Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 29/01/2026
M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les difficultés liées à l'arrêt des traitements antidépresseurs en France.
Alors que la consommation d'antidépresseurs continue de progresser, leur arrêt reste insuffisamment encadré, exposant une partie des patients à des syndromes de sevrage longs et parfois dangereux. Une étude publiée en 2024 dans The Lancet Psychiatry montre qu'environ 15 % des patients présentent des symptômes de sevrage pouvant être sévères, physiques (nausées, vomissements, tremblements, sueurs) ou psychiques (angoisse, idées suicidaires).
Ces difficultés s'expliquent par la lente adaptation du système nerveux, qui met plus de temps à réajuster le nombre de récepteurs de sérotonine que la concentration du médicament dans le sang à diminuer. Les professionnels pointent également un déficit de formation : les manuels de psychiatrie abordent rarement le sevrage. Cette lacune contribue à ce que certains patients subissent des arrêts trop brutaux ou non supervisés, augmentant le risque de rechute, de complications psychiques et de détérioration de la qualité de vie. Des solutions émergent, telles que la « décroissance hyperbolique », consistant à réduire très progressivement les doses, associée à un suivi thérapeutique.
Dans le contexte où la santé mentale a été érigée en Grande Cause nationale pour l'année 2025, avec pour objectifs prioritaires le développement de la prévention, le repérage précoce des troubles, l'amélioration de l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire et un meilleur accompagnement des personnes concernées, la question de l'encadrement et du suivi lors de l'arrêt des traitements antidépresseurs apparaît ainsi centrale.
Il lui demande, dès lors, quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour mieux accompagner et sécuriser l'arrêt des antidépresseurs, améliorer la formation des professionnels de santé et diffuser les méthodes de sevrage progressif afin de prévenir les risques pour les patients.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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