de l'ambition gouvernementale pour l'agriculture biologique, elle demeure pleinement affirmée à travers plusieurs axes, comme par exemple : - le programme Ambition Bio 2027, lancé en avril 2024, fixe une feuille de route partagée avec la filière pour consolider et développer les filières biologiques tirées par une demande forte, mieux structurées, et appuyées par la recherche et la formation ; - une campagne de communication grand public, « C'est bio la France », lancée en 2025 et menée par l'agence Bio, avec un financement de 5 Meuros par le ministère chargé de l'agriculture pour l'année 2025 et un financement alloué de 950 000 euros en 2026 pour maintenir son effet levier. La mobilisation des acteurs économiques et territoriaux est encouragée pour en assurer le relai ; - l'objectif de 20 % de bio en restauration collective issu de la loi EGALIM reste une priorité du Gouvernement. Un travail est engagé pour simplifier les démarches et accompagner les acheteurs publics à travers la plateforme « Ma Cantine » ; - enfin, la stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, publiée le 11 février 2026, vise à soutenir la consommation de produits biologiques, avec l'objectif d'atteindre 12 % en valeur d'ici 2030, tous circuits confondus.

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