Question de Mme MARTIN Pauline (Loiret - Les Républicains) publiée le 22/01/2026

Mme Pauline Martin attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la situation du secteur automobile en région Centre-Val de Loire et ses conséquences sur l'emploi industriel.
La filière automobile, historiquement structurante pour de nombreux territoires, traverse une période de transition marquée par un ralentissement de la production, des difficultés chez les sous-traitants et des incertitudes sur l'emploi. En région Centre-Val de Loire, ces évolutions se traduisent par une activité fragilisée et une visibilité réduite pour les acteurs industriels locaux, dans un contexte de profondes mutations technologiques.
La montée en puissance des constructeurs automobiles chinois, en particulier sur le marché des véhicules électriques, accentue ces tensions. Ces véhicules, proposés à des prix nettement inférieurs à ceux des modèles produits en France, répondent à une demande croissante de ménages confrontés à des contraintes fortes de pouvoir d'achat. Cette situation met en lumière une difficulté structurelle : la compétitivité-prix des véhicules produits en France, dont le coût demeure un frein majeur à l'achat, malgré les objectifs de transition écologique.
Consciente de l'absence de réponse simple ou immédiate à ces enjeux, elle souhaite savoir quelles analyses le Gouvernement a menées sur l'impact de cette concurrence sur l'activité et l'emploi industriels, et comment il entend agir, dans le cadre national et européen, pour favoriser des conditions de concurrence équitables, tout en tenant compte des contraintes de pouvoir d'achat des consommateurs. Elle l'interroge également sur les orientations retenues pour accompagner la montée en gamme et la transition technologique de la filière automobile française, afin d'en renforcer durablement la compétitivité sans pénaliser l'accès des ménages à la mobilité.

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Transmise au Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie


Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie publiée le 26/02/2026

La situation de la filière automobile française, et notamment de la sous-traitance, reste en effet dégradée malgré une légère reprise depuis 2020. De multiples facteurs conjoncturels affectent négativement la santé de la filière depuis quelques années : les crises successives du Covid-19, des semi-conducteurs et des matières premières ont entrainé une dégradation de la compétitivité des acteurs de la filière tandis que la production automobile européenne reste inférieure de 20 % à son niveau de 2019, générant des surcapacités importantes pour les industriels du secteur. Ce contexte conjoncturel difficile bénéficie à de nouveaux entrants extra-européens, notamment chinois, mis en concurrence avec le tissu industriel historique et captant des parts de marché de plus en plus importantes. Afin de répondre à une concurrence déloyale, la Commission européenne a mis en place en octobre 2024 des droits de douanes anti-subventions concernant les véhicules légers électriques produits en Chine. Cette mesure vise à rétablir une concurrence équitable sur le marché européen du véhicule électrique. De plus, la France porte au niveau européen l'inscription de la préférence européenne dans la politique industrielle automobile afin de pouvoir réserver les soutiens publics au tissu industriel européen et favoriser les attributions de marché aux sous-traitants historiques. De plus, afin de favoriser une compétitivité durable de la filière automobile française, les sous-traitants automobiles et l'ensemble de la filière peuvent compter sur un soutien fort de l'Etat visant à répondre à leurs besoins d'investissement et d'innovation. Ainsi depuis 2020, plus de 700 projets représentant près de 4,2 milliards d'euros d'investissements industriels privés de modernisation et d'innovation ont été sécurisés par 1,2 milliard d'euros d'aide publique. Signe du soutien continu en faveur de la filière automobile, deux nouveaux appels à projets dédiés au soutien des investissements de modernisation, diversification, décarbonation et d'innovation ont été récemment ouverts. Ces investissements ont permis de positionner la filière automobile française fortement sur les segments liés à l'électrification et la décarbonation des véhicules et à la transition vers le véhicule connecté et automatisé. De plus, la France continue de se mobiliser dans les instances européennes afin de structurer une filière du véhicule autonome souveraine et compétitive. Un bonus écologique aidant l'achat de véhicules neufs fabriqués en Europe et en France a été mis en place en 2023 ainsi que deux programmes de « leasing social ». Il a permis de réduire la part des achats de véhicules électriques assemblés en Chine de 60% en 2023 à moins de 15% en 2025. Enfin, dans le cadre de la révision des objectifs CO2 imposés aux constructeurs et du paquet automobile, la France se mobilise par ailleurs pour obtenir la possibilité d'octroyer des avantages réglementaires et conditionner les aides à l'achat aux véhicules qui atteinent un minimum de valeur ajoutée européenne dans les véhicules afin de garantir la résilience à long terme de la filière automobile européenne.

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